‹ La Lutte contre l'usure en TunisieChapitre 43 sur 49 · AN AU · texte numérisé non relu

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prunt qu'il transmet à la caisse Régionale de Tunis, si cette dernière estime que la demande est conforme aux prescriptions légales et aux dispositions réglementaires de chaque caisse, elle la transmet à la Barique qui remet directement à l'intéressé la somme empruntée.

I estinutile de dire qu’au point de vue des garanties offertes par les emprunteurs, les Caisses locales indigènes sont soumises à la règlementation des Décrets du 19 Août 1900 et 4 Juillet 1907 sur les nantissements agricoles, règlementation que nous avons étudiée dans la troisième partie.

D'autres filiales sous la forme d'associations coopératives ont été créées en vue de l’achat et de la vente en comnun. Là preniière qui ait été constituée est la coopérative indigène d'agriculture de Gabès, fondée en 1910, quise propose d’après ses statuts ;

1o l'achat en commun des engrais nécessaires à l'amendement du sol, des oasis, én vue notamment de la production du tabac.

2 l'amélioration des cultures fruitières et maraichètes et le développement des cultures intensives ;

3° la vente et l'expédition en commun des produits des cultures des membres adhérents ;

4° l'exécution de travaux agricoles d'intérêt collectif, sous réserve que la demande soit formulée par les deux tiers au moins des membres adhérents.

Grâce à l'appui moral et financier de la Société indigone de Gabès, les opérations de cette coopérative ont pris une très grande extension et ont donné des résultats

très appréciables,

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En 1913 une coopérative de tisserands a été fondée dans le Djerid. Elle a pu dès le début procurer à ses adhérents des toisons de laine à des prix inférieurs de plus de moitié à ceux des précédentes livraisons par des intermédiaires.

Le Gouvernement se préoccupe d'utiliser les Sociétés indigènes pour instituer au profit des agriculteurs indigènes l’assurance contre la grèle. Mais 1! se propose surtout de les faire collaborer à la rénovation des arts et industries indigènes, œuvre qui était lentement organisée depuis plusieurs années et qui, grâce à l’aide financière des Sociétés va pouvoir se développer rapidement.

Le décret du 17 Juin 1913 a autorisé les Sociétés indigènes à créer, un organisme central dénommé « Labo ratoire d'essais industriels et commerciaux de la Régence» destiné à provoquer la création de coopératives et à aider à leur fonctionnement et à leur développement:

1° en leur procurant ou en les aidant à se procurer les matières premières et l'outillage. |

2° en donnant aux produits indigènes, dans des ate= liers spéciaux de foulage, de teinture ou autres, la facon ou le complément de façon que ces produits ne peuvent pas recevoir ou ne peuvent recevoir que d'une manière imparfaite dans des ateliers prives.

3° en ouvrant l'accès de ces ateliers à toutes les personnes (instituteurs, élèves-maitres, contre-maitres, ouvriers) susceptibles d’être intéressés à l'usage des procédés des métiers et des machines reconnus les meiileurs et les mieux adaptés aux besoins et aux usages des indigènes.

4 En instituant des ateliers de démonstrations pro

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pres à répandre l’enseignement donné au laboratoire et à en conserver la tradition parmi les artisans antérieurement formes.

5 [fn recherchant soit des débouchés tant dans la Régence qu'au dehors pour les produits de l’industrie indigène, soit les moyens d'assurer aux artisans indigènes un travail régulier en vue de la production pour le compte de l'industrie francaise des produits demandés par cette dernière.

6° en prêtant en un mot son concours aux services de l'Etat, pour l’œuvre de vulgarisation de l'instruction professionnelle, technique et commerciale des indigènes,

Cette organisation est trop récente pour qu'elle est pu donner des résultats très appréciables. Tout lait prévoir. cependant que le laboratoire et Jes coopératives gràce au crédit que leur procurent les Sociétés indigènes, viendront en aide à la population ouvrière des villes comme aux cultivateurs indigènes,

Il serait à souhaïter que tous les centres soient pourvus de caisses de credit agricole doublées de coopératives, qui permettraient aux agriculteurs indigènes de réaliser en commun les acquisitions destinées à l'amélioration de leur outillage et de vendre dans de meilleures conditions les céréales, les dattes et les olives.

Avec de semblables movens d'action la reussite de l'œuvre entreprise par les sociétés est désormais assurée. Bien que l'institution soit récente les conséquences bienfaisantes n'ont pas tardé à se faire sentir.

Îl est permis d'espérer que les Sociétés de Prévoyance guériront définitivement la Société indigène du mal

qui la gangrenait. Ce sera la plus belle récompense

qu’attendent de leur intervention les généreux promo= teurs de ces œuvres de mutualité.

Et si M. Bouge qui, depuis plusieurs années est Rapporteur à la chambre des députés du budget des Protectorats a contesté inconsidérément l'utilité des sociétes indigènes en tant qu'organes de crédit à long terme, du moins est-il intéressant de remarquer que le Rapporteur reconnait les avantages retirés par les indigènes des œuvres d'assistance et de prévoyance obligatoire instituées dans leur intérêts.

« En vérité la prévoyance ainsi comprise joue son rôle, en dehors de l'intervention de l’indigène qui en bénéficie en quelque sorte à son insu, automatiquement et par la seule perception de l'impôt.

La réforme se réclame des mêmes principes qui firent inscrire l'obligation dans la loi française des retraites.

« Joignez à cela l’organisation complète de l’assistance venant adoucir sous toutes ses formes, la souffrance humaine jusque-là abandonnée à elle-même : distribution gratuite de médicaments, organisations de secours à domicile ou de dispensaires, visites régulières de médecins dans les régions les plus reculées, création d’'hôpitaux ou d'infirmerie indigènes.

« L'ensemble de ces mesures forme un tout parfait : à la base l'assistance, dont l'intervention soit qu’elle combatte la mortalité enfantile, soit qu’elle s'attaque aux maladies et aux épidémies locales affectant les adultes, assure l'accroissement ou la conservation de la population indigène, assainit et multiplie ses forces.

« Le superposant à l'intervention matérielle l’inter= vention morale sous les formes de l’enseignement :

l’œuvre Scolaire qui faconne et développe la mentalité enfantine, les œuvres post-scolaires qui perfectionnent celle de l’adulte, cependant que l’école professionnelle prèpare à la nation la main-d'œuvre qu'exige sa fortune agricole.

« Pour assurer cette formule matérielle et la mettre à l’abri des variations brutales des intempéries et de l’inégalité des moissons, la prévoyance automatique et obligatoire qui, si elle ne les abolit pas, tempère du moins les horreurs intermittentes de la misére et de la famine. »

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