AMÉRIQUE
Si l’on en croit la tradition, la lèpre n’existail pas en Amérique, lors de sa découverte. Il n’y en à pas d'exemple authentique sur les Peaux-Rouges, qui vivent à l'écart. Elle y fut importée vers la seconde moitié du xvu: siècle,
quand les bateaux négriers commencèrent à introduire
dans le pays leurs cargaisons d’esclaves africains. Elle est
rare aujourd’hui dans le nord du continent ; le centre, le sud, les Antilles en sont davantage infectés.
Les lépreux sont nombreux dans l’île de Cuba ; quoique un petit nombre seulement soient hospitalisés, le seul asile de Saint-Lazare à la Havane en a recu 1196 de 1830 à 1900. En 1906, on en reconnaissait officiellement 1297 ; nul doute que ce chiffre ne soit très inférieur à la réalité.
Cent seize lépreux vivaient en 1904 aux Antilles Danoises, selon Ehlers; on ne saurait dire si la maladie a augmenté ou décru.
Vers 1890, on connaissait 225 lépreux à la Trinité, 21 à la Grenade, 62 à Saint-Vincent, 32 à Sainte. Lucie, 172 aux Iles Sous-le-Vent, 56 à la Désirade ; beaucoup d'autres erraient en liberté et se tenaient cachés dans la campagne. De tous les états d'Amérique, la Colombie est peut-être celui où l’on trouve le plus de lépreux ; Ruiz, en 1908, en comptait plus de 4.000.
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Le AM
M. Milles estime à 250, le nombre de ceux qui vivent dispersés dans la Guyane anglaise. « Seion M. Clarac, la lèpre est pour la Guyane française et pour Cayenne en particulier un véritable fléau. Elle s'infiltre progressivement attaquant chaque jour des familles blanches jusquelà indemnes. D’après M. Pain, qui exerce depuis plus vingt ans dans la colonie, il y a plus de 200 lépreux à Cayenne, pour une population de 12.000 habitants. En sept ans de séjour, M. Lafaurie a constaté 8 nouveaux cas, dans le bourg de Mana sur 1.602 habitants. Dans l’élément pénal, qui comprend 8.515 individus, dont 7.000 Européens, on compte 35 cas, de lèpre. D'après M. Clarac, le nombre des lépreux dans la Guyane française n’est pas moindre de 350, ce qui donne un pourcentage de 11,66 0/00. Aucune tentative n'est faite pour contenir la lèpre dans ses limites actuelles. Des lépreux avérés exercent, au vu et au su de tous, la profession de boucher, de boulanger, de blanchisseuse, etc., ils puisent avec leurs mains mutilées et suppurantes aux sources qui alimentent la population saine. Des parents sains confient, par insouciance ou ignorance, les nouveau-nés à des nourrices noires, qui n'ont été soumises à aucun examen médical (1). »
« Maladie exclusivement humaine, sans attache avec le sol, la lèpre suit l’homme dans toutes ses migrations, sous toutes les latitudes. Les limites de son domaine géographique ne peuvent être fixées d’une manière immuable. L’histoire nous apprend que l'évolution de cette maladie à tra-
vers les âges a présenté de nombreuses alternatives de