Jeanselme. La lèpre en France et aux Colonies
régression et d'expansion, et ce que nous observons de nos jours prouve aussi que la carte de la lèpre, pour être exacte, doit subir des remaniements incessants. Marchant dans l'ombre de l'homme, elle se déplace avec lui. Ses arrêts, ses retours offensifs ont été commandés par les grands faits politiques et économiques qui déplacent les centres de l’activité humaine » (Jeanselme) (1).
M. Dyer estime à 2.000.000 le nombre des lépreux dispersés aujourd’hui sur la surface de la terre (2) ; il est probable que ce chiffre est exagéré, mais on ne peut douter qu'il ne soit très considérable. N'oublions pas que, dans un grand nombre de pays, en Chine notamment, la maladie n'est l'objet d'aucun contrôle. Dans d’autres, comme l'Inde, les agents chargés de dénombrer les lépreux se heurtent à mille difficultés. Le plus souvent, ils ne voient point eux mêmes les individus, sur lesquels ils s’efforcent de recueillir des informations exactes : ils sont obligés de se fier aux renseignements que leur donnent les chefs des villages ou les parents. Dans l'intérêt de leur réputation ou de leur fortune, ceux-ci font tous leurs efforts pour lenir secrète une maladie dégoûtante, qui entraine avec elle commeune flétrissure ; on sait avec quel soin cerlains peuples cachent leurs femmes à tous les yeux et quelle répugnance ils éprouvent à en parler. Comme une multitude de femmes échappent à la vue du public, il est
tout à fait impossible d'obtenir à leur sujet des informa-
{. Jeanselme. « Les Courants d'émigration et l'expansion de la lèpre, » Gazette des {ôpilaux, 1902.