Dyer. New-York. Medico legal Journal
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tions dignes de foi. A l’approche des fonctionnaires chargés de procéder au recensement, même les femmes des classes moyennes et celles des basses classes se tiennent invisibles ; à moins qu'il ne plaise à leurs parents de révéler leur maladie, on n’en peut rien savoir et, de fait, beaucoup sont atteintes, qui n'ont jamais été portées sur les statistiques. C’est encore pis pour les enfants. Quel père d’Europe ou de l'Inde aimerait à faire connaïtre que son fils est affligé d'une maladie repoussante (1) ?
On voit, par tout cela, comme il est difficile d'établir des statistiques exactes, en dehors des pays civilisés. Il serait bon, cependant, pour combattre la lèpre avec fruit, de bien connaître, pour chaque contrée, les progrès et les reculs de lalèpre, pendantune période de vingt-cinq ans ; on y parviendrait en tenant registre de tous les lépreux et en notant, chaque année, les décès survenus parmi eux. On verra ainsi clairement quelles mesures sont les plus efficaces, en quel lieu le fléau perd de sa malignité, en quel autre il faut redoubler d'efforts, et, peut-être un jour viendra, où, sur la carte du monde, toutes les taches
de lèpre seront effacées.