‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 19 sur 50 · Morrow. Prophylaxis of leprosy. New-York, 1900. Boutin · texte numérisé non relu

Morrow. Prophylaxis of leprosy. New-York, 1900. Boutin

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port français; que va-t-il faire? D'abord, il gagnera la capitale ou quelque grand centre dans l'espoir d’y obtenir la guérison : il se logera dans un hôtel ou une maison meublée, prendra des domestiques à son service, circulera par la ville en employant tous les moyens publics de transport. L'été, il ira dans une ville d’eau ou une station balnéaire. Bref, sous le couvert de son incognito, il se mêlera sans aucune entrave à la population saine, semant partout sur son passage des germes infectieux. J'ai même connu deux jeunes lépreux qui faisaient leurs études dans un grand lycée voisin de Paris (1) ».

Selon M. Kermorgant, il y a, en France, des fonctionnaires coloniaux qui ont pris la lèpre dans les pays chauds et qui se sont retirés dans leurs familles, sans prendre aucune précaution pour préserver leurs proches.

L'un d'eux, marié à une lépreuse dont il a eu des enfants sains, continue à avoir des rapports avec sa femme, qui est reconnue malade depuis au moins trois ans. ;

Cependant on connaît aujourd’hui des exemples de con tamination.

Lassar, de Berlin, parle d’un Alsacien, qui avait contracté la lèpre au Tonkin, et qui était revenu vivre en Alsace auprès de son neveu : celui-ci devint lépreux.

M. Lande rapporte qu’une Française, n'ayant jamais quitté la France, soigna pendant plusieurs mois un enfant issu de parents lépreux et lépreux lui-même. Il s’est déve-’

loppé chez cette femme une lèpre tégumentaire (2). 1. Jeanselme. La Lèpre en France et aux Colonies. Paris, 1903.

2. Lande. Bull. de la Soc. de Méd. et de Chir. de Bordeaux, 13 nov. 1895.

TS Etes

M. Perrin cite le cas d’une femme qui, sans sortir de France, prit la lèpre au contact de son mari, devenu lépreux en Indo-Chine (1).

En Espagne, la plupart des lépreux étaient des soldats qui avaient servi aux Canaries, à Cuba ou aux Philippines ; pendant trois siècles, ils l'imporlèrent dans les provinces de Cadix, de Valence et d’Alicante, et elle y causa, à plusieurs reprises, de sévères épidémies.

La conclusion de tous ces faits, c'est que de sérieuses mesures de protection aux frontières, s'imposent, pour la métropole comme pour les colonies.

En principe, on doit interdire à tout lépreux l’entrée du territoire. Cette défense ne sera point applicable aux citoyens du pays : il y aurait de la cruauté et de l'injustice à repousser les marins, les soldats, les fonctionnaires qui ont contracté la maladie dans l’accomplissement de leur charge. Toutau plus pourra-t-on les encourager à demeurer aux colonies et leur en faciliterles moyens.

Quant aux lépreux étrangers, ils seront internés dans des établissements spéciaux, ou, de préférence, renvoyés dans leurs pays d’origine.

Des conventions internationales rendraiïent la tâche des gouvernements plus facile et les mesures plus efficaces. Dans chaque nation, on devrait refuser tout passeport aux lépreux et signaler, parmi les émigrants, ceux qui appartiennent à des familles contaminées ou qui proviennent de

districts infectés ; ces renseignements permettraient de

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