‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 21 sur 50 · Besnier. Bull. de l’Académie, 21 mai 1QO · texte numérisé non relu

Besnier. Bull. de l’Académie, 21 mai 1QO

RÉ. sd il.

De quelques léproseries en Europe

Nous donnons à titre de document, d’après M. Blaschko, la description de la léproserie de Memel, dans la Prusse orientale et d’une colonie de lépreux dans les provinces baltiques de la Russie,

La léproserie de Meme!, située à 2 kilomètres de la ville, dans une forêt, près de la Baltique, couvre une étendue de 105 hectares. Elle est entourée d’une palissade de bois de 2 m. 50 de bauteur. L'entrée en est interdite ; on ne peut visiter les malades que de 3 à 5 heures et sous la surveillance d’une sœur de charité. La permission de sortir n'est accordée aux lépreux que pour des raisons très importantes, et à la condition qu’ils puissent être isolés suffisamment dans leur famille et qu'ils soient emmenés et ramenés en voiture. Les malades peuvent se promener dans le parc pendant-le jour, le soir, ils doivent être accompagnés d’une sœur. On a pris des mesures afin que les fournisseurs n'aient aucun rapport avec les malades.

L'institution de X..., dans les provinces baltiques de la Russie, est une colonie, c’est-à-dire que les malades ne sont pas gardés dans un simple bâtiment d'hôpital, mais dans un certain nombre de cottages, où ils mènent une vie confortable qui rappelle la vie de famille. Ces maisons sont en bois et recouvertes de planches ; elles n’ont qu'unétage, elles contiennent une grande

Boutin 5

ait

ho et une petite chambre, une cuisine, une garde-robe et des cabinets. On y accède par un escalier. Chacune a son jardin, entouré d’une palissade qu'entretiennent les habitants. Leur prix de revient est de 300 roubles (800 fr.) ; mais on n’Y COMprend pas la valeur du terrain ni celle des poutres qui ont été fournies gratis. |

Il y a dans l'établissement ; un bâtiment qui contient une cuisine et une salle à manger ; unelingerie, avec bains à vapeur pour les serviteurs et une chambre de désinfection ; une étable, une écurie, une remise pour les voitures ; à côté, des chambres pour les domestiques.

L'hôpital est une baraque à un étage, divisée en deux parties semblables ; chacune comprend un couloir, une salle de malades, et une salle de bains avec des cabinets, Auprès de lhôpital s'élève la pharmacie qui contient trois salles : la plus grande sert aux opérations et de magasin pour les médicaments et les deux autres sont réservées au logement des aides.

On trouve encore, dans la colonie, une maison confortable pour le docteur, une chapelle et un cimetière.

Les chambres des lépreux sont claires et confortables. Toutes leurs fenêtres sont doubles. Toutes les habitations sont chauffées au bois, qu’on brûle dans d'immenses poêles. Le matériel de chaque malade se compose d’un lit de fer avec paillasse, oreiller, draps et couverture de laine, de chaises de bois et d’une armoire.

Il y a des pompes pour tirer l’eau des puits. Les cabinets des baraques sont nettoyées par l’eau d’un réservoir, qui est placé au-dessus de la salle de bains. Une cloison à l'intérieur de l’ap-

pareil, permet de diviser la chambre de désinfection en chambre

d'entrée et de sortie.

Les cottages de la colonie sont séparés les uns des autres par des espaces assez considérables, où les malades cultivent des légumes et des fleurs.

L’asile n'est point isolé des bois environnants par une palissades, les lépreux peuvent s’y promener librement et sans danger, puisque le village le plus proche est distant de plusieurs milles.

La nourriture des malades est abondante et excellente ; ils reçoivent, chaque jour, 5oo grammes de viande et la quantité de légumes nécessaires. Les hommes ont droit à 125 grammes de thé'et de tabac par mois ; les femmes à 250 grammes de café et à 125 grammes de chicorée. La nourriture revient à 38 kopeks (1 franc) par jour et par tête; les médicaments à

un sou seulement,

La lutte contre la lèpre aux Colonies

Page 1