‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 25 sur 50 · AN ST · texte numérisé non relu

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lépreux, il est essentiel de savoir où ce péril existe. Selon M. Zeferino Falcao, la méthode qui donnerait le plus de garanties serait la suivante : des photographies et des dessins des différentes formes de la maladie, accompagnés de notes explicatives, seraient envoyés aux fonctionnaires, aux colons, aux autorités et aux notabilités indigènes ; puis, à des jours fixés par avance, des médecins versés dans cet ordre d'études parcourraient les villages et examineraient les suspects.

Les autorités locales seront tenues, sous peine d’amende ou d'emprisonnement, de faire conduire aux léproseries tout lépreux trouvé sur leur territoire. Elles devront en outre déclarer au directeur si le lépreux est indigent ou s’il peut être entretenu à ses frais ou à ceux de ses parents qui en ont la charge légale. Ces suspects seront réunis dans un pavillon spécial, jusqu’à ce que le médecin de la léproserie les ait examinés. S'il sont reconnus sains, ils seront immédiatement relachés. S'ils sont reconnus lépreux, ils seront internés dans une léproserie terrestre ou maritime. On punira sévèrement les gouverneurs indigènes dont les lépreux aisés auront acheté le silence.

Il faut éviter avec soin d'enfermer dans les asiles des personnes qui ne soient pas atteintes de la lèpre, comme on le voit au Maroc et dans quelques pays. Le diagnostic de la lèpre comporte une grave responsabilité. Pour toutes les autres maladies contagieuses, l'isolement est passager. Celui qui est atteint de la petite vérole en est quitte pour une courte séparation d’avec sa famille et une interception temporaire de ses affaires; mais le diagnostic de

lèpre signifie la perte de tous les intérêts dans le monde,

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l'isolement loin des parents et des amis et une reclusion aussi longue que la vie. Les conséquences d’une erreur sont de telle importance que l'examen des malades doit être fait par des médecins d’une compétence éprouvée. Il faut que tout médecin des colonies fasse un stage dans les léproseries et qu’il s’y exerce à reconnaître la maladie. Les médecins attitrés de ces établissements seront soustraits au roulement.

Chaque asile aura son laboratoire. Pour chaque cas de lèpre, le diagnostic sera établi par la clinique et la bactériologie (agglutination) et contrôlé à des époques régulières. Quand les symptômes ne seront pas absolument positifs, les suspects seront réexaminés de temps en temps, jusqu’à ce qu’on ait pu conclure avec certitude. La responsabilité des médecins sera grande surtout aux temps d’arrêt de la maladie, qui peuvent durer plusieurs années et faire croire à la guérison.

Dans l’Afrique du Sud, il arrive souvent qu’on fasse des enquêtes publiques, pour s'assurer si des personnes saines ne sont point internées dans les asiles ; ce sont d’ordiuaire les lépreux eux-mêmes qui fournissent l’occasion de ces plaintes. «Il est très naturel, écrit un médecin de- ce pays, que l'isolement des lépreux soit surveillé jalousement par le public ; cependant on ne peut s’empècher de comparer l’extrème attention donnée aux lépreux avec le manque de contrôle public sur l'internement des fous. » Aux Autilles danoises, pour que l’internement d’un lépreux puisse avoir lieu, on exige les certificats concordants de deux médecins sur la nature de la maladie. Cette sage mesure vaut d’être généralisée.

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