‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 26 sur 50 · PE PE · texte numérisé non relu

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Îl ne faut point douter que l’isolement général des lépreux ne soit rendu difficile par l'hostilité des populations, dans un grand nombre de pays. S'il est aisé d’interner, de gré ou de force, les mendiants, les vagabonds, les gens sans asile et sans ressources, les condamnés, les difficultés commenceront dès qu’il s'agira de rechercher les lépreux dans leurs familles et de leur imposer l'obligation de se séparer des leurs pour habiter seuls, loin de la ville et des bourgs. On se montre sur ce point encore plus intransigeant aux colonies qu'en France ; il faut souvent défendre de force aux proches et aux amis dont la présence est inutile l’accès des chambres des personnes atteintes de maladies contagieuses. Quand il s’agit de la lèpre, la résistance est d'autant plus grande que l’on est en quelque sorte habitué à vivre avec les lépreux, que l'on croit fort peu à la contagion et que nombre de personnes aisées croient plus volontiers au mauvais sort qu'au microbe transmissible. C'est au médecin qu'il appartient de leur ouvrir les yeux.

« Dans mes entretiens avec les naturels de la Nouvelle- Calédonie, dit M. Auché, je me suis efforcé de leur faire comprendre combien il élait de leur intérêt d’éloigner de chez eux les individus atteints : mais je rencontre partout une très grande indifférence et, dans certaines localités, on cherchait à me cacher les malades. L’internement des lépreux ne se fera pas sans difficultés ; il faut s'attendre à rencontrer dans beaucoup de tribus une résistance qu'on n’arrivera à vaincre qu'avec le temps. Ces dispositions regrettables m'ont clairement démontré qu’il ne fallait pas songer à établir une léproserie sur la Grande Terre, car il

serait à peu près impossible d'empêcher le contact des

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