‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 44 sur 50 · Blin. Dépéche coloniale illustrée, 31 mai · texte numérisé non relu

Blin. Dépéche coloniale illustrée, 31 mai

sont pas désunies. Elles sont logées dans des cases spéciales. Jusqu’à présent, les jeunes enfants étaient laissés à leurs parents. À l’âge de deux ans seulement, ils étaient placés à l’orphelinat. Aujourd’hui, les nouveau-nés sont enlevés à leur mère aussitôt après l’accouchement. Ils sont élevés dans une partie dis= tincte de la léproserie, sorte de nursery, Où ils sont nourris au biberon. Malgré ces précautions, deux enfants qu’on avait tenté de soustraire à la contagion familiale, en les séparant de leur mère le jour même de leur naissance, ont été reconnus atteints de lèpre pendant le cours de l’année 1902 et rendus à leurs parents lépreux. Quant aux enfants restés sains, ils sont gar= dés à l’orphelinat jusqu’à la puberté.

Au nord de l'établissement, la buanderie est établie sur un petit ruisseau qui ne dessert aucun village. Les linges et vêtements des malades sont lessivés à l’eau chaude dans un grand bassin. |

Au bas du coteau, s'étendent des rizières, des champs de maïs, de manioc et de patates. L'ensemble des bâtiments et des terrains de culture qui en dépendent occupent une superficie de 60 hectares, dont 39 en rizières. Toute la récolte est versée aux magasins de la léproserie et sert à l'alimentation des malades.

La ration allouée aux internés est la suivante :

hommes 750 grammes l'ous les jours, riz ou manioc / femmes 790 enfants 350

: hommes 250 Une fois par semaine, viande {femmes 250 enfants 125

Les lépreux peuvent élever des volailles et des porcs pour améliorer leur ordinaire.

L’enclos est arrosé par une source claire et abondante, dont

le trop-plein se déverse uniquement dans les rizières de la léproserie,

Le service médical comprend : 1° un médecin des troupes coloniales, qui remplit les fonctions d’inspecteur et visite la léproserie une fois par semaine ; 2° un médecin résident indigène ; 3° un auxiliaire indigène pour la pharmacie; 4° des religieuses franciscaines, au nombre de 6, qui sont chargées de la surveillance générale, de la direction de l’orphelinat et des soins à donner aux enfants ; 50 des infirmiers et des infirmières choisis parmi les lépreux valides.

L'internement est très strict. Les lépreux ne peuvent obtenir leur exeat que sur certificat du médecin inspecteur. Cette autorisation n’est délivrée qu'aux malades dont les ulcérations sont depuis longtemps cicatrisées.

Le chiffre des décès est très élevé ; il a été de 248 en 1902. Le cimetière est situé sur une montagne voisine.

Les frais d'entretien de l'établissement et des malades dépassent 60.000 francs par an (x).

Léproserie de Manankavaly (Madagascar). — Elle reçoit les lépreux de la province de Manjakandriana. D'une superficie de plus de 77 hectares, elle est éloignée de tout centre de population. Elle est établie sur un magnifique plateau, bien aéré, qui se prête merveilleusement à la culture de la pomme de terre et du manioc, et qui est entouré de rizières, situées dans les ravins environnants. Les dix corps de bâtiments élevés par la mission anglaise sont placés sur quatre rangées parallëles dont toutes les ouvertures sont orientées à l’ouest, le vent

d’est étant des plus rigoureux sur ce plateau pendant l'hiver

Page 1