Jeanselme. La Lèpre en France et aux Colonies
Une source d’eau vive, qui descend des collines voisines pourra être facilément captée et suffira aux besoins de l’établissement.
Les anciennes constructions édifices par la mission anglaise consistaient en longs bâtiments divisés en une série de compartiments comprenant chacun un rez-de-chaussée et un premier étage. Les lépreux y étaient entassés dans de très mauvaises conditions hygiéniques.
Le nombre des pavillons a été considérablement augmenté en 1901 eéten 1902. Îls peuvent recevoir actuellement 400 pensionnaires et on se propose de faire encore d'importantes additions, Le nouveau type adopté est le suivant: bâtiment de h mètres de longueur sur 8 de largeur, divisé par 4 murs tranversaux en quatre compartiments, Chacun d’eux est percé d'une fenêtre et d’une porte, pourvu d’une cheminée et peut loger 5 lépreux. Des logements spéciaux sont affectés aux enfants des deux sexes : les enfants sont séparés de leur mère dès la naissance et élevés au biberon dans une partie isolée de l'établissement, sous la surveillance des dames diaconesses.
Le service médical est assuré par un médecin résident indigène, trois dames diaconesses et-des infirmiers, presque tous choisis parmi les lépreux relativement valides.
Le nombre des décès en 1902 a été de 26 (1).
Léproserie officielle de Fianarantsoa (Madagascar). — Elle est située à 4 kilomètres au sud-est de Fianarantsoa. C’est un beau domaine d'environ 87 hectares. Les habitations OCCupés par les lépreux sont de deux types différents. Les maisons du type 1900 forment une série de 20 cases divisées chacune en
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deux chambres par une cloison médiane. Chaque chambre peut recevoir un ménage de lépreux, soit environ 4 à 5 personnes. Les maisons du type 1901-1902, beaucoup plus confortables que les premières, se composent de quatre compartiments, ayant tous une cheminée d'angle. Une fenêtre et une porte assurent la ventilation de chaque chambre. Toutes ces maisons ont été plafonnées, l'expérience ayant démontré que les lépreux contractent facilement des lésions pulmonaires graves, quand la température s’abaisse. je
Aux bâtis de brique recouverts de claies de jonc, qui étaient trop froids, on à substitué des lits en bois, sur la demande des malades.
Uu peu en dehors du village lépreux sont situés les bâtiments de l’infirmerie et les magasins. Le logement du surveillant général s’élève sur un plateau. Chaque lépreux posséde un lopin de terre dont les produits lui appartiennent. Il récolte du manioc, des patates, des bananes et des fruits et ces plantations sont d’autant plus prospères que l’eau coule en abondance dans l’enceinte de la léproserie. Encore quelques années et toutes les hauteurs seront boisées. Quant aux rizières, les lépreux ont dû renoncer à les cultiver, parce que leurs ulcérations mises en contact avec la vase deviennent rapidement phagédeniques. Les malades élèvent des volailles et l'établissement entretient un troupeau de bœufs.
Le mouvement de la léproserie est le suivant: en 1902, 199 internés, parmi lesquels 27 sont morts et 15 ont obtenu l'autorisation de rentrer dans les léproseries des missions ; 151 étaient encore présents au 31 décembre.
En 1903, 229 internés dont 29 moururent dans l’année ; au 31 décembre, il restait à l’établissement 190 lépreux,
En 1902, on a enregistré 4 accouchements à terme sur 7 grossesses. Les nouveau-nés ne portaient aucune trace de lèpre. En 1903, 12 grossesses ont donné naissance à sept enfants, dont deux sont décédés.
Le nombre des évasions, qui, en 1902, n’était que de 6, est monté à 10 en 1903 à la suite de l'interdiction d'inhumer des cadavres en dehors du cimetière de la léproserie, L'administration ayant déciaré que les parents seraient autorisés à transporter les ossements dans les tombeaux de famille, un certain nombre d’années après l’inhumation, les lépreux rassurés ne cherchent plus à fuir.
Le prix de revient de la Journée d’un lépreux est de o fr. 30 environ, non compris les frais de construction et de répara— tion (x).
Léproserie de Faranfangana (Madagascar). — La léproserie est située au sud-est de la ville de Faranfangana, sur la rive droite de la Manambato, au sommet d’un mamelon verdoyant dont le pied est baigné par un coude de la rivière. Vingt-cinq hectares de terre arable ont été attribués à l'établissement. Deux Sources abondantes et un ruisseau, qui n’est jamais à sec, suffisent amplement aux besoins des lépreux, de sorte qu'il est rigoureusement interdit à tout malade de puiser de l’eau dans le Manambato, d'y laver son linge ou d’y faire ses ablutions.
Les eaux des sources et du ruisseau, qui pourraient être contaminées, ont été détournées et se perdent dans la rizière de la léproserie.
Sur la côte d'Ambatoabo, souffle régulièrement le vent sud