‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 46 sur 50 · Jeanselme. La Lèpre en France et aux Colonies · texte numérisé non relu

Jeanselme. La Lèpre en France et aux Colonies

sud-est pendant la saison fraîche, le vent nord nord-est pendant la saison chaude.

Une large route dirigée du noïd au sud sépare nettement les bâtiments destinés au personnel des villages des lépreux. À droite de la route, et dominant la rivière, le logement des Sœurs de Saint Vincent de Paul, grande case en falafa recouverte en tôle, exhaussée au-dessus du soil d’un mètre environ, et pourvue d’une vérandah sur ses quatres façades. Lui faisant vis- AU le logement des infirmières laïques, bâti sur le même modèle ; puis s'étendent les dépendances : réfectoire, greniers à riz, cuisine, communs, etc... Tous ces bâtiments, y compris la chapelle, sont isolés par une jointure circulaire en rondins jointifs. Du même côté droit de la route, mais en dehors de cette enceinte, sont disposés : la pharmacie, la classe et l’ouvroir des fillettes lépreuses. Le côté gauche de la route est occupé par cinq villages. Deux d’entre eux, très importants, sont situés à proximité des bâtiments de l’Administration. Ge sont les villages des infirmiers (hommes au nord, femmes au sud), au centre desquels s'élèvent deux salles de pansement fort bien amé nagées, avec claire: voies circulaires et porte-fenêtres pour l’aération, avec canalisation pour l'écoulement des eaux usées. Dans ces deux villages, de nombreuses cases abritent les invalides et les infirmes, qui ne pourraient venir chaque matin pour se faire panser.

À une plus grande distance de la route, sont échelonnés du nord au sud, trois villages spacieux donnant asile aux lépreux que la maladie n’a pas trop mutilés. Dans chaque agglomération, les cases, au nombre d'une vingtaine, sont correctement alignées et espacées les unes des autres de dix mètres, pour

limiter les ravages du feu en cas d'incendie, Des allées, plantées

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d’eucalyptus et de cocotiers, séparent les habitations, auxquelles on accède par des routes plates et faciles.

Les cases ne diffèrent pas sensiblement des habitations de la côte. Chacune d’elles, construite en falafa, avec vérandah sur deux faces, est élevée de o m. 50 au-dessus du sol. La toiture a une pente suffisante pour permettre l'écoulement rapide des eaux de pluie. L’air est sans cesse renouvelé par les portes percées sur les façades est et ouest. Les planchers en rapaka et recouverts de nattés, sont fréquemment lavés.

Une salle d'isolement pour les maladies épidémiques, un dépôt mortuaire complètent la léproserie, Les malades savonnent eux-mêmes leur linge dans le ruisseau dont l’eau alimente les rizières. Lesobjets de pansement hors d'usage sont incinérés et mis en terre.

Le personnel comprend : la supérieure de la mission, quatre Sœurs de Saint-Vincent de Paul, dont une est chargée des lépreux et de l'atelier de couture ; deux infirmières laïques, qui exécutent les pansements et donnent aux malades les soins nécessaires.

Le lépreux à le droit de désigner le village où il veut vivre et de choisir ses compagnons de chambre. La cohabitation des époux est autorisée, mais le mariage est rigoureusement! refusé aux célibataires.

Dès le matin, les valides vont cultiver leur champ, dont la récolte leur appartient.

À dix heures, ils assistent à la distribution des aliments pour la journée :

Tous les Jours : riz. — Adultes, 750 ; enfants, 630 G Dimanches et fêtes : viande. — Adultes, 300 . enfants, 150.

Chaque lépreux est pourvu d’une couverture en laine grise,

CORRE TA D qu'il utilise comme lamba pendant la saison fraîche et qui sert àson couchage. L’internement est absolu. Aucun lépreux ne peut sortir, mais des autorisations spéciales sont accordées aux parents, qui peuvent à Jour fixe venir visiter les malades.

L'état sanitaire des lépreux internés est en général satisfaisant bien que le nombre des phitisques atteigne 10 0/0. Durant l’année 1903, il y a eu 18 décès sur {30 internés, soit 41 oo et 8 naissances. Les enfants ont été laissées à leurs mères ; mais à l'avenir l’ouverture d’une nursery permettra d'élever les nouveaux-nés loin de tout contact. Les dépenses pour l'entretien de cette léproserie ont été, dans la période 1902-1903, d’une quarantai e de mille francs (1).

Léproserie de l’Acarouany (Guyane française) . — Cette léproserie est établie surles bords d’une petite rivière, l'Acarouany, affluent de la rive gauche de la Mana. L'établissement est construit sur un plateau élevé d'une vingtaine de mètres au-dessus de la rivière et sur sa rive gauche ; la berge escarpée ne permet de descendre à son niveau que par des sentiers en lacets. L'emplacement paraît satisfaire à peu près à toutes les exigences : ilest isolé, puisqu'il se trouve au milieu desbois, et que le village le plus rapproché en est à 30 kilomètres ; l’eau de source y esten quantité suffisante, puisque deux sources sont à proximité, et que la rivière roule au bas et peut facilement fournir de l’eau ordinaire ; le terrain sur lequel se trouve la léproserie est considérable, et son étendue peut être augmentée ; enfin le ravitaillement y est facile, puisque, à 30 kilomètres par eau, se trouve le bourg de Mana et qu'ilsuffit de cinq heures pour

s’y rendre. Ce bourg, d’ailleurs, n’est distant que de 12 kilo-

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