LA LÉPRE DANS LE MONDE
«Nul être humain, dit M. Besnier, n’est à l'abri de la lèpre ; aucune région, aucune race n’y sont réfractaires et, à aucune époque, elle n'a complètement disparu. Envisagée däns le temps, et dans les différents pays, à la manière de toutes les maladies populaires, elle subit dans sa virulence et son extension, tantôt lentement, tantôt avec une rapidité relative, des affaissements ou des exacerbations extraordinaires ; ou bien elle s’installe, permanente, endémique. »
Il semble, au premier abord, que la lèpre sévisse de . préférence sous les climats extrêmes : elle est fréquente en Islande et dans le nord de l’Europe ; elle fait une multitude de victimes dans toute la zonc intertropicale. Les malades, venus des tropiques dans les pays tempérés, y voient souvent s’améliorer leur état. Les races colorées sont plus frappées que la race blanche et, dans celle-ci, les juifs portugais davantage que les autres peuples. Les tribus de la Polynésie sont peut-être celles qui offrent le moins de résistance au fléau ; par contre, les Indiens d’Amérique sont peu touchés, en dépit des misérables conditions dans lesquelles ils passent leur vie. Sans doute, des
habitudes de promiscuité, un mépris plus ou moins grand