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des règles de l'hygiène suffisent à expliquer ces prédispositions apparentes de certaines races.
Après avoir envahi toute l'Europe, au moyen âge, la lèpre a presque entièrement disparu dans le Centre de ce pays. | le
« En France, la Bretagne, le Cantal et les régions qui bordent la Méditerranée sont les seules régions où elle garde encore quelque ‘importance. À vrai dire, il n'existe ‘pas, sur la côte bretonne, de véritables foyers ; ca et là, sont disséminés quelques cas solitaires et en fort petit nombre.
Sur la côte ligurienne il existe encore plusieurs petits foyers. En 1807 et 1808, Valentin affirme que la lèpre est endémique à Vitrolles de temps immémorial. Il avait observé 6 cas, dont 3 affectaient la forme « squameuse et écailleuse », c’est-à-dire trophoneurotique et les 3 autres la forme tuberculeuse. L'un de ces derniers a été reproduit par Alibert dans son Atlas des Maladies de la peau.
Valentin fit une troisième enquête en 1820 et constata que ce foyer était éteint ; un seul lépreux, guéri dit-on, survivait depuis douze ans.
Fodéré et Valentin ont aussi observé quelques cas d'éléphantiasis, autrement dit, de lèpre tuberculeuse, dans les communes qui environnent l'étang de Berre. Aujour- . d'hui, ce petit foyer est à peu près éteint, etil ne subsiste plus dans cette région que 4 lépreux, d’après le médecin des épidémies. Enfin, à l’époque où Valentin observait,-il y avait quelques lépreux dans la vallée de l'Huveaune. M. Bonnet a fait, à plusieurs reprises et en
dernier lieu, en 1897, sur ma demande, une enquête
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sérieuse dans toute cette région. Il a recherché les descendants des lépreux dont Valentin avait donné les noms. Il a retrouvé les vestiges d’une douzaine de ces familles et il a examiné avec soin ces individus de souche lépreuse: aucun n'est actuellement entaché de la lèpre.
Il y a une quarantaine d’années, avant l'annexion du Comté de Nice à la France, le gouvernement Sarde, ému des progrès menaçants que la lèpre faisait dans la région de la Riviera, ouvrit à San Remo une léproserie, qui fut inaugurée par Charles Albert, en 1856. On y réunit, de gré ou de force, une centaine de lépreux provenant surtout de Nice, de Menton, d’Eze, de la Turbie, de Roquebrune et de ses environs. Cette mesure n’a pas définitivement caassé la lèpre de cette région. En 1888, MM. Chantemesse et Moriez ont fait connaitre quatre petites épidémies locales, qui avaient causé une vingtaine de victimes. Les villages contaminés étaient Laghet, Tourette, Eze et Saint-Laurent d Eze. Il existe aussi des foyers à Peille, à la Trinité- Victor et à Contes. J'ai vu, en 1896, à l'hôpital Saint-Louis, une lépreuse originaire de cette localité: sa mère avait succombé à la lèpre.
Tous les petits villages que je viens de mentionner sont situés, soit dans la vallée du Paillon (qui se jette dans la Méditerranée, à Nice, où il y a quelques lépreux), soit dans son voisinage immédiat. Il faut également remarquer que ces bourgades sont éloignées des grandes voies de communication et qu'elles sont situées à une certaine altitude (Contes à 260 mètres, Eze à 400 mètres, la Turbie à 486 mètres, Peille à 630 mètres). Telles sont probablement les
raisons pour lesquelles ces petits foyers n'ont pas gagné
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les stations hivernales, qui semblent être complètement indemnes.
L'enquête officielle, faite en 1894-1895, par le médecin des épidémies, dans l’arrondissement de Nice, mentionne 21 cas, chiffre un peu inférieur à la réalité, car les renseignements faisaient défaut pour les communes très suspectes d Eze et de la Turbie, qui n'ont pas de médecin. Il résulte de la dernière enquête conduite par MM. Boinet et Ehlers, que la lèpre est en pleine décroissance dans les Alpes-Maritimes, où elle n'est plus représentée que par quelques cas isolés. Quant aux anciens foyers situés dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, ils sont à peu près éteints. |
Il n’est donc pas nécessaire de prendre des mesures défensives contre celte lèpre autochtone, en voie de disparition spontanée. Mais l'apport incessant de lèpre exotique, puisée aux sources les plus virulentes, ne laisse pas d’être inquiétant. Nombre de missionnaires ou religieuses, de colons, de marins ou de soldats, de fonctionnaires contractent la lèpre dans les possessions françaises, puis rentrent dans la mère-patrie, soit lorsque la terrible maladie s’est déjà démasquée, soit pendant le cours de sa longue incu bation. Les étrangers originaires de contrées où la lèpre est endémique, dès les premiers indices révélateurs du mal, accourent en France dans l'espoir d’y trouver la guérison. Grâce à la multiplicité et à la rapidité des transports, qui abrègent les distances, l’afflux de ces lépreux vers la France va toujours grandissant.
Dans nos grands centres maritimes, les cas de prove-
nance exotique, sans être communs, ne sont point rares.
Une enquête rapide et nécessairement incomplète, dit M. Pitres, prouve qu’en moins de vingtans, il a étéobservé 30 cas de lèpre à Bordeaux. Et il ne s’agit là que de cas avérés et non pas de ces formes frustes et ambiguës qui donnent prise au doute. En 1898, M. Perrin comptait à Marseille 11 cas de lèpre, importés soit d'Italie, soit des colonies. |
A Paris, circulent environ 160 à 200 lépreux. A l’hôpital Saint-Louis, il y en a toujours une douzaine. En moins de dix ans, j'ai pu y étudier près de 80 cas, provenant tous de pays notoirement lépreux. Ce sont les états de l'Amérique latine (Cuba, Saint-Domingue, la Guadeloupe, la Martinique, le Mexique, la Colombie, le Vénézuéla, les Guyanes et le Brésil) qui fournissent le plus gros contingent. Les autres. sources d'importation sont, par ordre de fréquence décroissante : la Nouvelle-Calédonie et Tahiti, la Réunion, le Sénégal, l'Inde anglaise, la presqu’ile indo-chinoise et Java. »
Les détails qui précèdent sontempruntés à un remarquable travail de M. Jeanselme sur Za lèpre en France et aux colonies.
En Angleterre, le lèpre est rare ; il y a à Londres une centaine de malades qui se sont tous infectés aux colonies, sauf 2. En dehors de la région de Memel, qui comptait 25 lépreux vers 1893, le lèpre n’est endémique nulle part en Allemagne ; il a existé des cas sporadiques d'importation étrangère ; en 1901, on en comptait 351, dans tout l’empire.
La maladie était jadis très répandue en Norvège et en
Islande ; mais des mesures sévères en ont beaucoup dimi-
nué la fréquence. De 1899 à 1901, Lie, médecin de l’hôpital de Bergen a soigné 384 lépreux ; Ehlers en connaissait 133 dans toute l'Islande.
Quelques cas ont été signalés dans toute l'étendue de l’Empire austro-hongrois ; dans les provinces de Bosnie et d’Herzégovine on en a relevé récemment 317. On ne peut douter qu'il n'existe en Russie un grand nombre de lépreux ; mais, en l’état actuel du pays, leur dénombrement est impossible. Les trois provinces d Esthonie, de Livonie et de Courlande en abritent plus d'un millier ; celle de Livland près de 200.
C’est sur les rivages de la Méditerranée que l’endémie fait le plus de victimes. Elle sévit en maints endroits de la péninsule italienne, notamment en Calabre ; elle est répandue en Sardaigne, en Sicile et à Malte.
La plupart des provinces de l’Æspagne fourmillent de lépreux ; rien n’a été fait pour en réduire le nombre qui croit chaque jour ; on se contente d’expulser loin des centres d’habitation ceux qui sont atteints d’une affection cutanée suspecte ; ces malheureux sont réduits à vivre à l'écart dans les montagnes, ou dans les lieux reculés, comme des parias.
Il en est de même au Portugal, qui est l’un des pays d'Europe les plus gravement atteints ; le plus criminel abandon y règne, pour tout ce qui concerne la lèpre ; à Lisbonne, ils exercent toutes sortes de métiers et l’on en peut voir se promener dans les rues les plus fréquentées.
En Suisse, il reste quelques foyers mal éteints, dans la région de Valais. Le fléau est très répandu dans la Turquie
d'Europe et celle d'Asie, en Grèce, en Crète et dans toutes
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les iles de l’Archipel. Chypre, seule, renfermait 112 lépreux en 4905.