ASIE
Beaucoup de iéprologues pensent que ce continent est le foyer d'origine de la lèpre et que les Hébreux l'auraient portée de l'Inde en Egypte. Ce qu'il y a de certain, c’est qu’on y trouve aujourd'hui l'immense majorité des lépreux.
L’/nde, seule, sur une population de 320 millions d’habitants, en abriterait 130.000, soit 1 lépreux pour 2.500 habitants. Mais les médecins compétents estiment que le chiffre officiel est bien inférieur à la réalité et qu'il le faut porter à 200.000 au moins. Les provinces des côtes et du sud sont les plus atteintes.
En 1903, on comptait 778 lépreux dans les établissements français de la péninsule et 589 à Ceylan.
La maladie est assez répandue en Asie-Mineure, en Perse eten Afghanistan; elle l’est davantage au Siam ; le roi Yasovarman, qui acheva de construire le palais d’Ang-Kor était lépreux, ainsi qu’un autre roi, qui régnait vers 1767.
En 1902, on évaluait à 3.288 le nombre des lépreux aux Philippines ; on en connaissait 68 à Bornéo ; 4.448 à Java : 608 à Sumatra ; mais Rœmer pense qu’il y en a au moins 2000 sur la côte orientale de cette dernière ile
La Chine semble posséder sur tout son territoire des foyers lépreux, mais principalement au midi de l'empire, et dans les environs des ports de mer. Les provinces du Kouang-Toung, de Tokian, d'Amoy et de Swatow sont les
plus contaminées. La maladie frappe aussi les personnes aisées. à
À Formose, un centième de la population est lépreuse. Près de Canton et autour de Hong-Kong, il existe plusieurs villages de lépreux, comme on en rencontre aussi fréquemment sur la côte méridionale de la Chine.
Dans les provinces septentrionales, surtout aux environs de Pékin, on ne trouve jamais de centre léprenx, mais des cas isolés. Les coolies contribuent beaucoup à répandre la maladie.
De l’étude des vieux ouvrages chinois et japonais, M. Dohi a tiré cette conclusion que la lèpre est un fléau très ancien, datant en Chine de plus de deux mille ans et au Japon de près de mille années.
On a construit au Japon des léproseries pour 20.000 lépreux.
L'’endémie lépreuse sévit dans toutes les parties de l’Indo-Chine. M. Jeanselme, qui a fait une enquête sur les lieux, estime à 12 ou 15.000 le nombre des lépreux qui y sont disséminés.
La maladie se cantonne de préférence dans les régions surpeuplées, qui avoisinent l'estuaire des fleuves. Elle occupe deux foyers principaux. Le méridional couvre toute la supérficie de la Cochinchine. Le foyer septentrional ou tonkinois a pour limites le delta du fleuve Rouge. Le long de la côte d'Annam, sur l’étroite bande fertile comprise entre la ligne de partage des eaux et le littoral, la population est nombreuse et la lèpre très commune. Au Cambodge, région basse et marécageuse, en majeure partie couverte de forêts et fort peu peuplée, la lèpre ne fait pas
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beaucoup de victimes, si l’on excepte les centres importants. Dans le Laos français, où 800,000 hommes tout au plus sont disséminés sur un immense territoire, la lèpre ne forme que des ilots insignifiants (1). Les indigènes qui en sont atteints, ne restent pas volontiers dans les hospices ; ils aiment beaucoup la liberté et sont très nomades,
On rencontre un grand nombre de ces malheureux dans les carrefours et aux abords des marchés; d’autres vendent des fruits, des légumes, de la viande et des vêtements. La maladie s’étend chaque jour ; dans certains villages,
toutes les familles sont infectées. .