‹ La Lutte Contre la LèpreChapitre 9 sur 50 · Jeanselme. La lèpre en France et aux colonies · texte numérisé non relu

Jeanselme. La lèpre en France et aux colonies

indigènes n’éprouvent aucune répugnance à les approcher. Il en est de même dans toutes les îles de la société.

Le fléau a pris, aux Marquises, une extension effrayante. Un quinzième de la population, dit M. Buisson, est atteinte de lèpre avérée et ce chiffre est au-dessous de la vérité. Il y avait, en 1860, 15 à 20.000 indigènes dans l’archipel ; on n’en compte plus aujourd’hui que 3.317. Des vallées entières sont dépeuplées. Le chiffre des naissances est bien inférieur à celui des décès. La lèpre n’effraye point les indigènes, parce qu'elle ne fait mourir qu’à une longue échéance. Ils n’ont aucune répulsion pour les lépreux, qui trouvent facilement à prendre femme, continuent de vivre dans leurs familles, même à une période avancée et plongent dans le plat commun leurs mains mutilées et ulcérées. Beaucoup d’Européens sont atteints (1).

La lèpre sévit cruellement en Nouvelle-Calédonie, au point d’être un danger pour l'avenir de cette colonie. On y comptait, en 1902, 568 malades internés. L’archipel voisin des Loyalty fut contaminé en 1878. Depuis ce temps, le nombre des lépreux n’a cessé de croitre ; il s’élèverait aujourd'hui à 190, sur une population de 11.977 habitants ; . les Nouvelles-Hébrides sont encore peu atteintes ; la presque totalité des cas a été observée chez des indigènes qui revenaient de la Nouvelle-Calédonie ; mais il est à craindre que la fréquence toujours croissante des relations entre les deux pays, n’amène une extension considérable

de la maladie.

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