‹ La lutte contre la misèreChapitre 7 sur 19 · CONSEILS AUX ASSOCIATIONS DE PRÉVOYANCE MUTUELLE · texte numérisé non relu

CONSEILS AUX ASSOCIATIONS DE PRÉVOYANCE MUTUELLE

Les lois et les subventions peuvent aider à atteindre le but, mais combien de réformes nécessaires devraient être spontanément entreprises par les associations mutuelles sur elles-mêmes, dans leur propre sein, en dehors de toute intervention officielle ! Signalons ici les plus urgentes.

Il y a presque partout en France, dans les villes, une tendance regrettable, à augmenter le nombre des Sociétés au lieu de chercher à fortifier celles qui existent; à part de rares circonstances, ce sont le plus souvent les petites passions, les vanités locales qui y poussent et qui seules y trouvent leur compte ; il faut combattre cette tendance ; il faut se grouper, grouper les forces morales et les capitaux; c'est le seul moyen d'obtenir des résultats sérieux.

On devrait chercher à étendre le plus possible aux populations agricoles les bienfaits de la mutualité ; de vigoureux efforts seraient nécessaires en ce sens.

L'admission des femmes et des enfants dans les associations de prévoyance mutuelle devrait être non seulement permise, mars vivement favorisée ; il faut que la famille toute entière du travailleur vienne prendre sa place dans la grande famille de la mutualité. En 1880, les Sociétés mutuelles ne comprenaient encore que vingt-deux mille enfants et cent quarante-quatre mille femmes (1); c'est bien peu. Il faut que l'enfant soit habitué, dès l'âge le plus tendre, à la prévovance et initié aux profits accumulés qu'il doit en retirer ; quant aux femmes, nous n'hésitons pas à blâmer hautement les associations qui les repoussent; nous ne comprenons pas que l'homme se résigne à jouir seul des bénéfices de la mutualité quand la compagne de sa vie, celle qui, peut-être, lui a permis d'épargner, en reste privée ; il n'y a même plus à invoquer contre les femmes ce prétexte que les dépenses occasionnées par elles dépassent de beaucoup celles des hommes ; la

(1) Exactement, 22,956 enfants et 144,948 femmes, dont 8,000 dans le seul département du Rhône. . .

statistique a démontré la fausseté de cette assertion trop exploitée jusqu'ici (1).

Il y aurait lieu parfois d'apporter plus d'économie dans les frais de gestion.

Il faudrait mieux organiser la surveillance des malades et la confier partout aux sociétaires euxmêmes.

(1) Voici les chiffres officiels. (Statistique du Ministère de l'Intérieur, 1879 et 1880.)

Malades : moyenne par cent sociétaires

Journées de maladies : moyenne par malade

Médicaments, par journée de maladie

Dép. totales des frais de maladie :

Moyenne par malade

Moyenne par journée de maladie.

Excédant des dépenses moyennes des membres participants malades sur leurs cotisations moyennes

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