‹ La lutte contre la misèreChapitre 8 sur 19 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

Dans les associations qui se proposent plusieurs buts, ce qui est souvent un danger (1), on devrait répartir et spécialiser les fonds selon les diverses destinations qu'ils doivent recevoir ; c'est une nécessité absolue pour arriver à une sérieuse gestion financière.

Le chiffre des cotisations doit varier avec l'âge ; on pourrait diviser la vie humaine en série de dix années chacune par exemple, et exiger une cotisation d'autant plus faible que le sociétaire serait plus jeune ; la publication des tables de mortalité et de maladie permettrait de procéder à ce travail avec équité et sûreté.

Il faudrait que toutes les associations de prévoyance mutuelle vinssent constituer à la Caisse des Dépôts et Consignations un fonds de retraites ; les sociétés libres réclament depuis longtemps le droit de faire des versements à cette Caisse ; nous le leur accordons ; qu'elles en usent largement !

Les conditions d'âge exigées pour avoir droit aux

(1) Nous ne voyons que des avantages à la multiplication des associations fondées seulement pour donner des pensions viagères, surtout lorsque ces pensions sont servies par la Caisse nationale, des Retraites et lorsque les versements se l'ont, en règle générale, à capital réservé.

pensions viagères concédées par les associations sont généralement rigoureuses ; un progrès vraiment important serait la réduction progressive des années statutaires exigibles.

D'énergiques efforts sont nécessaires pour élever le chiffre moyen des pensions ; nous demandons ces efforts à la fois aux associations elles-mêmes et à chacun de leurs membres.

Indépendamment des versements opérés par les associations à leurs caisses de retraite, il est nécessaire d'encourager, par tous les moyens, les versements personnels des sociétaires à la Caisse nationale de la vieillesse. La statistique a démontré qu'un très petit nombre de ces versements ont lieu directement ; les associations mutuelles, intermédiaires naturels entre leurs membres et la Caisse, doivent stimuler énergiquement l'initiative individuelle.

Rappelons que les membres honoraires devraient, sans chercher à s'imposer, se mêler, plus qu'ils ne le font en général, aux travaux des Sociétés ; leur intervention personnelle et parfois leur seule présence produiraient d'utiles effets; pour que les barrières tombent, pour que les défiances cessent, pour que les hommes se comprennent et s'apprécient les uns les

autres, il faut qu'ils aient entre eux de fréquentes et cordiales relations.

Nous permettra-t-on enfin de rappeler ici cette intéressante institution à laquelle nous ayons déjà fait une allusion et qui est l'une des formes touchantes du crédit populaire ? Nous voulons parler du prêt d'honneur. Quelques Sociétés mutuelles ont assez de confiance dans leurs membres pour leur faire parfois de petites avances, non pas sur titres, non pas sur hypothèques, mais sur quelque chose qui est supérieur à tous les titres et à toutes les hypothèques du monde, sur l'honneur du travailleur, sur la garantie de sa bonne foi. Il y a là une grande idée que plusieurs associations ouvrières ont heureusement appliquée; nous ne croyons pas que sa généralisation présentât de graves inconvénients avec des sociétaires connus, éprouvés, sérieusement intéressés à la prospérité de l'association ; de telles avances devraient être en général bien modestes, sans doute, mais qui sait si elles ne sauveraient pas, à un moment donné, de la ruine, du désespoir, tel ouvrier honnête, telle famille digne d'intérêt? Cela s'est vu, plus d'une fois déjà, à notre connaissance.

Voilà quelques indications utiles qui résultent de

l'expérience ; en suivant celles qui paraîtraient compatibles avec leur situation, les associations compléteraient d'une façon très profitable les effets des dispositions législatives soumises à la Chambre. Si ces dispositions étaient votées et si les plus essentiels de nos conseils étaient écoutés, nous ne craignons pas d'affirmer que les institutions de prévoyance mutuelle prendraient rapidement, en France, un développement considérable et que nous appelons de nos vœux les plus ardents.

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