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Il comprend une vacherie et une usine de stérilisation du lait, cette dernière sous la surveillance du bureau d'hygiène. Il peut contenir 40 vaches qui sont placées dans une vaste salle très aérée, très bien tenue. Les animaux soigneusement surveillés par des vétérinaires, notamment au point de vue tuberculose (tuberculine), ont une nourriture de premier choix (luzerne, son, farine d'orge).
Dans la laiterie adjacente se font les manipulations du lait, qui est stérilisé à l’autoclave à 104°. De plus, il est très souvent contrôlé par les laboratoires de bactériologie et de chimie. Ce lait, réparti dans des flacons à titrage déterminé, est transporté chaque matin dans les Crèches par une voiture municipale, et son prix de revient est de 0.50 le litre.
C) La Pouponnière en plein air.
L'idée directrice de son créateur, Monsieur le Docteur Péhu, est la suivante : Choisir dans la population des Crèches municipales les nourrissons les plus malingres, les atrophiques, les rachitiques, les convalescents et les faire bénéficier d’un séjour à la campagne pendant la période estivale. Cette cure d'air et de soleil, en même temps qu'un réglage rigoureux de l'alimentation, donne les meilleurs résultats, dont bénéficient surtout des enfants de 1 à 2 ans. Primitivement installée au Vernay, puis à St-Rambert, cette œuvre a recu en 1910, du 17 mai au 25 septembre, 33 enfants de 15 mois à 2 ans, avec un séjour variant de 8 à 12 semaines.
HO) D) Restaurant gratuit des mères-nourrices.
C’est sur l'initiative de Monsieur Herriot, maire de Lyon, que futcréé ce mode d'assistance maternelle qui commença à fonctionner en avril 1910 (78, rue St-Georges). Toute femme prouvant qu'elle allaite son enfant est reçue sans aucune information, sans même avoir à donner son nom et son adresse, et les infractions semblent très rares. Les frais sont couverts par le budget municipal (10.000 francs en 1911); de plus, il faut tabler sur divers dons en nature ou en argent.
Comme locaux, une salle de repas très gaie donnant sur un Jardin en terrasse, cuisine et salles accessoires. Personnel très restreint. Le restaurant est ouvert tous les jours de 7 h. à 8 h. le matin, de 11h. àlh.,et de 6h.à8 h. le soir(soupe le matin, soupe, viande, légumes, dessert, pain et bière aux autres repas).
En 1910, pour 9 mois seulement, il a été distribué 14.500 repas, soit environ 20.000 repas par an, chacun d'eux revenant à O0 fr. 50, tous frais généraux compris.
2° Protection Départementale du Premier Age
A) Application de la loi Roussel.
La loi Roussel (1874) fonctionne à Lyon sous la direction de Monsieur le Docteur Mouret. Nous nous bornerons à rappeler que « tout enfant âgé de moins de 2 ans et placé, moyennant salaire, en nourrice, en
sevrage ou en garde, hors du domicile de ses parents devient, par ce fait, l’objet d'une surveillance de l'autorité publique, ayant pour but de protéger sa vie et sa santé ». L'article 8 sauvegarde les droits de l'enfant de la nourrice : « toute personne qui veut se placer sur lieu comme nourrice est tenue de se munir d'un certificat constatant, au cas où son dernier enfant est vivant, qu'il est âgé de 7 mois ».
La surveillance, confiée aux médecins-inspecteurs départementaux, très difficile à la campagne, pourrait être parfaite dans une grosse agglomération comme Lyon. Dans le département du Rhône, le médecin doit visiter les enfants de sa circonscription: 1° dans les 8 premiers jours de leur placement ; . 2° deux fois par mois durant les trois premiers mois; 3° une fois par mois ensuite et deux fois à quinze jours d'intervalle, autant que possible en juillet, août et septembre. De plus, il doit se rendre auprès de l'enfant toutes les fois qu’il en est requis par le maire, soit en cas de décès, soit en cas de maladie, lorsque les parents n’ont pas désigné un médecin à la nourrice.
Signalons également les circulaires ministérielles (1903-1904), invitant les médecins-inspecteurs à établir des consultations de nourrissons pour parer à l'insuffisance du contrôle à domicile.
Pour ce qui est de l'application de la loi de 1874 à Lyon, nous reproduisons un rapport officiel de Monsieur le docteur Sabatier pour sa circonscription de Lyon(1910). « J'ai le regret d’avoir à inscrire 12 décès sur 130 enfants protégés. Le pourcentage de la mor-
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talité devient encore plus élevé entenant compte des enfants retirés du service pour cause de maladies. Sur 13 enfants retirés, 7 sont morts à la Charité, et tous ceux-ci étaient des nourrissons au biberon. Et cette concordance montre bien combien est dangereux ce mode d’allaitement. J’attire à ce point de vue l'attention sur un fait déplorable : en 1910, Ie nombre des enfants placés au biberon a dépassé largement celui des enfants nourris au sein (54°/, au biberon, 46 °/, au sein). J'accuse formellement de cette situation criminelle le changement du régime de placement des enfants secourus. Depuis que le soin du placement a été laissé aux mères, celles-ci placent au biberon parce qu’il coûte moins cher et, de ce fait, chaque année, quelques vies sont sacrifiées ». Même prédominance du biberon dans sa circonscription de Lyon, signalée par le docteur Mondan.
Ainsi, pour la ville de Lyon, où les enfants peuvent échapper difficilement à l’application delaloi Roussel, nous enregistrons une mortalité de 14,6 °/,, ce qui est en parfaite concordance avec le mode d’allaitement (pour le Rhône, 87 °/, des enfants sont nourris au biberon !); et, étant donné les imperfections actuelles de la Loi Roussel, combien d’enfants échappent encore à son action bienfaisante !
B) Application de la loi de 1904 sur les enfants assistés.
Cette loi étend la surveillance médicale aux enfants assistés. De plus, il est accordé des secours aux
femmes pauvres pour leur permettre de garder leur enfant près d'elles (25 fr. aux filles-mères allaitant au sein, 20 fr. seulement en cas d’allaitement au biberon).
c) Le département du Rhône subventionne : les Consultations Budin, la Société Protectrice de l'Enfance, la Crèche Spirite, la Mutualité Maternelle, la Charité Maternelle, les Poupons des Brotteaux, les Crèches Municipales et l'Œuvre de la Samaritaine.
d) Enfin, rappelons l'Inspection départementale des Crèches (application des arrêtés ministériels
3° Œuvres dépendant des Hospices de Lyon
Consultations annexées aux Maternités.
Le principe est le suivant : les femmes ayant accouché dans les Maternités lyonnaises (Charité, Hôtel-Dieu, Croix-Rousse) et auxquelles on a inculqué pendant leurs suites de couches les principes directeurs de l'allaitement au sein sont très vivement engagées à amener leur enfant à la Consultation gratuite hebdomadaire annexée à chaque Maternité. L'enfant aura sa fiche et sera examiné, pesé, surveillé. De plus, il est délivré gratuitement quelques médicaments en cas de besoin, pour lui ou pour sa
mère.
Ro A) Consultation de la Charité.
a) La Consultation annexée à la Clinique obstétricale, dirigée par Monsieur le professeur Fabre, a lieu tous les mercredis. De l’avis de Monsieur Fabre, son principal rôle est un rôle d'enseignement pour les stagiaires. C'est là qu’on leur montre quelle est la meilleure hygiène du nourrisson, quels sont les résultats excellents de l’alimentation au sein et quels sont en revanche les désastres de l’alimentation défectueuse. C’est pour cela que Monsieur Fabre n’a pas voulu y annexer une distribution de lait, de facon à conserver l'allaitement au sein comme type idéal de l'élevage, et dès qu’une femme n’a plus de lait, elle est envoyée à une goutte de lait ou aux services municipaux. Du reste,c'est à la Maternité même que se fait la campagne pour la propagation à l’allaitement maternel, et malheureusement fort peu de femmes suivent ces excellents conseils. La clientèle de cette consultation se compose surtout de filles mères, d’où un manque d’assiduité. En 1910,sur 1205 accouchements faits à la Clinique, 302 enfants ont été amenés avec un total de 1275 consultations. Malheureusement un tiers ne sont venus que ‘une ou deux fois, un autre tiers entre trois et six fois, le reste plus de six fois.
b)-La Consultation de Monsieur le professeur agrégé Commandeur (jeudi) présente la même clientèle mixte ; beaucoup de filles mères, d’où manque d’assiduité. Sur 378 enfants amenés en 1910, avec un total de 765 consultations, un tiers est venu une ou
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deux fois, un quart entre trois et six fois. Rares sont les enfants venus dix fois. Encore, ajoute M. Commandeur, beaucoup de femmes sont-elles retenues par l’appât des quelques médicaments distribués.
B) Consultation de l'Hôtel-Dieu.
Sous la direction de Monsieur le professeur agrégé Voron,. ont lieu le lundi et le vendredi. Ici c’est uniquement une clientèle de femmes mariées. Sur un chiffre rond de 1400 accouchements faits à la Maternité, 800 femmes viennentannuellement,en moyenne, une à deux fois par mois chacune (150 consultations par mois). L'allaitement au sein est dans une proportion de 95 °/,,et toute femme ayant sevré son enfant avant six mois sans l’avis du médecin est exclue de la consultation. Du reste, là aussi la distribution de médicaments et de quelques layettes joue un grand rôle pour attirer et conserver les mères de famille.
C) Consultation de la Croix-Rousse.
Dirigée par Monsieur le Docteur Plauchu, accoucheur des Hôpitaux, elle fonctionne le lundi. Les femmes ayant accouché à la Croix-Rousse amènent leur enfant dont on peut suivre le développement progressif. C’est une clientèle de femmes marices, presque toutes ouvrières. Les registres de 1910 montrent que 160 femmes sont venues avec un total de 777 consultations, dont un tiers moins de trois fois,
un tiers entre trois et six fois, un tiers plus de six fois.
D'après les renseignements dus à l’obligeance de M. Plauchu, sur 100 femmes, 50 envoient l'enfant en nourrice. À peu près toutes nourrissent leur enfant pendant 7 jours à la Maternité, et c'est au départ de la mère que s’effectue l’envoi en nourrice. Or chez ces enfants envoyés à la campagne, presque tous nourris au biberon, la mortalité s'élève à 60 °/, (statistique de M. Plauchu portant sur 300 cas). C'est donc une lourde cause de mortalité qui s'explique par ce fait que dans cet industrieux quartier lyonnais, les femmes presque toutes travaillent au tissage, gagnant ainsi en grande partie la vie du ménage. Le fait d’allaiter leur enfant supprimerait une grosse source de revenus ; d'autre part, toutes sont mariées et ne peuvent compter sur aucun secours, et l'œuvre qui leur viendrait en aide pécuniairement serait la seule efficace pour lutter contre ce lourd fléau de mortalité. S
Sur 100 femmes, 30 viennent à la Consultation irrégulièrement, et seulement 10 ou 20 peuvent bénéficier réellement, grâce à leur assiduité, de cet excellent organisme que sont les Consultations de Maternité.
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4° Consultations de Nourrissons
A) Œuvre lyonnaise des Consultations Budin.
C'est là une œuvre d'hygiène et non d'assistance ; pour l'étude de son fonctionnement, nous nous référons aux deux thèses de Lyon : thèse de Cassan et thèse de Jarricot. Nous emprunterons aux conclusions de la thèse de M. Jarricot l'étude de son fonctionnement, en nous basant toutefois sur les chiffres de 1910 :
1° Constitution et Fonctionnement. — C'est une œuvre fondatrice de Consultations de Nourrissons auxquelles sont adjointes des Gouttes de Lait. Elle a été fondée en 1905 par un groupe de jeunes filles et de jeunes femmes qui s'est constitué en un Comité d’Initiative. Ce Comité s’est adjoint un Comité de Patronage, un trésorier et un médecin qui peut s’adjoindre des collaborateurs. M. le professeur Fabre, médecin de l'Œuvre, a posé dès le début les quatre principes directeurs suivants :
Aucune tendance politique ou confessionnelle. — Un seul médecin comme directeur technique. — Distribution de lait et de babeurre seulement sur avis du médecin et en se conformant au régime prescrit. — Distribution du lait exclusivement aux enfants assidus aux visites hebdomadaires, exclusivement à titre onéreux, en biberons tout prêts, au
même prix qu'en ville.
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M. Fabre estime que le rôle de Œuvre doit se borner à donner des conseils et à fournir du bon lait, qu'il appartient à la collectivité de secourir les mères indigentes et que, bien plus, la rémunération entraîne une assiduité plus grande. Nous verrons plus loin que cette distribution du lait stérilisé n'est pas une entrave à l’allaitement maternel. Les consultations sont hebdomadaires (examen, pesées, conseils hygiéniques) et ont fonctionné en 1910 dans quatre centres (9, rue Sébastien-Gryphe; 1, petiterue d'Inkermann ; 28, quai de Vaise, et rue de la Reconnaissance, à Villeurbanne). Tous quatre sont construits sur le schéma suivant : Salle de stérilisation du lait avec autoclave et office complet, salle d'attente générale, salle d'enfants douteux, cabinet de consultations. Les distributions de lait et de bouillies au babeurre sont quotidiennes.
2° La statistique du fonctionnement nous montre qu'en 1910 l'Œuvre a inscrit sur ses registres 741 enfants, dont 454 ont été amenés plus d’un mois, avec un total de 9,895 présences aux Consultations.
L’assiduité des femmes venant aux Consultations est de 8 sur 10. Enfin, le rapport de 1910 montre les progrès continus suivants : Augmentation de l’effectif des enfants, du nombre de pesées, de l’assiduité, et surtout enfants amenés de plus en plus jeunes.
3° Les résultats de 1910 sont les suivants : Sur
454 enfants ayant suivi régulièrement les Consulta-
tions, 16 sont morts, dont 1 de gastro-entérite (Mortalité 3,5 °/,).
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L’allaitement maternel est dans la proportion suivante : 50°/, à Sébastien-Gryphe, 56°/, à Inkermann, 63 °/, à Vaise (contre une moyenne de 14 °/, en 1905).
4° Le budget annuel est de 30,000 fr. (Dons, subventions de l'Etat, 5,000 fr.; du Département, 1,000 fr.; vente du lait, 20,000 fr.), soit une dépense annuelle de 38 fr. par tête d’enfant, de 66 fr. par enfant assidu.
Tels sont les résultats physiologiques obtenus, considérables en face de dépenses relativement restreintes.
B) Œuvre des Poupons des Brotteaux.
Fondée en 1907, située 22, rue Duguesclin, elle a pour but de lutter contre la mortalité infantile en utilisant les moyens d'action suivants : « Encouragement à l’allaitement maternel, — Consultations hebdomadaires gratuites, — Vente de lait stérilisé pour les enfants auxquels le médecin consultant le prescrira, — Visites à domicile des nourrissons par les Dames patronnesses qui surveillentlalimentation, distribuent des layettes et des vêtements aux enfants des familles indigentes. » C’est une œuvre charitable, en dehors de toute question politique et religieuse, avec un Comité-Directeur et des Dames patronesses qui assistent et aident à la Consultation, à la stérilisation du lait qui se fait à l'Œuvre. Le service médical est assuré par les docteurs Favre-Gillÿ et Faysse.
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En 1910, 283 enfants ont fréquenté la Consultation, dont 178 nouveaux, avec 2,953 pesées. 50 °/ d'entre eux sont amenés avant 2 mois, 24 seulement sont venus Î ou 2 fois; la moyenne des présences par consultation est de 32. |
L'allaitement maternel est vivement préconisé et ce n'est qu'en cas d'impossibilité ou qu’à titre de complément que le lait peut être vendu. Sur 178 enfants nouveaux, 32 °/, ont été allaités au sein, 27 à l'allaitement mixte, 40 °/, au biberon. (60 °/, des enfants bénéficient du lait maternel). La mortalité est de 6,7°/,, dont 2,7 °/, par gastro-entérite.
Le budget annuel est de 12,800 fr.; la vente du lait a produit 6,000 fr. et chaque enfant revient à 48 fr. par an.
C) Œuvre des Nourrissons des Terreaux et de la Croix-Rousse.
Cette œuvre, fondée et dirigée par Monsieur le docteur Plauchu, utilise les principes généraux des Gouttes de lait, mais en supprimant la distribution de lait. En effet, objecte son fondateur, la Goutte de lait coûte assez cher (personnel, locaux, stérilisation et vente du lait avec déficit). On peut donc diminuer le personnel et l'ampleur des locaux — et comme lait complémentaire il est vendu du lait en poudre. Le principe est d'admettre tous les modes d’allaitement rationnel sans en imposer aucun, tout en favorisant au maximum l'allaitement au sein. Aux femmes
bénéficiaires du lait municipal, aux femmes pouvant,
par leur situation, se procurer du lait convenable ou ayant du lait venant directement de la campagne, il est conseillé de persévérer dans ce sens. Au contraire, siune femme ne peut se procurer que du lait douteux, il lui sera vendu du lait en poudre. (Mais ce n’est là (et M. Plauchu insiste sur ce point) qu'un pis-aller, qui peut rendre toutefois des services considérables dans la classe ouvrière. On obtient ainsi par infusion un élément nutritif, un peu moins digestible que le lait bouilli. Il est toutefois à remarquer que chez beaucoup de ces enfants qui utilisent le lait en poudre, la courbe de poids est très satisfaisante et ne diffère en rien de la courbe de poids des enfants élevés au lait de vache. Il arrive même parfois que certains nourrissons ayant de l'intolérance pour le lait de vache sont remontés par le lait en poudre. Les accidents qui pourraient être imputés directement au lait en poudre sont en somme l'exception, si bien que ce mode d'allaitement, sans être enrien comparable à l'allaitement au sein ou même à l'allaitement avec du bon lait de vache, est de beaucoup préférable à l'allaitement avec du lait ordinaire, souvent ancien, acheté chez des laitiers de quartier en dehors de toute surveillance et de tout contrôle ».
En 1910, 193 femmes sont venues à la consultation (16, rue Pouteaux), dont 50 anciennes, et 150 assidûment. Il y a eu 1933 consultations, soit 38 consultation hebdomadaires. Au point de vue mode d'allaitement : 63 °/, au sein, 28 °/, à l'allaitement mixte, 9°/, au biberon. La mortalité est de 3 */, pour les enfants nourris au sein, 12 ‘/, dans le cas d’allaite-
ment artificiel. Etant donné que cette dernière mortalité assez lourde ne porte que sur les enfants nourris au biberon (10 °/,), la mortalité globale est réduite à 3,5 °/,. Ce mode de goutte de lait est donc très défendable et a le gros avantage d’avoir un budget restreint (1200 francs par an), le prix de vente du lait couvrant à peu près son prix d'achat.
D) Société Protectrice de l'Enfance de Lyon.
Fondée en 1866, sur l'initiative de Monsieur Rodet, chirurgien de l’Antiquaille, elle a varié depuis sur les moyens mis par elle en œuvre pour lutter contre la mortalité infantile. Nous rappellerons qu'elle possédait autrefois six crèches dont la ville de Lyon prit possession en 1901 et 1902. Monsieur le professeur agrégé Gayet, secrétaire général, nous a fourni aimablementles renseignements suivants :
Son double but est l’assistance aux mères de famille et la lutte contre la mortalité infantile. En ce qui concerne l'Assistance Maternelle, un comité de dames patronnesses représente la clef de voûte de l'œuvre. Ces dames recherchent à domicile les mères les plus pauvres et les plus nécessiteuses, leur dorinent des conseils et distribuent des secours en nature et en espèces (12,000 francs). De plus, il est accordé des prix aux mères de familles nombreuses les plus nécessiteuses.
Il existe trois centres de consultations de nourrissons (Cité Rambaud, à la Guillotière, 46, rue Sala, et à l'Œuvre de Fourvière). La clientèle de la première
est tout à fait indigente ; celle de la rue Sala, s’intéressant surtout aux femmes nourrissant leur premier enfant, répond à une clientèle de femmes de petits employés et de petits commerçants. La consultation de Fourvière est réservée aux enfants de l’établissement et aux femmes du quartier. Signalons ce fait que les dames patronnessesserendent à domicile pour ramener les femmes manquant d’assiduité. Dans ces consultations, les enfants sont pesés, examinés, l’allaitement au sein est préconisé au maximum ; mais dans le cas d'insuffisance ou d’impossibilité, il est vendu du lait en poudre (30 centimes le litre, 10 centimes pour la Cité Rambaud). Le prix est donc minime, on évite des manipulations longues et coùteuses et on obtient par infusion un lait bactériologiquement pur présentant les avantages et les inconvénients du lait stérilisé. De plus, à la Cité Rambaud il est délivré gratuitement des farineux aux mères nourrices.
A côté des consultations se place l’'Œuvre de Fourvière, dont le but est d’arracher les enfants aux conditions déplorables d'hygiène dans lesquelles ils se trouvent. C’est en quelque sorte une grande infirmerie pour les invalides du nourrissage, dont beaucoup sont confiés par l’Assistance publique. Située dans de grands bâtiments entourés de jardins, elle comporte des salles d'isolement pour les enfants arrivant à l'Œuvre (isolement de 15 jours), ou pour les suspects. Nous avons déjà signalé la consultation hebdomadaire de cette œuvre.De plus,dans l’espritde
ses dirigeants, elle sert pour le personnel d’Ecole
d'Enseignement Pratique du Nourrissage, sans donner toutefois tous les résultats que l'on pourrait attendre de cette idée originale et intéressante.
On voit donc que le budget est réparti sur plusieurs modes d'assistance (en outre, protection de la deuxième enfance). Sur un budget annuel de 30,000 fr., 2,000 sont consacrés aux Consultations. En 1910, il a été vendu 2,600 kilos de lait, avec un déficit de 500 fr. environ.
142 enfants ont suivi la Consultation de la cité Rambaud avec une assiduité portant seulement sur 30 °/, d’entre eux ; 138 ont suivi celle de la rue Sala avec une assiduité de 60 °/, et une alimentation de 65 °/, au sein, 25 °/, mixte. Enfin, 15 nourrissons de 0 à L'an ont été soignés à Fourvière, concurremment avec 20 enfants de 1 à 5 ans. Mortalité, 1,2 °/ (rue Sala).
Les efforts ont donc porté sur 300 enfants environ, Soit un prix moyen annuel de 10 fr. par tête d'enfant, en ne tenant compte que du chapitre budgétaire affecté aux Consultations.
5° Type Crèches A) Crèche Saint-Paul.
Fondée en 1846, située 84 quai de Pierre-Scize (quartier Saint-Paul), elle est tenue par des religieuses de Saint-Vincent-de-Paul, Bien qu'installée dans un vieil immeuble, elle est fort bien tenue et pos-
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sède 2 salles avec 20 berceaux. Elle reçoit gratuitement tous les enfants sans distinction de culte. Les enfants sont gardés de 15 jours à 3 ans et visités chaque semaine. L'allaitement maternel est exigé et le lait stérilisé à la Crèche n'est donné que comme complément. En 1910, il est venu 96 enfants, avec 9,800 présences et 3 décès. Mortalité, 3 °/o. Prix de
revient d'une Journée, 0 fr. 75.
B) Crèche Saint-Bernard.
Située 171 boulevard de la Croix-Rousse, elle est installée de facon parfaite dans des locaux très vastes et très aérés. Elle est tenue par des religieuses de l’ordre de Saint-Joseph. Fondée en 1850, installée en 1869, elle recoit gratuitement tous les enfants sans aucune distinction de culte. La visite médicale est hebdomadaire. Les enfants sont gardés jusqu’à 3 ans, etelle possède 36 lits ou berceaux. En 1910, 101 enfants ont fourni pour les 300 journées d'ouverture de la Crèche, 7,522 journées de présence, soit une moyenne de 25 enfants par jour. Le lait est stérilisé à la Crèche, mais l'allaitement maternel est exigé. La mortalité est de 3 °/.; le budget est de 6,300 fr., ce qui met la journée de présence à 0 fr. 80 environ.
C) Crèche Spirite.
Fondée en 1904, située 8 place de la Croix- Rousse, elle est placée « sous la protection de Dieu et de nos maitres et protecteurs Allan Kardec et Marie Ange. » Elle a pour but : « l'Education phy-