‹ La Lutte contre la Mortalité Infantile à LyonChapitre 6 sur 17 · ESC · texte numérisé non relu

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sique et morale de l’enfant selon les principes de la doctrine spirite. » Les enfants sont reçus gratuitement, sans distinction de culte, de 15 jours à 3 ans et placés sous un contrôle médical hebdomadaire. Le lait, stérilisé à la Crèche, n’est qu'un complément de l'allaitement au sein. Cette Crèche, très bien tenue, comprend 15 lits. En 1910, elle a été fréquentée par 28 enfants qui ont fourni 4,266 journées de présence. La mortalité infantile est d’environ

5 /.. Le budget annuel est de 4,600 fr., ce qui met la journée de présence à 1 fr. 08.

D) Crèches d'usines.

Ces crèches industrielles qui permettraient aux ouvrières d’allaiter elles-mêmes leurs enfants, existent dans plusieurs agglomérations industrielles (Paris-Levallois-Lille), et font défaut dans la région lyonnaise. C’est là une lacune regrettable. L'Etat a donné l’exemple en annexant des crèches à ses Manufactures de tabac ou d’allumettes. Les unes sont tenues par lui (Issy-Riom-Nantes), d’autres sont mises à sa disposition (Nancy); dans certaines localités il a obtenu des arrangements de faveur dans les crèches voisines des manufactures (autrefois Crèche de la rue de la Charité, à Lyon, dite Crèche des Tabacs) ; dans d’autres, il existe des salles d’allaitement à l’intérieur de l'usine (Nice-Marseille). |

Manufacture des Tabacs de Lyon. — (Renseignements dus à l’obligeance de M. le docteur Fallot, médecin de la Manufacture).

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À l'heure actuelle, l’Etat alloue depuis 1888 à ses ouvrières une indemnité de 30 fr. par enfant (/ndemnité d'accouchement). Depuis 1904, il accorde des primes d'allaitement de 10 fr. par mois pendant les 4 premiers mois. En 1910, sur 406 femmes, il y a eu 12 accouchements (360 fr. d'indemnités), et 4 enfants allaités au sein (160 fr. de primes), avec 3 décès portant sur des enfants mis au biberon à la campagne. L'étude des chiffres, depuis 1904, montre une baisse de natalité, une augmentation de l'allaitement au sein, et d'excellents résultats pour les enfants allaités par leur mère, Il n’y a pas, à proprement parler, de Consultation de nourrissons, mais le médecin voit chaque mois les enfants des femmes qui touchent leur prime d'allaitement, et à la visite journalière ceux que leurs mères amènent volontiers.

Dans la nouvelle Manufacture, il y aura une Crèche modèle de 20 lits environ, servant de garderie jusqu’à l’âge de 3 ans. Elle sera complètement isolée du reste des bâtiments et du cabinet de consultations (salles de berceaux, salles d'isolement avec boxs, cours, préaux). Les femmes travaillant à la Manufacture pourront y allaiter leurs enfants et continueront à toucher la prime d’allaitement. À noter que, comme dans les crèches similaires, il y aura une très légère rétribution demandée à la mère. Ce projet marque, de la part de l'Etat, un souci très légitime de favoriser l'allaitement maternel et de combattre la mortalité infantile dans les Manufactures

qu'il dirige.

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6° Œuvres d'Assistance Maternelle a) Société de la Charité Maternelle de Lyon.

Créée en 1784, reconnue d'utilité publique en 1846, elle représente la première en date, et les Lyonnais doivent tenir à honneur de se rappeler que ce fut dans leur ville que fut fondée la première société de bienfaisance en vue d'aider les mères pauvres à allaiter elles-mêmes leur enfant, Ce fut Beaumarchais qui, en 1784, proposa, dans le Journal de Paris, la création d’une société de bienfaisance favorisant par des dons l'allaitement maternel. La nature, les mœurs, la patrie y gagneront également, disait-il. À Lyon seulement, il y eut un écho et un succès rapides. Un Institut de bienfaisance pour les mères nourrices, créé en 1784, voyait, dès 1785, ses recettes s'élever à 23.000 livres, et Beaumarchais écrivait aux administrateurs : (J'apprends que Lyon, cette seconde ville du royaume, est encore la première à saisir un plan de bienfaisance utile à tous les pays. Vous avez honoré mon plan en l’adoptant ; permettez-moi de concourir à son exécution », et il proposait de faire jouer le Mariage de Fisaro à Lyon, en allouant les droits d'auteur à l'Institut. Le roi Louis XVI et Marie-Antoinette en furent les premiers donateurs, d’où son nom de Société de la Reine. En 1786, sur 112 enfants secourus, il n'y avait que 7 décès ! Après avoir disparu en 1793, elle fut reprise sous l'Empire et à subsité jusqu’à nos Jours.

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Son but est de secourir les mères de famille dans l'indigence, et de les encourager à nourrir ellesmêmes leurs enfants. Toutefois, cette dernière clause nest pas rigoureuse, et les Dames administrantes jugent les cas d'exception. Parmi les femmes mariées, qui seules sont secourues, la Société secourt presque exclusivement les femmes ayant un mari infirme, ou ayant au moins deux enfants. Chaque mère admise aux secours recoit 10 fr. pour frais de couches, une layette de 20 fr., 10 fr. au 6° mois, 60 fr. pour 12 mois de nourrissage, soit un total de 100 fr. En cas de couche double, les secours sont doublés. Le budget, d'environ 30.000 fr., permet de secourir 300 familles par an. Depuis 1911, une Consultation de nourrissons, située 3, rue du Plat, fonctionne sous la direction de Monsieur le docteur Trillat, et les mères sont obligées d'y présenter régulièrement leurs enfants.

B) Mutualité Maternelle de Lyon.

C'est une œuvre éminemment mutualiste qui protège la Maternité et la première Enfance. Fondée en 1903, elle est dirigée par Monsieur le Professeur agrégé Commandeur.

Pendantla période de grossesse, son action se traduit par la consultation de grossesse, qui prévient bien des désastres ; lors de l'accouchement, les sociétaires sont libres de choisir les conditions dans lesquelles elles feront leurs couches. Pour les femmes accouchant à domicile, il existe un prêt de linge et

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de matériel d'accouchement. Pendant les suites de couches, une Inspectrice vient visiter l’enfant et remet chaque semaine à la mère l’indemnité(4 semaines de repos obligatoire, 48 fr.) Pendant la période d'allaitement, la Mutualité de Lyon donne une prime de 30 fr. en six versements de 5 fr., à toute femme allaitant au sein. De plus, il existe une Consultation de nourissons bimensuelle ouverte aux enfants de 0 à 2 ans (Examen. Pesée. Courbe de poids. Conseil d'hygiène. Surveillance du sevrage).

La cotisation de chaque sociétaire est de 0 fr. 25 par mois, et le budget total est de 7.000 francs.

Au cours de 1910, pour 614 sociétaires, il y a eu 193 naissances. Sur ces 193 enfants, 173 ont été nourris au sein, soit une proportion de 90 °/, d'enfants nourris au sein. [l y a eu 81 consultations de grossesse, et 824 consultations de nourrissons. L’assiduité des enfants est exigée ‘pour le paiement de la prime d'allaitement ; ilest vrai que 17 ?/, des enfants ne touchaient pas de primes, ce qui montre que les mères saisissent l'intérêt qu'il y a à prolonger la surveillance de l’enfant. La Mortalité infantile globale est de 3,2 °/, (mortalité des enfants nourris au sein 1°/,, au biberon 60 °/+). 6.000 francs ont été versés comme primes, dont plus de 3.000 comme primes d'allaitement. En tablant sur le budget total, la somme dépensée par chaque tête d'enfant est de 39 francs environ.

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