Ltpus associé à d' autres ajfe étions tuberculeuses
1. Voici brièvement résumées quelques observations de lupus primaire :
Obs. 8. Emma L., 25 ans. Famille bienportante. La malade elle-même bienportante, n'a jamais eu de symptômes de scrofulose. Depuis 4 ans, sur la joue gauche une plaque de lupus, couvrant une surface de la grandeur d'une pièce d'un franc. Disparition de celle-ci au bout de 17 séances. Pas de récidive au bout de deux ans.
Obs. j8. Joh. B., 53 ans, d'une famille bienportante, lui-même toujours bienportant, à part son lupus. Celui-ci commençait à l'âge de 8 ans sur la narine gauche et s'étendait ensuite peu à peu jusqu'à couvrir tout le visage, en ménageant les muqueuses. État général bon. Organes internes sains.
2. Le lupus secondaire provient souvent de ganglions tuberculeux sous-jacents, surtout des ganglions du cou. En voici quelques exemples :
Of)S. 2"/. l*^Jsa I)., <S ans, opcrcc, il )■ a G mois, pour des j^anj^lions du cou. Autour de l'incision non encore guérie et dont les bords présentaient des oranulations fonj^ueiises, se sont montrés ])eu à peu des nodules lupiques typiques. De plus, sur la joue du même côté, depuis 3 mois, une infiltration lupique superficielle de 2 cm. carrés. A cause de la fistule tuberculeuse, la malade fut soumise à une nouvelle exstirpation de ganglions tuberculeux, le 5 août 1903. Le 13 sept, cicatrice fongueuse, mais sans lupus visible. Pourtant, après une injection d'un milligr. de tuberculine, se montrait une réaction locale intense. Peu à peu se montraient de nouvelles tuméfactions ganglionnaires ainsi que des nodules lupiques dans la peau environnante. Troisième exstirpation le 21 novembre, avec traitement photothérapique consécutif. Actuellement, avr. 1904, la malade ne présente aucune récidive depuis un an. Les cicatrices sont minces, souples et pâles.
Dans les cas de ce genre, et il y en a eu bien d'autres d'analogues, on ne peut espérer guérir le lupus avant d'avoir guéri l'affection ganglionnaire qui en est la cause.
On voit assez souvent que le lupus provient d'une ostéite tuberculeuse. Il en fut ainsi dans l'observation suivante.
Obs. 77. John L., 13 ans, fut opéré en 1894 pour une ostéite tuberculeuse du métatarse du pied gauche. Un peu plus tard, exarticulation de l'annulaire droit pour une ostéite tuberculeuse. Simultanément, à peu près, exstirpation de ganglions tuberculeux du cou. En 1897, exarticulation de l'annulaire gauche, pour une spina ventosa. Environ un an avant, la peau de ce doigt avait été atteinte de lupus qui de là s'était étendu à la main et aux autres doigts. Du 3 févr. 1903 au 21 janvier 1904, 158 séances de photothérapie. Le 8 mars 1904, pas d'infiltration lupique visible, mais il y eut une réaction locale après injection de I mmgr. de tuberculine. Le traitement fut donc continué. Le 8 mars 1905, guérison complète. L'obs. 6 et quelques autres étaient analogues à celle-ci.
Le lupus est quelquefois secondaire à une dacryocystite tuberculeuse.
Obs. /f-Z. Josefina V., 32 ans, mariée. Depuis 5 ans fistule lacrymale de l'angle interne de l'oeil droit, exstirpée par un oculiste et opérée une seconde fois, mais qui subsiste toujours. Il y a 6 mois, se montrait autour de l'orifice de la fistule un lupus nodulaire qui s'est étendu en suite sur la moitié droite du nez et dans la narine du même
côté. Le 26 mai 1903, nouvelle exstirpation du sac lacrymal tuberculeux, par le Prof. Widmark. Guérison par première intention. Ensuite, 79 séances de photothérapie. Le 22 oct., la guérison persiste et on ne voit rien de lupique, mais la peau qui correspond au sac exstirpé est rouge, tuméfiée et douloureuse. Le 16 nov., deux nouveaux nodules lupiques, grands comme une tête d'épingle. Le 16 mars 1904 on note: récidives répétées sur la moitié droite du nez, en dehors et en dedans, malgré 183 séances de photothérapie. Le sac lacrymal toujours guéri extérieurement, mais on voit encore une tuméfaction pâteuse et rouge, d'aspect suspect. La malade est renvoyé en chirurgie.
Dans les observations 50, 51 et 52 le lupus était également secondaire à une dacryocystite tuberculeuse.
Le lupus du nez est particulièrement souvent secondaire à un lupus de la muqueuse. Ces cas résistent au traitement d'une façon très énergique et reviennent d'une façon désespérante, malgré un traitement persévérant de la cavité nasale, ce qui dépend vraisemblablement de ceci, qu'il existe entre les foyers externes et les foyers internes des traînées lupiques, inaccessibles au traitement. Les obs. 28, 30, 30 (129 séances), 38, 44, 65 etc. furent des exemples de lupus de ce genre.
3. Lupus associé à d'autres affections tuberculeuses. Dans 75 cas de lupus sur 121, soit 62 p. c, il y avait, en dehors du lupus, également d'autres affections tuberculeuses, mais contrairement à ce qui avait lieu avec le lupus secondaire, il était impossible d'établir une relation causale entre l'une et l'autre affection. Les autres affections tuberculeuses s'étaient montrées avant, en même temps ou après le lupus, dans différentes parties de l'organisme. Leur localisation était très variable, ainsi que leur extension et leur intensité.
On peut pourtant établir la classification suivante: