‹ La Lutte contre la tuberculoseChapitre 49 sur 76 · OBJECTIONS A LA CRÉATION DE SANATORIUM · texte numérisé non relu

OBJECTIONS A LA CRÉATION DE SANATORIUM

Avant de déterminer les conditions que do remplir un sanatorium, nous devons écarter u objection. Le sanatorium peut-il être dangereu pour le voisinage?

Cette question a été étudiée en 1895 par le Comité d'hygiène et, dans un rapport (1), M. Netter a nettement établi que ce qui est dangereux, ce n'est pas l'agglomération de phtisiques soumis à une discipline rigoureuse, c'est le phtisique libre^ non dirigé, qui dissémine partout où il porte ses pas les bacilles de ses crachats. Or d'un sanatorium bien tenu il ne doit pas sortir un seul bacille, tous doivent et peuvent être détruits dans l'établissement même.

Les statistiques fournies par les sanatoriums fonctionnant depuis longtemps donnent des renseignements précieux.

A Falkenstèin, pendant dix ans, 225 personnes non tuberculeuses accompagnant des malades,

(1) Journal Officiel de la République française, 18 avril

séjourné au sanatorium; beaucoup y sont leurées pendant six mois, et aucun cas de tagion n'a été observé, .e D^ Trudeau, médecin de TAdirondack Cot- 3 Sanatorium, n'a eu pendant dix ans aucun iloyé de cet établissement atteint de tuber- )se et le D"^ Hanse, attaché à ce même sanaum, a fait des inoculations de poussières jeillies dans les pavillons à des cobayes. Un 1 des cobayes devint tuberculeux et, dans ce , la poussière provenait d'une chambre occu-

par un tuberculeux, qui avait été sévèrement rimandé pour avoir négligé de cracher dans i crachoir.

V Gœrbersdorf, où depuis quarante ans 000 tuberculeux ont été soignés dans trois latoriums, la phtisie pulmonaire des habitants village est en décroissance. Voici du reste la listique du D"" Nahm :

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de tuberculisalion.

et le D'' Nahm fait remarquer que depuis 30 ans la population de ce village a plus que doublé.

Le même auteur a fait des recherches analogues pour le voisinage de Falkenstein; de 1836 à 1876, date de l'ouverture du sanatorium, la mortalité par tuberculose était de 18,9 p. lOOdé* ces et depuis, de 1877 à 1894, elle était tombée à 11,9.

Le sanatorium est donc loin d'être un danger pour le voisinage, ces statistiques le prouvent. Je pense, au contraire, que la proximité du sanatorium, la vue des résultats obtenus et surtout la compréhension par les habitants du voisinage de la nécessité des mesures prises, pourra avoir un effet salutaire sur le développement dans les campagnes des formules hygiéniques, qu'actuellement nous ne pouvons enseigner qu'à un public nécessairement fort restreint.

Mais il est un autre danger, réel celui-là.

Les médecins ont hautement vanté l'influence curative de l'air des forêts, surtout de celles qui couvrent les hautes collines. Immédiatement des personnes, habitant des localités répondant à la situation topographique si vantée, ont envoyé des

ectus offrant aux tuberculeux des chambres hospitalité à prix modiques. Dans certains es, le D"" Panmwitz m'en a signalé deux dans rtz, ces malades, placés dans des établisits non soumis à la discipline, ont contales habitants et créé des foyers de tuber-

)uis quelques mois, j'ai reçu maintes letprovenant de villages salubres et bien ex- ; on me priait d'y envoyer des phtisiques 'ouveraient là, pour un prix modéré, des bres mises par les habitants à leur dispo-

là où est le danger.

sanatorium doit être un établissement ferolicé et toutes les villas construites aux envile l'établissement dans lesquelles le malade pe fatalement à la direction de son méde- 3ut dangereuses, et pour le malade et pour sinage (1). D'ailleurs, le public commence laître ce danger et à l'éviter, car il déserte

*. Brouardel, Prophylaxie de la Tuberculose et 'ium (Annales d'hygiène publique et de médecine 3e série, 1900, l. XLIII, p. 426).

les stations d'hiver ou les stations thermales, dans lesquelles sont reçus des tuberculeux libres, lorsqu'il n'a pas la conviction que toutes les mesures d'asepsie et de désinfection sont rigoureusement observées.

Que le tuberculeux soit riche ou pauvre, le traitement dans un sanatorium^ sauf pour quelques rares exceptions, est une nécessité.

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