MODES DE PROPAGATION DE LA TUBERCULOSE
L'agent de contagion est un bacille.
II. peut rester longtemps enfermé chez le malade, dans un ganglion, dans un os, dans le poumon lui-même ; dans ces conditions, il n'est pas dangereux pour les autres membres de la famille ou pour les personnes qui approchent le malade. : Mais cette claustration n'est que temporaire ; bientôt une ulcération, un abcès se produisent, le tubercule est ouvert et soit avec les crachats, soit avec le pus, il sort du foyer des quantités innombrables de bacilles, qui vont ensemencer les objets avec lesquels le malade est en contact, linges, mouchoirs, tapis, qui deviennent de véritables dépôts de bacilles, et par là des agents actifs de propagation.
Non seulement les personnes qui partagent le domicile du malade sont en continuel danger, mais lorsque celui-ci sort, il dissémine des cra-
Brouardel. — Tuberculose. 2
chats virulents sur le sol, dans les publiques, sur le plancher de l'atelier, dans tons les lieux où il se rend pour son travail ou son plaisir; partout où il passe, il répand les germes de la tuberculose qui vont infecter quantité d'individus.
L'état de la question a été bien mis au point par M. Granclier, dans son rapport à l'Académie de médecine (1) ; il la résume en ces termes :
« Depuis la découverte deKocb, il n'est pas de trait essentiel de la biologie du bacille tuberculeux qui ne nous soit familier, tant on a multiplié, répété, contrôlé de toutes parts les mêmes expériences relatives à sa vitalité et à sa résî»lance aux agents physiques et chimiques.
« L'accord est fait dans tous les esprits sur les points importants. Par exemple, il est démontré que l'air expiré ne contient pas le bacille et qu'il en est de même des produits de sécrétion physiologique. Seuls, les crachats ou les suppurations bacillifères sont dangereux, cl encore faul-il que
(1) Grancher, Rapport sur ta prophi/laj^ie de la /u6ef>culoie, lu au nom de lacommmion de l'Académie de médecine, 3, ât, 31 mai, 7, U, 21 juiu 1898.
MOnES DE l'HOPAGATlOX UK LA TUBERCULOSE 19
ces liquides desséchés Jlottent dans l'atmospLère à l'étal poussiéreux. II est démontré aussi que ces crachats desséchés ou ces poussières séjournant sur les parois de la chambre du phtisique, sur lesmeubJes, leplancher,y gardent longtemps leur virulence, pendant des mois et même des années. Il est démontré, au contraire que la lumière solaire détruit 1res vite, en quelques heures, le bacille de Koch, et la lumière diffuse aussi, quoique moins rapidement. Il est encore démontré que nous contractons la tuberculose surtout par les voies respiratoires, mais aussi, beaucoup plus rarement, par le lait, et peut-être parla viande d'animaux tuberculeux; d'où deux voies de pénétration principales : le poumon et l'intestin.
n Enfin, nous savons qu'il existe une tuberculose fermée, très fréquente, ganglionnaire, osseuse et même viscérale, mais dont les bacilles sont prisonniers dans les tissus et, partant, inoffensifs; d'où cette conséquence que ces tuberculoses n'offrent aucun danger de contagion. Nous savons, au contraire, que le tuberculeux qui crache ou suppure ses bacilles est dangereux,
et qu'il faut nous protéger contre lui. La tuberculose ouverte, voilà l'ennemi qu'il faut combattre incessamment.
« Les points d'attaque et de défense sont donc bien précis l'un et l'autre. »