‹ La lutte contre le sweating-systemChapitre 11 sur 74 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le sort de l’ouvrier sweated

Le sweating-system, c’est « l’ensemble des mau vaises conditions de travail faites aux ouvriers à domicile dans les industries dominées par la fabrique collective » a écrit M. Cotelle (1). Mie Béatrice Potter (MTS Sydney Webb) les ramène à trois : « des salaires exceptionnellement bas, une durée excessive du travail et des ateliers insalubres. » (2)

Lamentable cortège de malheurs ayant inspiré à Mme H.-J. Brunhes des plaintes désolées. « Voilà la situation qui est née du régime capitaliste : à l’anonymat du capital répond l'anonymat du travail. Nous vivons comme anonymes entre anonymes.

Ni nos fournisseurs, ni leurs ouvriers, ni leurs employés ne nous connaissent vraiment ; et nous non plus nous ne les connaissons point... Il n’y a que les régimes antiques de l'esclavage qui puissent entrer

(1) Cotelle. Le Sweating-System, p. 21.

(2) Beatrice Potter : Comment en finir avec le Sweating-System. Revue d'Economie politique, novembre 1893 (rapport au Congrès coapératif de Rochdæle.), p. 963.

en comparaison avec les régimes industriels du XIXe et du XX: siècle, au point de vue de ces relations anonymes entre les hommes. » (1)

Le voile de cet anonymal est si opaque, que sur les yeux de beaucoup il devient un impénétrable bandeau. Il importe donc, une fois de plus, de synthétiser en quelques pages rapides les méfaits de ce « Janus à deux faces », (2) mais qui, toujours, « aboutit tôt ou tard et plus ou moins, au sweatingsystem. » (3) Nous tenterons de lé faire en suivant l’'énumération « des abus dont souffre aujourd’hui l’industrie à domicile » telle que l’a donnée le Dr Beck dans son rapport au congrès du travail à domicile, tenu à Zurich les 7 et 8 août 1909 et qui a réuni 398 congressistes.

Les vices du système sont d’après lui : « a) les salaires totalement insuffisants ; b) le truck-system, le sweating-system et le travail aux pièces sans contrôle ; c) le préjudice causé aux ouvriers de l’industrie à domicile par les « facteurs » où intermédiaires et les retenues sur le salaire ; d) la durée illimitée de la journée de travail, le travail de nuit et celui du dimanche ; e) l'emploi des enfants mineurs; f) la nourriture insuffisante et la misère des logements ; g) les dangers que court la santé des ouvriers

(1) Mme H. J. Brunhes : La Ligue Sociale d'acheteurs. Rapport à la Section Française pour la protection légale des travailleurs. (Cf. La protection légale des travailleurs 1904, p. 135).

(2) Ibid. p. 137. Ë

(3) Ibid. p. 137.

à domicile et du public qui consomme les produits de cette industrie à domicile. » (1)

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