‹ La lutte contre le sweating-systemChapitre 17 sur 74 · AUDE · texte numérisé non relu

AUDE

Combien triste doit être la prière de Ia femme veuve ou abandonnée, ou de la malheureuse vieille fille, qui ont promis à leur conscience de rester honnèûtes, eL pour tenir leur parole n’ont la possibilité ni de subir une heure de chômage, ni d’avoir un jour de maladie! Suppliante, leur voix monte du fond de leur cœur oppressé, réclamant leur pain quotidien de Celui qui vêtit les lys des champs et assure aux petits des oiseaux leur pâture.

Difficilement on saurait comprendre ce que le geste sacré de ces femmes est représentatif d’héroïsme. Il est rendu possible, uniquement par des convictions et une énergie surhumaines, qui ne seront jamais le lot d’un grand nombre, même de celles qu'illumine le rayon sacré d’un idéal religieux. Et tel est, peut-être, le plus déterminant des motifs qui amène à tenter quelque effort pour sauver le travail à domicile.

On sent qu’on se trouve en présence de parias.

La visite par série des logements occupés par eux ne modifie pas cette impression.

Les simples notes mises dans les colonnes : «logement et maison » de l'enquête officielle sur le travail à domicile dans l’industrie de la lingerie, sont très impressionnantes. Quand on les parcourt à la suite, on éprouve une impression identique d’affreuse misère. « Partout ce sont les mêmes Laudis infectés (1).» « Presque toujours l’euquêle mentionne que l’ouvrière travaille

(x) Raoul Jay : Le travail à bon marché : Démocratie du Sud-Est, 9 juin 1907.

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