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CHAPITRE PREMIER

Faut-il maintenir le travail à domicile ?

On vient de voir l’évolution du travail à domicile, livré sans frein , aux ravages de la libre concurrence.

Une question se pose immédiatement : Une telle organisation du travail doit-elle être conservée ? Ni en fonction des principes économiques, ni aux regards de la morale, ni au point de vue humain, on ne peut défendre une situation, dans laquelle des conditions absolument anormales ont passé à l’état de règle et de loi.

Le problème se précise donc ainsi : ou supprimer le travail à domicile ou en changer du tout au tout les conditions.

Un choix d’autant plus urgent s'impose que le libre jeu de l'offre et de la demande a créé une tendance très nette et facilement constatable au développement

des abus signalés au chapitre précédent. Les difficultés de la vie se font plus pressantes, atteignent chaque jour de nouvelles familles et en jettent les femmes ou jeunes filles à l'affût du moindre travail à domicile. En face des exigences croissantes de la vie, les ressources d’une foule de gens ne s’augmentent pas. La crise agricole de ces années dernières, vient, en particulier, de donner une ampleur inouïe à la grosse question du salaire d'appoint, et comme le dit avec tant de justesse M. Georges Blondel : «il faut se défier des appréciations de certains agrariens, admirateurs enthousiastes de ce qu’ils appellent l'Union fraternelle de l’agriculture et de l’industrie à domicile. Il ne faut pas oublier que le travail industriel dans les campagnes a des répercussions non seulement dans le voisinage, mais même au loin. Les salaires minimes, dont se contentent les fanulles de paysans, contribuent à déprécier le travail de ceux qui ne possèdent ni un épi, ni un brin d’herbe, ni une vache » (1).

L’horizon est donc singulièrement obseurci et la compréhension aisée de ce que réserve — dans l’état actuel — un avenir trop facile à prévoir rend de plus en plus inquiet sur le degré de misère auquel s'arrêtera le swealing-system,

Vie familiale au foyer, mot devenu vide de sens: morale sauvegardée et vie assurée, autant d'illusions

(1) Georges Blondel : Le travail à domicile. Réforme sociale, 17 février 1909, p. 216,

perdues, gaieté d’une joie franche dans un doux confort, mythe ne trouvant plus de croyants; tous les motifs qui militaient en faveur d’un mode de production avili se retournent contre lui avec une sanglante ironie.

Pour chacun, le travail à domicile devient un chancre hideux, semblable à la gangrène qui s'étend un peu partout sur le corps de ce malade anéanti, placé par Grunewald dans sa tentation de Saint-Antoine du musée de Colmar, si merveilleusement décrite par Huysmans (1).

Comme l'écrivain réaliste y découvre € l'hosonna de la gangrène, le chant triomphal des caries » (2), il est juste de voir dans le travail à domicile tel qu'il est aujourd’hui pratiqué « une espèce de plaie honteuse qui mine secrètement la classe ouvrière » (3).

Elle en est atteinte toute entière, et on comprend le secrétaire de l’Union des ouvriers tailleurs d’Amérique, affirmant à M. Levasseur en 1891 : « Avec le travail à domicile qui prévaut chez les tailleurs, notre syndicat ne peut exercer qu’une faible action sur cette matière » (4).

Les conséquences funestes du travail à domicile pour le travail en usine ou en atelier ont été vivement

(1) Huysmans : Trois églises et frois primitifs p. 186 et suivantes. - (2) Ibid. p. 187.

(3) André Spire : Le swcating-system. Pages libres, 20 juin 1903, P- 533-

(4) Levasseur : Le sweating-system aux Etats-Unis, Revue d'Economie politique, septembre-novembre 1890, p. 728.

senties par tous les ouvriers organisés, «Ce qui à influencé le trad-unionisme, écrit M. Barraut, est beaucoup plus la conviction que la pratique du travail à domicile avait un effet désastreux sur les salaires » (1).

Ils considèrent, en conséquence, le travail en chambre avec une animosité non dissimulée. [ls lui reprochent en outre « d’entraver leur organisation, d’éluder les garanties de la législation sur le travail, de prolonger la durée du travail quotidien, et lorsque les affaires vont bien d'augmenter sans scrupule le nombre des bras occupés, ce qui a pour effet dès que la saison touche à sa fin, d'augmenter l'offre de bras qui se pressent pour obtenir du travail, et de faire baisser alors les salaires jusqu'au niveau des plus indigents el des plus nécessiteux » (2).

Et voici les conséquences dont ils sont eux-mêmes victimes : « La facilité d'étendre la fabrique collective empêche les ouvriers de réclamer une augmentation de salaires qui soit en rapport avec la marche des affaires, lorsque la saison est bonne, tandis qu’en cas de crise, la concurrence des ouvriers privés de travail rabaisse les salaires au niveau des moins exigeants parmi les inoccupés » (3).

Aussi les syndicats ouvriers réclament-ils fréquemment l'interdiction pure et simple du travail à domi-

(1) Barraut : La réglementation du travail à domicile en Angleterre, p- 193. ;

(2) Swiedland: La répression du travail en chambre. Revue d'Economie politique, juin 1897, p. 579.

(3) Ibid., p. 580,

cile. M. Louis Bertrand l’a constaté pour la Belgique (1). On connaît les manifestations de Berlin en 1896, et la grande grève qui eut son écho au parlement; les défilés si curieux de 1891 qui durèrent trois mois à Londres; et le vote très net du Congrès des syndicats allemands à Stuttgard, où il fut déclaré « qu’il n’y a de remède à ces maux que dans l’absolue interdiction du travail à domicile » (2).

Cette manière de voir est devenue à peu près générale chez les syndicats ouvriers. Pour arriver au but ils ont, un peu partout, réclamé la création d'ateliers pour l'exécution des travaux précédemment exécutés à domicile. En ce sens on peut relever le vote du Conorès des tailleurs d'Erfurt de 1888, les exigences des délégués des syndicats suisses, réunis à Berne en 1889, et la même année celles du syndicat des bottiers et cordonniers de Londres, la décision du Congrès professionnel des tailleurs belges, assemblés à Liège en 1895, la réclamation de la seconde conférence internationale des tailleurs à Londres en 1896, les mises à l'index, en 1907, par la chambre syndicale des tailleurs parisiens d’un certain nombre d'établissements ayant recours au travail à domicile.

On sait le peu de résultats des ateliers créés à Mayence et dans les villes suisses où ils furent organisés par l'initiative privée ou par l'administration.

(x) Louis Bertrand: Les industries à domicile. Le Peuple, Bruxelles, 27 novembre 1899.

(2) Otto Hirsch : Le quatrième congrès des syndicats allemands, Mouvement socialiste, 1° septembre 1902, p. 156.

Mais l'unanimité de ces réclamations, auxquelles vintse joindre, en Autriche, provoquée par des groupements analogues, la proposition de loi du prince de Liechtenstein tendant à la suppression du travail en chambre, ne laisse pas d’être assez impressionnante.

Le plus curieux est de constater une orientation analogue dans le monde des petits patrons. Ils «considérent la fabrique collective comme la cause de leur ruine, et l’on ne peut s'empêcher de reconnaitre que c’est vraiment le cas pour une foule d'industries, telles que la menuiserie, la fabrication des instruments à cordes et à vent, celle des éventails, des joujoux, des pelleteries, de la chaussure et des vêtements » (1).

Il y aurait toute une histoire à écrire des oppositions qu'ils ont faites au développement du travail à domicile. Les agitations récentes des bonnetiers de l'Aube sont très suggestives (2). Elles se bornent, d’ailleurs, à renouveler la défense faite à ses membres, par la corporation des maîtres bonnetiers autrichiens, en 1792, d'établir des métiers «hors de chez eux » (3), celle de la corporation des cordonniers Brünn, en Moravie, adoptée en 1883 (4), et celle des pochetiers de Vienne en 1896. Celle dernière décision est d’autant plus

(1) Schwiedland : La répression du travailen chambre. Revue d'Economie politique, juin 1897, p. 573.

(2) Cf. J. Cavaillé : Faut-il réglementer le travail des ateliers de famille ? Revue politique et parlementaire, 10 septembre 1905, p. 487.

(3) Schwiedland : La répression du travail en chambre. Revue d’Economie politique, juin 1897. p. 574.

(4) Ibid., p. 575.

curieuse qu’elle a été prise après une réunion composée mi-partie d'ouvriers et de petits patrons (1).

On y découvre la preuve d’une revanche inattendue du travail à domicile, dont les excès aboutissent à priver de leur gagne-pain, les membres de ces classes moyennes, qui semblent aujourd'hui — un peu tardivement — vouloir revendiquer leur droit à la vie.

La plupart des socialistes français sont partisans de la suppression du travail à domicile. M. Fagnot, de son Côlé, l’avouait également : « J’en suis arrivé à souhaiter la disparition du travail à domicile le plus vile possible, car les travailleurs de l’usine sont moins malheureux » (2).

Comparaison d’une vérité évidente mais qui ne résout pas la question. Aucun député français, même socialiste, n’a d’ailleurs jusqu'ici pris sur lui de déposer une proposition ayant pour but l'interdiction du travail à domicile. La doctrine du parti socialiste semble être exprimée dans la proposition signée de 51 députés du groupe, déposée le 11 juin 1907, et qui se borne à réclamer «un minimum d’existence » pour le salaire du travail à domicile aussi bien qu’aggloméré (3).

C’est qu'en effet la suppression pure et simple de la fabrique collective se heurte à bien des impossibili-

)IDId ED, 575.

(2) Fagnot : La réglementation du travail en chambre. La protection légale des travailleurs, 1904, p. 272.

(3) Cf. Officiel : Documents parlementaires, Chambre, année 1907, p. 848-840.

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tés. « On ne le peut sans toucher à de légitimes intérêts et sans attenter gravement à la liberté humaine » (1).

M. E. Allix en expose avec clarté, la raison fondamentale « d'ordre démographique » : « l’existence de groupes de population que la fabrique ne peut pas absorber, groupes que l’on retrouve dans des milieux très différents, dans les très grandes villes et dans les très petites campagnes et que constituent deux causes très dissemblables; d'une part l’agglomération des centres urbains, et d’autre part la dispersion rurale. L’engorgement des grandes villes fait qu’une foule d'individus reste forcément en dehors des fabriques locales, qu’une abondante population féminine, notamment, ne trouve pas à s’y employer et que toute cette masse n’a d’autres ressources pour vivre, que de se mettre en quête de travail à exécuter chez elle. Pour ce qui est des districts ruraux éloignés, qui comme les régions des montagnes ou des hauts plateaux, ne sont reliés avec l’intérieur que par un système de communications peu développées, c’est l'absence de fabriques, qui y produit le même résultat. Lorsque l'agriculture ne fournit plus de rendements suffisants, il ne reste d’autre alternative au paysan que d’émigrer vers les centres industriels ou de faire pour le compte des fabricants de ces centres de l’industrie à domicile » (2).

(x) L. de Seilhac : Le travail à domicile. Emancipation, 15 juin 1908, p. 84.

(2) E. Alix : L'industrie à domicile salariée, Annales des sciences politiques, juillet 1904, p. 475-4706,

Il suffit de réf'échir à ces explications pour deviner combien, ici encore, le remède serait pire que le mal. Aussi sûrement qu'avec le travail à domicile, on arriverait par sa suppression radicale à la destruction de toute vie familiale.

Dans la première partie nous avons montré l’enfance sacrifiée par le travail à domicile. Son sort serat-il meilleur, si la mère, après avoir en hâte, déposé son bébé dans une crèche,se voit réduite quand il aura erandi,à le laisser entre les heures de classe, livré à toutes les promiscuités de la rue ou placé sous la tutelle d’une concierge ?

Nous avons connu de nombreux ménages où la femme travaillait à la Raffinerie Say. Ils n'avaient rien à envier au point de vue de la désorganisation, de la saleté, du manque d'hygiène, de l'abandon de l'enfance, aux chambres voisines où se cachaient des ateliers familiaux.

Difficilement la femme qui travaille au dehors reste épouse et mère, elle devient une salariée, c’est-à-dire un être chez lequel la machine et le métier absorbent tout le reste. Le principal passe au rang d’accessoire.

On ne gagnerait donc pas grand chose sur l’état actuel. Pour la campagne, qui fournit toujours un fort appoint d’ouvrières dispersées, la transformation serait lamentable. Trois solutions seraient adoptées par le- monde agricole, toutes aussi funestes.

Ou bien les femmes et jeunes filles renonceraient à manier l'aiguille ou le fuseau, et alors ce serait la gêne et la misère, On a bien parlé du développement

Me

des industries strictement agricoles, mais dans les familles nombreuses elles ne sauraient fournir un élément assez important et des ressources suffisantes.

Dans bien des cas, on verrait se généraliser une habitude, mauvaise à notre sens, mais trop répandue déjà dans les régions mi-industrielles, mi-agricoles : la division des enfants de cultivateurs, dont les uns restent à la ferme et les autres vont à l’usine. Ces derniers vivant dans un milieu différent de celui d’où 1ls sortent,ne rapportent plus le soir au logis paternel, les mêmes goûts ni les mêmes préoccupations. L'argent moins rare les invite à une dépense plus facile,et bien-

tôt, — comme ils gardent pour eux une partie de leurs gains — ils sont mieux vêtus, se sentent supé-

rieurs à leurs frères et sœurs et c’est la zizanie, la jalousie installée au foyer.

D'un autre côté, les maisons de culturesont souvent éloignées du centre industriel, dans la plaine comme dans la montagne. La fréquentation de l'usine par une partie de leurs habitants apporte donc, en raison des distances à franchir, un appréciable surcroit de fatigue qui n’est pas toujours sans conséquences fâcheuses pour la santé.[l nous souvient, au cours d’exeursions en montagne, d’avoir rencontré de ces pauvres ouvriers, parfois tout jeunes gens, obligés de faire, chaque matin et chaque soir, deux heures de marche par des sentiers étroits et rocailleux. Au moment où ces lignes sont écrites la pluie tombe à torrents et le vent souffleen tourmente. Toutnaturellementnoussongeons à ces centaines d’ouvrières et d'ouvriers vosgiens qui,

à cette heure même, le long des routes, s'avancent trempés, ou péniblement remontent à la chaumière paternelle, dont la fenêtre mal éclairée révèle la distance lointaine. ?

Veut-on généraliser ce système ? Non.

Alors, c’est l'abandon forcé d’une culture qui n’est plus rémunératrice. Depuis trop longtemps on compare l’agriculture à la Vénus de Milo ; va-t-on consentir à lui arracher le cœur et à la décapiter ?

Premiers dangers à redouter de la suppression du travail à domicile. Mais, du moins, une telle transformation qui supprimerait ce morcellisme agraire, source d’un rendement supérieur, aurait-elle pour contre-partie une amélioration du sort de ces nouveaux déracinés ?

Hélas, nous ne le croyons pas. Semblables aux malheureux fuyant devant les ravages de l’inondation, cette population, se ruant d’un seul coup vers les centres usiniers, apporterait un trouble considérable à l'organisation économique, provoquerait l'élévation du prix de la vie et la diminution de la valeur de la main-d'œuvre.

Pour beaucoup le chômage s’imposerait, en raison de la productivité plus grande du travail aggloméré, eb surtout, peut-être, de la transformation en labeur régulier du travail accompli aujourd’hui, d’une facon intermittente pour des besoins passagers. Nouvelle cause d’avilissement des salaires, en même temps que raison d’un chômage absolu qui atteindrait au moins un cinquième de la population ouvrière, Et par là

encore apparaît un autre vice du projet, c’est la dissociation complète de la famille, par le fait d’un emploi trouvé dans des localités différentes par le père, la mère et chacun des enfants.

Un dernier motif nous semble devoir être invoqué en faveur du maintien du travail à domicile. Si la fabrique collective était bien comprise et fonctionnait normalement, nous y verrions volontiers la « soupape de sûreté » d’une organisation économique incomplète. Les assurances ouvrières, chômage, maladie, décès n'existent pas. Les secours-accidents sont eux-mêmes très imparfaitement organisés. À l'heure donc, où la femme est particulièrement nécessaire chez elle et au moment où il lui faudrait gagner quelque argent, elle se verrait réduite à la pire misère ou condamnéeàlaisser pour l’usine—-en admettant qu'elle y trouve une place — celui qui achève de mourir sur une couche d’agonie. Le grand avantage que nous voyons au travail à domicile est, précisément ce qui lui nuit le plus quand il n'existe pas d’élément pondérateur : la possibilité d'assurer des moyens d'existence à des gens forcés, par des circonstances momentanées, de rechercher un gagne-pain accidentel.

CIl est donc possible de montrer que l’industrie à domicile salariée a dans sa structure économique actuelle des raisons d’être et de subsister (1) ».

Ses adversaires les plus résolus s’en rendent compte

(1) E. Allix : L'industrie à domicile salariée. Annales des sciences politiques, juillet 1904, p. 474

eux-mêmes. Ils perçoivent les impossibilités pratiques de linterdiction du travail à domicile et surtout Ja difficulté presque absolue de l’assurer efficacement, Parlant du sweating-system le secrétaire du syndicat des bailleurs de Liverpool et son collègue de celui de Manchester affirmaient en 1891 :« Si nous ne pouvons pas abolir tout à fait ce système nous pouvons au moins prévenir son développement » (1).

Au mois de mars 1904 eut lieu à Berlin un congrès spécial pour la protection du travail à domicile, dont la caractéristique « fut la collaboration sincère et loyale entre le parti bourgeois réformiste et le parti ouvrier socialiste. » (2) « La majorité des orateurs comprit que dans les conditions économiques et sociales actuelles une abolition totale, même si la loi l'ordonnait, était Lout à fait impossible » (5).

La conclusion nécessaire est donc celle de Mme Brunhes dans son rapport à la section française de l’association pour la protection légale des travailleurs : «II faut sauver le travail industriel, et il faut sauver en même temps le foyer familial... C’est notre devoir de hâter l’œuvre de salubrité publique, d’en proclamer la nécessité avant que la multiplication des ateliers clandestins rende notre besogne plus difficile encore » (4).

(x) Barraut : La réglementation du travail à domicile èn Angleterre, 55h CA

(2) Bfesciani : L'industrie domestique en Allemagne et le congrès du mois de mars 1904. Réforme sociale, 1°" décembre 1904, p. 827.

(3) Ibid., p. 820.

(4) H.-J. Brunhes : La ligue sociale d'acheteurs. La protection légale des travailleurs, 1904, p. 147:

Universellement on comprend cette obligation, et partout on s'efforce de modifier, en l'améliorant, le sort des ouvriers isolés. Les uns croient à l'effet automatique du transport de la force motrice à domicile, d’autres mettent leur espoir dans les œuvres d’assistance par le travail, ceux-ci rêvent d’une action irrésistible des groupements de consommateurs, ceuxlà ont confiance dans l’organisation coopérative ou le groupement syndical des intéressés.

Avant d'étudier, dans une quatrième partie, l’intervention légale et son rôle, il est intéressant d’examiner de près et de voir ce que peut donner chacun des remèdes proposés pour relever les salaires du travail à domicile, dont, on l’a vu, l'extrême faiblesse constitue le défaut radical du système. Ce sera l’objet des chapitres suivants qui permettront d'apprécier le pouvoir d’action en cette matière : du progrès industriel, de l'effort de l’imtiative privée, et de l’organisation professionnelle, cette dernière devant faire l’objet, vu son importance, de la troisième partie de ce travail.

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