Darras, Hist. de l'Église, Pontificat d'Alexandre III
C'est encore Giraldus Cambrensis qui nous apprend l'existence du concile de Waterford, mais après avoir tout au long cité le diplôme d'Alexandre dans \Hibernia expugfiata, il en nie l'authenticité vers la fin de sa vie dans l'ouvrage intitulé : De instructionc principnm ('). Faut-il ajouter que les termes durs et violents dans lesquels la bulle est conçue, contrastent absolument avec le langage ecclésiastique et surtout avec le caractère d'un Pontife dont Voltaire a dit : « Il ressuscita le droit des peuples et réprima le crime dans les rois... si les hommes sont rentrés dans leurs droits, c'est principalement au Pape Alexandre qu'ils en sont redevables. »
Même confusion et contradictions pour le synode irlandais de 1177, convoqué par le cardinal Vivian. « Il promulgua plusieurs ordonnances aujourd'hui inconnues » disent les Annales du pays. Au contraire, prétend Giraldus, le cardinal y proclama verbalement le droit des monarques anglais et, armé des foudres de Rome, il enjoignit au clergé et au peuple d'Erin de se soumettre à Henri. Quoi, « un commandement verbal sanctionné par l'excommunication ! (^) » s'écrient les canonistcs et les théologiens. Mais voici Roger de Hoveden, autre chroniqueur anglais : au lieu de mentionner le concile, il raconte comment le voyage du cardinal Vivian en Irlande fut entravé par les péripéties de la guerre. Il eût été matériellement impossible aux évêques d'Irlande de parvenir jusqu'à Waterford. Loin d'adhérer aux prétentions du roi, on les voit prendre parti pour l'insurrection des clans ; l'archevêque de Dublin, Laurent O'Toole donne l'exemple de la résistance en marchant lui-même contre les Normands. Il fut remplacé par Jean de Commines. On ne pourrait déduire de ces faits et de ces relations contradictoires que les bulles apocryphes demeurèrent inconnues en Irlande. Car pourquoi se serait-on donné la peine de les fabriquer? D'après le sentiment général des historiens, les princes et le clergé en nièrent l'authenticité, ou bien ils les considérèrent comme surprises à la religion du Pape ; et même dans ce cas, ils protestèrent à bon droit, car aucune des conditions imposées par le pape à l'acte de donation ne fut remplie. Au lieu de corriger les mœurs et