I. Actes de
taires catholiques. L'exil et la confiscation partielle frappèrent ceux qui possédaient une terre dépassant la valeur de lO livres sterling (').
Si la besogne des cours martiales fut relativement restreinte c'est que la plupart des insurgés avaient péri durant la guerre. Un auteur anglais, sir William Petty, calcule que les combats, les massacres,les fatigues et la peste détruisirent durant un espace de onze années — de 1641 à 1652 — plus de 500,000 Irlandais (''). Et cependant ils étaient encore dans la proportion de huit catholiques contre un protestant, ce qui fit dire à un pamphlétaire anglais : « Coupez un Irlandais en quatre et vous aurez quatre Irlandais vivants ». Il aurait pu ajouter avec l'Église : Sa7iguis niartyriun, seinen cJiristianonim.
Là où fauchait la mort.Dieu récoltait et la revanche germait. Quand les Cromwelliens supplicièrent affreusement, en 1652, Richard O'Connell, évêque du Kerry, ils ne se doutaient pas que de son sang naîtrait le libérateur de l'Irlande catholique.
L'assassinat en détail d'une population étant au-dessus des forces du bourreau et finissant par rebuter le soldat, on eut recours à la déportation. Il fut enjoint sous peine de mort à 30,000 anciens soldats irlandais de prendre service en Espagne ou en Pologne avec défense de revenir jamais dans les îles britanniques. Malheur à eux s'ils sont mariés ! Au moins le proscrit, le galérien, l'esclave chrétien des États barbaresqucs ne craignent point de laisser derrière eux une famille ; la loi ou le sort qui les frappe n'atteint pas leur femme et leurs enfants. Ils restent en communion avec eux et se consolent à la pensée de les revoir. Cromwell, implacable, brise les liens de la famille, broie les cœurs, détruit les foyers, jette au vent leurs lambeaux et leurs cendres ; femmes et enfants sont embarqués pour les Indes occidentales, et vendus comme esclaves aux colons de la Jamaïque {^).
Il semble que l'Angleterre n'ait plus une infamie à commettre en Irlande.
La déportation, aggravée de la traite, ne suffit pas ; on ne pouvait exiler tous les habitants d'un pays. Cromwell alors,