I. Actes 17 et 18 en 1667. — 2. Lingard, xiii
aliénèrent le parlement, et l'aristocratie protestante conspira pour offrir la couronne à Guillaume d'Orange, stadhouder de Hollande et gendre de Jacques II. Le descendant du Taciturne ne se fit point prier. Il tenait de sa race l'ambition d'abord, la ténacité froide et d'éminentes qualités guerrières.
Le roi, voyant ses sujets l'abandonner, voulut s'appuyer sur l'Irlande. Il y avait nommé lord lieutenant, Talbot, comte de Tyrconnell, d'origine anglo-normande et frère du dernier archevêque catholique de Dublin. Ce Talbot était un homme violent, téméraire, d'humeur versatile, mais chevaleresque et capable de grandes idées. Enfant, il avait échappé au massacre de Drogheda, et il conservait de cet affreux souvenir, une haine implacable contre les protestants. A première vue, il comprit quel levier il avait sous la main; autour de lui 60,000 catholiques prêts à prendre les armes, et la France, la fille aînée de l'Église, à une journée de ses côtes. Le premier il conçut le projet, — repoussé par Louis XIV, — d'arracher l'Irlande à l'Angleterre et d'en faire un royaume indépendant sous le protectorat des Bourbons. Le marquis de Seigneley fut chargé d'un mémoire où Talbot traitait longuement cette question, grosse de conséquences.
Cependant Jacques II, renversé du trône, se sauvait à la cour de Versailles tandis que Guillaume d'Orange entrait à Londres comme un roi vainqueur dans sa capitale, au milieu de l'allégresse publique. En Irlande, Talbot, déployant une activité et une énergie de toutes les heures, marchait hardiment vers son but ; il éliminait de l'armée d'occupation tous les protestants, depuis l'officier jusqu'au soldat, ordonnait le désarmement général des colons anglais appartenant à la religion réformée et appelait les catholiques aux armes, pour leurs autels et leurs foyers. Ce fut une explosion ; encore toute saignante de ses plaies, Erin se leva, ivre d'enthousiasme et de vengeance. Des montagnes et du fond des bois accoururent des bandes de rapparees ('); bientôt l'armée compta près de 100,000 hommes, mais la plupart déguenillés, armés de piques, de couteaux, de vieux mousquets, et surtout affamés.