I. De là viennent les noms irlandais des pays méridionaux
La lutte de l'Irlande. lo
« Jusqu'ici, dit Beaumont, la violence n'avait amené que des rébellions... Cette fois on veut persécuter sans révolter. Une loi existait depuis la réformation qui interdisait absolument le culte catholique. — Six mois d'emprisonnement ; en cas de récidive, un an ; et pour la troisième fois, détention perpétuelle contre quiconque professe un autre culte que le culte anglican ('). On n'abolit pas cette loi, mais on en suspend l'application. Une autre loi de la même époque prescrivait sous de certaines peines la pratique de la religion protestante. On laisse aussi subsister cette loi que cependant on cesse d'exécuter (^). ^
Comment résumer cette nouvelle législation ? Ce n'est plus la guerre ouverte, c'est l'enlacement silencieux du serpent resserrant ses nœuds en raison de la résistance des victimes. On exclut les papistes du Parlement, de la magistrature, de l'armée, de la marine, des exercices publics, du barreau, des jurys {^). Ils ne sont ni électeurs, ni éligibles (*). Pour eux, pas de droits politiques. Seule, la profession de médecin leur reste permise.
L'avarice ou la prudence des spoliateurs leur accordera bien un morceau de pain mais on leur refusera le pain de l'intelligence. Puisqu'on ne peut exterminer cette race papiste il faut l'avilir ! Qu'elle produise des esclaves, jamais de citoyens ! Tel est l'esprit de la loi.
Défense à tout catholique d'ouvrir une école, défense au père d'instruire ses enfants. Tous les instituteurs catholiques sont bannis du royaume. Peine de mort s'ils reviennent (^).
Il eût été facile aux riches d'éluder cette prescription en envoyant leurs enfants hors du royaume pour faire leurs études ; mais les magistrats recevaient ordre de visiter fréquemment les maisons des papistes. Si, à la première réquisition, le père ne pouvait présenter tous ses enfants, par ce
!• (ï55S) Gaèôet's Digest. 5 et 6. Edward VI.
2. De Beaumont, t. i, Partie historique, Ch. 11, Lois pénales.