‹ La lutte de l'IrlandeChapitre 42 sur 90 · Études sur flrlande. L. II, p · texte numérisé non relu

Études sur flrlande. L. II, p

4. Beaumont, L'Irlande, t. i. II« partie, note de la page 239.

siècle ('), il est tenancier at ivill, à volonté, à la merci de son propriétaire. Tous les six mois, sur notification préalable, il peut être expulsé.

Il le sera si la récolte mauvaise ou la maladie l'empêchent de payer à terme. Un middleman est homme d'affaires avant tout, et le landlord attend ses revenus. L'un et l'autre n'ont en vue qu'un objet : affermer la terre au plus haut prix, trafiquer des sueurs de l'homme. Le tenancier a-t-il l'air de prospérer ? A-t-il acheté un porc, blanchi son taudis à la chaux, planté un arbre fruitier, habillé ses enfants, fait un champ d'un bout de lande stérile ou d'un marécage ? Aussitôt la rente s'élève ; en trois ans elle va du double au triple (^). Il est même d'usage de l'augmenter tous les six mois. Placé entre l'éviction, c'est-à-dire le vagabondage par les routes, sans pain, sans abri, par la pluie et les nuits froides, et une hausse exagérée de son fermage, le tenancier n'hésite jamais. Il ne pourra satisfaire à ses engagements, il le sait, mais au moins sa vie et celle de ses enfants sont assurées pendant la moitié d'une année. Swift a raison de dire qu'en Irlande, les rentes sont exprimées de la substance et du sang du peuple (3). Quelquefois le paysan cultive une étendue de terre trop petite, ou trop maigre, pour en retirer le prix d'un loyer. Il met alors ses bras au service du propriétaire et le paie au moyen de son travail. Mais c'est le landlord qui fixe le prix de la journée, arbitrairement ('') ; et il n'a pas honte, lui, le riche, le gentilhomme, de duper le pauvre (5).

Entre le propriétaire et celui qui cultive sa terre il n'y a

1. Un statut de 1695 avait déclaré tenures at will, c'est-à-dire essentiellement précaires, toutes les tenures dont les conditions n'étaient pas constatées par écrit.

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