de Pressensé, Ibid
parti : au nom de la justice, au nom du vieil honneur britannique, Gladstone demande la révision du procès, la rupture «de la plus ignoble transaction qu'il connaisse dans l'histoire (') ». Sans être contredit, il a pu écrire : « le mot honneur cesse d'avoir un sens réel en politique, si on l'applique àCastlereagh et à Pitt... L'Union telle qu'elle a été votée est un crime de la plus profonde noirceur — un crime qui, en imposant avec toutes les circonstances accessoires de l'infamie, un nouveau gouvernement à un peuple qui n'en voulait pas \ et qui protestait, a vicié tout le cours de l'opinion publique en Irlande. »
Voilà pourquoi l'île-sœur.depuis bientôt un siècle,fait effort sur sa chaîne. Les Home-Rulers ont pris la succession des Repeelers. Qu'est leur programme si ce n'est la revendication légitime d'un peuple dont les droits furent extorqués par ses propres législateurs vendus à l'ennemi, l'appel d'un plaignant volé par ses juges devenus brigands?
« Élus seulement pour huit ans, les députés du parlement n'ont pas eu le droit de disposer de leur pays pour toujours », a dit O'Connell ...« l'Union ne fut ni un traité, ni un pacte ; elle a été emportée par la violence, la fraude et la corruption. »
Et Byron l'a caractérisée en pleine chambre des lords dans cette saisissante image : « C'est l'Union du requin avec sa proie ! »
Au lendemain du vote fatal, sur l'ordre du gouvernement, les cloches de la cathédrale de St-Patrick sonnèrent à toute volée pour fêter « la dégradation de l'Irlande », Les cœurs vraiment irlandais bondirent. «J'étais comme un fou », a dit plus tard O'Connel, mon sang bouillonna dans ses veines, et je fis le serment ce matin-là, que le déshonneur ne durerait pas s'il dépendait de moi d'y mettre un terme. »
L'Irlande « sanglante fiancée, jetée de force dans les bras de son ennemi », envoya dès lors ses représentants au parlement britannique, mais là se dressait devant eux une majorité imbue des vieux préjugés contre «l'Irrois». Dès la première séance où il ouvrit son enceinte aux députés de l'île sœur, ce