‹ La lutte de l'IrlandeChapitre 50 sur 90 · I. O' Connell, sa vie, son œuvre. Appendice, Nemours Godré · texte numérisé non relu

I. O' Connell, sa vie, son œuvre. Appendice, Nemours Godré

6 heures et se couche invariablement à lo heures. Durant quarante ans, il mena cette existence ; sa nature robuste se reposait des labeurs de l'intelligence par les fatigues du corps. « Chasseur intrépide et grand marcheur, écrit son fils, il attendait le jour à l'affût dans la bruyère humide et rosée, retenant ses chiens impatients, et faisant lever sur son passage les alouettes moins matinales que lui. »

Le sentiment du devoir accompli et du temps bien employé ne laissait dans son âme aucun vide. Il en résultait une joie profonde, la joie des cœurs vaillants.

En ce moment sonnait pour Napoléon, l'heure expiatrice de 1812. Chacune de ses défaites semblait éloigner la France de l'Irlande, et fortifier l'Angleterre dans ses mesures coërcitives envers l'île sœur. Les catholiques n'ayant à compter que sur eux-mêmes et sur leurs alliés les protestants libéraux, serraient les rangs ; leurs coreligionnaires d'Angleterre, réveillés par une agitation qui déjà fixait l'attention du continent, installèrent eux aussi à Londres, un comité d'action. Mais combien ils étaient loin de la généreuse intransigeance de leurs frères de race celte !

Le vicaire apostolique de Londres, le célèbre docteur Millner, avait publié un mémoire où il combattait toute intervention de l'État dans la nomination des évêques, tout contrôle quelconque qui pût porter atteinte aux prérogatives du Saint-Siège. Comme le gouvernement faisait du veto la condition sine qiia non, de l'émancipation partielle proposée aux catholiques, repousser le veto — et la discipline de l'Église le rendait inacceptable — c'était repousser l'émancipation.

Dans les nations où règne l'erreur, l'éclat de la vérité paraît parfois offusquant, à cause du contraste. Le comité catholique anglais, désavoua le courageux prélat et l'exclut de son sein. Aussitôt Daniel O' Connell rassemble un meeting de protestation, et une adresse de sympathie et d'admiration est envoyée à Millner.

Malheureusement, en 18 14 la nouvelle se répandit que les prélats chargés de gouverner l'Église pendant la captivité du Pape, avaient consenti au veto et approuvé le bill du gou-

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