‹ La lutte de l'IrlandeChapitre 52 sur 90 · I. de Pressensé, L Irl. et l'Angl. dep. l'Un., p · texte numérisé non relu

I. de Pressensé, L Irl. et l'Angl. dep. l'Un., p

vivaient de la charité publique. Et comme le désespoir les poussait à la révolte et au crime, le gouvernement les écrasa sous les mesures draconiennes de l'état de siège. Tel est le secours que recevaient les paysans dans leur détresse, telle est la manière dont on rendait la loi odieuse aux Irlandais. Pourtant, après Waterloo, l'Angleterre eût pu montrer quelque magnanimité envers le peuple qui fournissait à Wellington ses meilleurs soldats.

Le rejet du veto et par suite l'ajournement indéfini de l'émancipation avaient découragé une fraction notable du parti catholique d'Irlande.

Lord Fingal et ses amis reprochèrent à O'Connell, d'avoir paralysé leurs efforts et se séparèrent de lui. L'argent fit défaut ; le tribun dut payer lui-même les frais de location de la salle des meetings. Il se consolait en répétant: « Les difficultés s'évanouissent devant l'énergie persévérante » ; et, à la cour d'assises comme dans les réunions privées, il continua son rôle d'agitateur. Qu'il défende un client ou qu'il porte un toast dans un banquet, sa parole incarne « toutes les tristesses, toutes les indignations, toutes les aspirations de l'Irlande. Ses ennemis ne s'y trompent pas non plus. L'avocat papiste devient à leurs yeux un véritable danger pour l'avenir du régime de suprématie. Son éloquence réveille au loin d'inquiétants échos. Elle est d'ailleurs protégée dans une large mesure par les libertés du barreau. L'étouffer serait impossible. Lutter contre elle n'est pas aisé. Et pourtant, qui l'empêcherait de retentir ainsi d'une alarmante façon et d'un bout à l'autre de l'Irlande, sauverait la domination orangiste du plus grave péril qu'elle eût couru depuis l'acte d'Union. Le péril si redouté des partisans de la suprématie orangiste faillit être supprimé (') ».

Un jour qu'O'Connell avait traité la municipalité de Dublin de corporation mendiante, l'un des membres de ce conseil, ancien officier de marine, lui demanda des explications.

Personnellement, cet honorable gentleman ne ressentait aucune animosité contre O'Connell; il avait même pris le parti des catholiques dans la séance du conseil, mais ses co.l-

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