Gavan Duffy, Hist. d'Irlande
4. Capo de Feuillide, l'Irlande. Chavanne et HuiUard, l'Irlande, p. 387.
VOUS contraignait d'envoyer vos fils au collège catholique de Maynooth sous peine de voir vos propriétés confisquées?» En 1860, des notices d'éviction seront envoyées à plus de soixante fannilles, parce qu'elles refuseront d'envoyer leurs enfants à l'école hérétique érigée par lord Plunkett (').
Mais Paddy vote pour O'Connell, ses enfants ne vont pas à l'école du révérend ministre : le propriétaire envoie son compte, suivi de la notice fatale, notice to qiiit. Vaches, oies, chèvres, cochon, instruments de culture, casseroles, couvertures de lit.provisions, tout est vendu. Que Paddy aille se faire pendreoumourir de faim avec sa famille.Lui et les s.iensn'emporteront que les vêtements qu'ils ont sur le corps.Car le propriétaire ne doit aucune indemnité au fermier sortant,en vertu du principe de droit anglo-normand : «tout ce qui est annexé au sol par le tenancier où par toute autre personne appartient au landlord(-) ». — Mais c'est moi qui ai bâti ces étables, cette grange, cette maison « avec des pierres, de la chaux et des ardoises apportées à grand'peine à travers les lacs et les montagnes » ; grâce à moi, la cabane d'autrefois est transformée en cottage, et mon vieux père y est mort, mes enfants y sont nés ; j'ai planté ces haies, créé ce verger, creusé ces canaux d'irrigation ; tout cela vaut aujourd'hui 20,000 fr.(^). « N'importe! cette maison et ce qui l'entoure n'est plus à toi, il faut en sortir », c'est la voix du shériff qui se fait entendre. Requis par le landlord, escorté de constables et de soldats, quelquefois appuyé d'une pièce de canon pour tenir en respect tout le village indigné, il fait enfoncer les portes de la ferme, et jeter sur la route une famille réduite à la menJ icité pour avoir fait une libéralité de 800 livres à son propriétaire. Ce droit à l'escroquerie, ce «vol se couvrant du manteau de la loi (■') »,qui met les magistrats dans l'obligation iVadininistrer Vinjustice (5) a été d'un usage général jusqu'en 1860.