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G!)apitre quator3ième.
La question irlandaise.
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Le fond de la question agraire. — La confiscation et les traditions nationales. — Origine du conflit. — Solution équivoque. — Solution exigée par la Land League. — Les remboursements par annuités. — • Restitution. — Solution par le Home-Rule. — Union des parnellistes et des libéraux. — Une majorité irlandaise au Parlement. — ■ L'aurore du jour de salut. — Une séance mémorable. — Le plan libérateur de Gladstone. — Les fureurs de l'opposition. — Division des libéraux. — Rejet du Home-Rule. — Le Rappel d'O'Connell et le Home-Riile. — Dissolution du Parlement. — <( La honte de l'Angleterre. » — Un glorieux vaincu.— Les Irlandais d'Amérique. — • Crise agricole. — Troubles en Ulster. — Le Plan de campagne. — Lord Salisbury. — Ecrasement des résistances en Irlande. — L'état de siège. — Sir Balfour. — Parnell et le Times. — L'emprisonnement des députés Irlandais. — L'Irlande après les lois agraires, d'après un témoin oculaire. — Intervention du Pape. — Enquête de Mgr Persico. — Condamnation du boycottage et àvLplan de campagne. — La parole de Léon XIII. — Action providentielle du Pape en Irlande. — Sept siècles de lutte.
VANT d'aller plus loin, nous poserons, une fois pour toutes, la question agraire. Sans elle, il n'y aurait pas de question irlandaise, car il faut toujours se rappeler que l'Irlande n'est pas seulement un pays opprimé, mais un pays confisqué.
Vastes domaines et petites exploitations, telle est, nous l'avons vu, l'Irlande agricole. Il ne s'y trouve pas un propriétaire sur trois cents et quelquefois sur mille habitants. En France et en Belgique, grâce au code Napoléon, on a l'excès contraire .• un propriétaire par cinq ou six habitants.
La terre d'Irlande a une superficie de 8,410,255 hectares, et elle compte vingt-six mille propriétaires parmi lesquels près de 2000 landlords ABSENTS détiennent à eux seuls
les deux tiers de l'île ('). 300,000 familles, c'est-à-dire environ un million et demi d'habitants, vivent sur 600,000 hectares — un acre (^) par personne — et ces 40 ares doivent produire encore de quoi payer le fermage. Or l'expérience démontre qu'en Irlande, l'étendue nécessaire à l'entretien d'une famille est de quinze acres (3). Là où vient à manquer une récolte de pommes de terre, s'abat inévitablement la famine. D'industrie, point. L'Angleterre, nous le savons, l'a étouffée par système. Le peuple des campagnes, refoulé, cantonné, aggloméré sur 1,300,000 hectares laissés au labour proprement dit, n'a pour vivre que la terre ; il la loue à tout prix, ne fût-ce que pour retarder d'un an une émigration forcée. Quand c'est l'égoïsme des propriétaires qui chasse la population, l'émigration au lieu d'être un bienfait, crie vengeance.
Malgré les land acts, peu de fermiers ont acheté leur tenure. Encore cette vente ne profitait qu'au landlord. Le paysan, devenu petit propriétaire avec un bien grevé de charges, restait le débiteur du fisc et s'appauvrissait.
Dès l'année 1882, la crise agricole fit baisser les produits de l'Irlande de 20 à 40 pour cent. Grand nombre de fermiers favorisés d'un bail de quinze ans fixé par la commission agraire, se virent tout à coup sans un shelling à donner au landlord. Ces lois proposées comme remèdes portent donc à faux.
La question agraire a ses racines plus loin que dans la surélévation des rentes, la mauvaise division du sol, et un prétendu excès de population. Elle est sortie des confiscations en masse, elle s'appuie sur le droit traditionnel d'occupant, acquis par le tenancier de race indigène. Écarter ces deux faits historiques, c'est la rendre indéchiffrable, c'est dénaturer le mouvement nationaliste. S'il n'y a aucune différence entre la condition des fermiers irlandais et celle de nos fermiers du continent, il faut conclure logiquement aux tendances communistes de la Ligue agraire. Comment expliquer alors que
1. Rôles officiels de \ Income tax. D'après ces rôles 12,000 landlords touchent 329 millions de revenus dépensés en partie à l'étranger.