‹ La lutte de l'IrlandeChapitre 77 sur 90 · I. Chez Paddy, p. 59. — 2. Chez Paddy, p · texte numérisé non relu

I. Chez Paddy, p. 59. — 2. Chez Paddy, p

Admettons encore la prescripition. — Il n'y a pas que les familles nobles de dépossédées, il y a toute la population catholique. Nous l'avons vu dans le courant de cette histoire — et nous le répétons, car cette situation est le cas spécial de l'Irlande; — la terre appartenait jadis en propriété collective au clan tout entier. Le chef de clan n'en était que l'administrateur et recevait à ce titre un tribut de ses vassaux auxquels l'unissait un lien de parenté. Ce régime s'est modifié dans la suite ; les familles puissantes s'approprient ou reçoivent à titre de récompense de vastes territoires qu'elles transmettent à leurs descendants. Toutefois, la tradition celtique de la copropriété primitive demeure. Sur la terre du chef, chaque famille de colons détient une partie du domaine qu'elle cultive. Entre le paysan et le seigneur, le souvenir d'une origine commune, les dangers de la guerre et les relations de voisinage établissent des attaches que chaque génération resserre et que les lois coutumières consacrent. Pourvu qu'il s'acquitte de ses obligations, le paysan ne peut être expulsé et il léguera à ses enfants les terres que ses ancêtres, membres du clan, ont cultivées avant lui. S'il veut quitter le domaine, il aura la faculté de vendre non pas sa ferme, mais son droit d^ occupant. Il y a ainsi décomposition de la propriété; « le domaine éminent demeure fixé sur la tête du propriétaire ; le domaine utile passe sur la tête du fermier (') ».

L'Angleterre, méconnaissant ces traditions sans pouvoir les extirper, assimila le chef de tribu au seigneur féodal puis, le déclarant rebelle, confisqua ses terres au profit du roi. Or, disent les Irlandais, les spoliateurs protestants furent simplement substitués dans les droits des chefs de clan. Les fermiers seraient donc restés copropriétaires comme ils l'étaient auparavant, obligés sans doute de payer une rente à leurs nouveaux maîtres, mais ayant eux-mêmes des droits sur la terre qu'ils cultivent et à laquelle ils ne peuvent être arrachés. Bien qu'aux yeux de l'Angleterre ils fussent seuls possesseurs du territoire des clans, nombre de landlords concessionnaires laissèrent à leurs vassaux l'illusion de la

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