SOUS-PRÉFECTURE DE BÉZIERS
Béziers, le 29 mai 4863.
Monsieur le maire,
^ Le numéro du journal le Temps, du mercredi 27 mai , insère une lettre qui m'est adressîée par M. Floquet, et contenant des imputations mensongères et injurieuses
aue je défère à la justice. 11 n'insère pas la réponse que j ai faite à M. Floquet.
C'est là une manœuvre électorale aussi déloyale que coupable^ qui ne trompera personne^ et qu'il suffit de signaler pour qu'elle excite un sentiment de réproba* tion générale.
Recevez^ monsieur le maire^ l'assurance de ma considération distinguée.
Le sous'préfet^
Baron Servatius.
Bézier8,le39mai4863.
Monsieur le sous*préfet^
Ma réponse aux imputations de déloyauté successivement dirigées contre moi par le FMicatewr et par des affiches publiques sera catégorique. Elle est dans U Temps d'aujourd'hui^ qui porte votre réponse que vous me reprochez d'avoir confisquée.
Le mardi 26 courant, vers midi, votre lettre datée du 25 m'était remise ; immédiatement et au moment de partir pour une tournée, j'ai prescrit qu'on en expédiât copie à Paris ; et, en effet, cette copie, arrivée à destination le 27 au soir, était insérée, sur ma demande, dans le premier numéro du journal, c'est-àdire dans celui qui, portant la date du 29 mai, paraît, en réalité, le 28.
Entre la publication de ma lettre et l'insertion de votre réponse, il n'y a pas eu une minute d'intervalle de plus qu'entre l'envoi de l'une et la réception de l'autre.
Je vous ai dit, monsieur le sous-préfet, que je ne me laisserais pas aller à la colère; j'en donne une preuve éclatante et douloureuse en répondant aussi froidement à de pareilKs inculpations, dont mon caractère, que
vous devez connaitre, aurait pu m'épargner l'amertume. Mais je ne crois pas exagérer mon droit en vous invitant à rectifier les publications que vous vous êtes trop pressé de lancer.
Recevez, monsieur le sous-préfet, l'assurance de ma considération.