‹ La lutte pour l'existence et l'évolution des sociétésChapitre 27 sur 135 · D'Avencl. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

D'Avencl. Loc. cit., p

De Lasnessan. — La lulle. 7

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DES GOUVERNEMENTS ET DES SOCIÉTÉS

que les seigneurs, constamment en guerre les uns avec les autres, troublent la paix publique et enlèvent toute sécurité aux communications, l'industrie des campagnes reste entièrement distincte de celle des villes. Gbaque seigneur et chaque monastère sont obligés de faire fabriquer sur place tous les objets d'ameublement, les vêtements, les outils agricoles et les armes offensives ou défensives qui leur sont nécessaires. Chaque château seigneurial contient des ateliers de toutes sortes où les hommes, les femmes, les jeunes filles et les enfants eux-mêmes sont tenus de venir travailler quand ils en sont requis1. Il en est de même dans les monastères. D'un autre côté, les serfs fabriquent eux-mêmes la plupart de leurs outils agricoles.

Cependant, à mesure que la paix s'établit dans les compagnes, que les communications deviennent plus faciles et que la civilisation des villes se répand, le travail se différencie : les artisans se distinguent des simples cultivateurs, il se constitue dans les villages les plus importants des ateliers de forgerons, de charpentiers, de menuisiers, de tisserands. D'un autre côté, des boutiquiers de tous genres, artisans et marchands, vont à la ville, se frottent aux corporations, aux bourgeois, aux officiers municipaux et rapportent au village, avec des goûts nouveaux, des idées de liberté que l'on ne

1. L'atelier des femmes était situé près de la maison seigneuriale; il portait le nom de Gynécée. On y filait et tissait le chanvre, le lin, la laine ; on y blanchissait et teignait les étoffes ; on y confectionnait les vêtements, etc. Les femmes du gynécée étaient ordinairement des esclaves ou des serves attachées à la personne, qui ne quittaient pas le château ou le monastère. Parfois aussi c'étaient des femmes du dehors qui venaient y travailler pendant un certain nombre de jours chaque semaine. Il est à peine besoin de dire que les femmes du gynécée étaient à la discrétion du seigneur, de ses amis ou de ses gens d'armes. Les mœurs y étaient si dissolues qu'après avoir condamné à y vivre les religieuses coupables d'avoir enfreint le vœu de chasteté, on supprima cette punition « afin que celle qui s'est livrée à un homme n'ait pas la facilité de se livrer à plusieurs ».

connaissait pas jadis. Les villageois artisans rêvent de s'émanciper comme les habitants des villes, et ils y parviendront sans trop de peine, avant les cultivateurs, à cause du besoin que l'on a de leurs services.

Bientôt il y aura, dans chaque fief, une classe nouvelle de citoyens, embryon du futur tiers-état, s'intitulant bourgeois du seigneur et pleins de dédain pour le bas peuple d'où ils sortent. Plus tard, quand la royauté se sera élevée sur les ruines de la féodalité, ils franchiront un nouvel échelon social, deviendront bourgeois du roi, apprendront les belles lettres et n'auront plus qu'un souci, celui d'être assimilés aux bourgeois des villes et de jouir des libertés concédées aux municipalités des communes i.

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