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INTERDICTION DES ASSOCIATIONS DE PATRONS ET D'OUVRIERS

Cependant il se produisait alors, comme à toutes les époques, des conflits entre les employeurs et les employés, entre les patrons et les ouvriers ; les uns et les autres usaient volontiers de la cessation du travail ou grève comme moyen d'imposer leurs volontés.

On attache aujourd'hui au mot grève un sens tellement précis, qu'il ne convient peut être pas de l'appli-

vera bon ; mais elle sera tenue de se pourvoir auparavant d'une patente, d'en acquitter le prix suivant les taux ci-après déterminés, et de se conformer aux règlements de police qui sont ou qui pourront être faits. Sont exceptés de l'obligation de se pourvoir de patentes : 1° les fonctionnaires publics exerçant des fonctions gratuites, ou salariées par le trésor public, pourvu néanmoins qu'ils n'exercent point d'aulres professions étrangères à leurs fonctions ; 2° les cultivateurs occupés aux exploitations rurales; 3° les personnes qui ne sont pas comprises au rôle de la contribution mobilière pour la taxe des trois journées de travail ; 4» les apprentis, compagnons et ouvriers à gages, travaillant dans les ateliers de fabricants pourvus de patentes ; 5Ù les propriétaires et les cultivateurs pour la vente de leurs bestiaux, denrées et productions, excepté le cas où ils vendraient les boissons de leur cru à pinte et à pot. — Art. 8 : Les vendeurs et vendeuses de fleurs, fruits, légumes, poissons, beurre et œufs, vendant dans les rues, halles et marchés publics, ne seront point tenus de se pourvoir de patentes, pourvu qu'ils n'aient ni boutiques ni échoppes, et qu'ils ne forment aucun autre négoce, à charge par eux de se conformer aux règlements de police ».

En résumé, toutes les professions sont librement ouvertes a tous les citoyens, mais la plupart sont soumises à un droit spécial, désigné sous le nom de patente. Toutefois, il semble que le législateur de 1791 fut encore pénétré de l'idée des privilèges dont jouissaient les commerçants et industriels sous l'ancien régime, car le décret du 2 mars accorde aux patentés le droit de poursuivre tous ceux qui tenteraient de se livrer à un commerce ou aune industrie quelconque, sans être munis d'une patente.

DES GOUVERNEMENTS ET DES SOCIÉTÉS

quer à certains refus d'obéissance et à certaines cessations de travail dont l'histoire ancienne nous a conservé le souvenir. Il nie semble cependant que l'on peut considérer comme une véritable grève l'acte de ces fermiers plébéiens qui, à Rome, l'an 250 av. J.-C, refusaient de se rendre à l'armée si Ton ne remettait pas en liberté ceux d'entre eux que l'on avait emprisonnés pour dettes et si l'on n'empêchait pas de nouvelles incarcérations.

N'était-ce pas une nouvelle grève qui se produisait l'année suivante, lorsque, pour se venger de ce que la parole donnée n'avait pas été tenue, « l'armée tout entière abandonna son chef et ses tentes, et, conduite par les commandants des légions, les tribuns militaires, qui étaient, au moins en grande partie, plébéiens, elle marcha en ordre militaire vers le district de Grustumeria, entre le Tibre et FAnio, où elle occupa une montagne et menaça de fonder en ce lieu, le plus fertile du territoire romain, une nouvelle cilé plébéienne1 », ce qui contraignit le Sénat à céder d'une manière définitive et à donner aux plébéiens des garanties politiques pour l'avenir?

Le travail n'étant fait, dans l'antiquité, que par des esclaves, les grèves des travailleurs revêtaient forcément le caractère d'une véritable révolte. On n'ignore pas que ce fait se produisit, à diverses époques, dans l'empire romain. Il fut particulièrement grave lorsque Spartacus parvint à réunir une véritable armée d'esclaves de toutes sortes, mécontents de leurs maîtres et désireux de secouer le joug de la servitude.

C'est encore une grève compliquée de rébellion et de violences que firent en Gaule, au iue siècle de notre ère (an 255), les paysans auxquels on donna le nom de

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