USURE DÉTERMINÉE PAR LA VIE ET LE TRAVAIL
J'ai à peine besoin de rappeler que tout être subit, par le seul fait de la vie, une usure incessante de son corps qu'il est obligé de réparer par l'alimentation, sous peine de mourir au bout d'un très petit nombre de jours. On sait aussi que cette usure est d'autant plus rapide que le fonctionnement de la vie est plus actif. Un homme qui resterait couché d'un bout à l'autre de l'année, dans une atmosphère maintenue toujours à une température modérée et suffisamment humide, verrait l'usure de ses
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organes descendre au minimum et n'aurait besoin que d'une alimentation très réduite. Au contraire, un homme qui marche, qui pense, qui écrit ou qui travaille de ses bras, subit une usure d'autant plus considérable que son travail est plus intense et plus prolongé.
Les physiologistes apprécient et mesurent les pertes subies par l'organisme, dans ces différentes conditions, à l'aide des produits chimiques éliminés par le corps humain, au moyen de ses principales excrétions, et plus particulièrement par l'urine et la sueur. L'azote et le carbone sont les deux corps simples qui, à ce point de vue, sont les plus intéressants : le premier donne la mesure des substances albuminoïdes détruites dans le corps sous l'influence de l'activité vitale ; le second permet d'apprécier la quantité de toutes les substances hydrocarbonées qui ont également été détruites et qui ont considérées comme jouant le plus grand rôle, par leur oxydation, dans la production delà chaleur humaine, laquelle chaleur est, elle-même, transformée en travail, comme dans toutes nos machines.
Partant de ces premiers principes, les physiologistes ont constaté que la perte subie par un homme adulte, se livrant à un travail modéré d'ouvrier, est, en moyenne et par jour, de 20 à 21 grammes d'azote et de 290 à 310 grammes de carbone, l'un et l'autre sous des états complexes dont il est inutile de parler ici.