DU VÊTEMENT
Du vêtement je ne dirai que peu de chose. Il est inutile d'insister sur les inconvénients qui résultent pour la santé d'un vêtement insuffisamment chaud. C'est surtout pour les enfants que les vêtements ont de l'importance, parce que pendant les dix-huit ou vingt premiers mois de leur vie ils n'ont qu'un sentiment très faible de la température dans laquelle on les tient. Ils peuvent être rendus malades par le froid, en mourir même, sans manifester d'une manière quelconque les effets subis par leur organisme; ce n'est guère qu'après le dix-huitième mois qu'ils sont susceptibles d'indiquer les sensations que leur font éprouver les variations delà température.
Ce fait montre combien sont imprudentes les mères ou nourrices qui, pour se justifier de ne pas couvrir suffisamment leurs enfants, répondent à ceux qui leur en font l'observation : « s'il ne crie pas, c'est qu'il n'a pas froid. » La vérité est qu'il ne crie pas parce qu'il ne sent pas; mais, en fait, les enfants perdent leur calorique beaucoup plus rapidement que les grandes personnes et, par conséquent, subissent plus fortement que celles-ci les influences des abaissements ou des élévations de température.
Les adultes plongés dans le sommeil ressemblent aux
enfants par la facilité avec laquelle ils se refroidissent sans s'en apercevoir. La respiration et la circulation sont, pendant le sommeil, notablement ralenties et il en résulte une diminution notable de la sensibilité. Beaucoup de maladies inflammatoires des bronches, des yeux, de la gorge, et de douleurs rhumatismales sont provoqués par l'influence du froid nocturne sur les gens qui ne se couvrent pas suffisamment pendant le sommeil. Cela est très fréquent parmi les ouvriers et les paysans, qui sont obligés de faire des économies sur les vêtements et sur les couvertures, et qui habitent des logements humides, mal clos, dans lesquels on ne fait du feu que pour cuire les aliments.
Les vieillards, comme les enfants et les adultes endormis sont souvent victimes de l'insuffisance des vêtements et pour le même motif, c'est-à-dire parce que les sensations étant chez eux peu vives, ils subissent, sans pour ainsi dire s'en apercevoir, l'influence du froid.