AU-I>ELA DU SOCIALISME
Comment n'aurions-nous pas conflance quand chaque conflit d'opinion, chaque grand débat, nous apporte avec lui une preuve nouvelle de la solidité du terrain sur lequel nous travaillons et de Texcellence de nos méthodes ?
Le cruel échec d'une opposition dont, quelques jours encore avant le scrutin, on célébrait la victoire comme certaine, a étrangement donné raison à nos prévisions, et justifié notre attitude. Voici, maintenant, que le duel oratoire qui vient de mettre aux prises, dès Touverture de la session parlementaire, MM. Jaurès et ClemenceaUj c'est-à-dire le rêve collectiviste
et la sagesse un peu étroite du radicalisme, fait éclater, comme une merveilleuse leçon de choses, la force de notre conception et la supériorité de notre idéal démocratique.
Les socialistes organisent en système leur rôve intérieur. On les félicite quelquefois d'apporter, eux du moins, au peuple, des projets et un programme précis. Quoi cependant de plus fragile et de plus vain que cette exactitude toute de surface ! L'avenir se moquera bien de ces pitoyables cadres dans lesquels certains ont conçu le puéril dessein d'enfermer la fécondité de ses créations. Et le ministre triomphe aisément de rinutile prophète, lorsqu'il affirme avec vigueur que notre tâche n'est pas de faire la cité future comme les magiciens qui frappent le sol de leur baguette enchantée, mais de faire les hommes qui feront la cité future.
M. Clemenceau a dit de fortes vérités et il était utile que le pays les entendît. Mais il ne suffit pas de réclamer au citoyen un libre effort de vertu sociale : il faut encore savoir comment, et sous l'influence de quelle force intérieure, se développera cette vertu. Or, justement, M. Clemenceau n'en dit rien. Il ne peut