AU-DELA DU SOCIALISME
ailées, tant que Ton n'aura pas découvert Findispensable moteur, assez énergique et assez léger pour résoudre pratiquement le problème de la navigation aérienne.
On se moque bien de nous, lorsqu'on prétend que nous nous remuons dans le vague et que notre programme manque de précision.
Rien, au contraire, de plus cohérent, de plus fort que notre Démocratie. Ce n'est pas de notre faute, après tout, si les hommes sont impuis* sants à la réaliser du premier coup et comme d'un bond. Les difficultés mêmes auxquelles se heurte notre effort, les lenteurs qui l'arrêtent sans briser cependant son élan nous sont une preuve que nous sommes dans la bonne voie.
Les éclosions trop hâtives sont suspectes. Seules les herbes folles croissent en quelques jours, mais sont aussitôt flétries et desséchées ; il faut que les arbres robustes s'enracinent profondément dans le sol par un nécessaire mais invisible travail.
Le pays s'apercevra bien enfin que les socialistes gardent des mentalités réactionnaires jusque dans les solutions qu'ils préconisent aux problèmes nouveaux qui se posent. Il dépassera
le socialisme et découvrira alors devant lui cette Démocratie libre et fraternelle dont nos amis n'ont jamais cessé d'être les apôtres infatigables.
Cette perspective est encourageante. Tenons bon seulement. Surtout, n'allons pas par pusillanimité retourner en arrière sous prétexte d'aller au-devant de l'opinion publique. Celleci vient à nous ; notre rôle est de lui tracer la voie.
Le jour n'est peut-être pas très éloigné où, toutes les opinions s'étant heurtées et brisées sous le choc les unes des autres et tous les partis s'étant entre-déchirés et tués, notre Démocratie apparaîtra aux hommes de bon sens et de courage, même à ceux qui ne partagent pas notre foi religieuse, comme la seule possibilité d'action libre et généreuse, le seul terrain d'entente cordiale et fraternelle.