‹ La lutte pour la démocratieChapitre 14 sur 36 · LE TRAVAIL SOCIAL · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL SOCIAL

Nous sommes convaincus que la Démocratie ne se décrète pas, mais qu'elle doit s'élaborer lentement par un effort du prolétariat luimême.

Il ne suffit pas de jouir d'une bonne législation du travail, de bénéficier d'oeuvres économiques utilement organisées, pour avoir le droit d'affirmer que Ton est vraiment en Démocratie. Pour cela, il faut, en effet, que les citoyens soient réellement conscients et se sentent responsables de la chose publique. Il faut que dans la cité comme dans l'usine, ils soient autre chose que des machines à obéir ou à voter.

incapables de se rendre compte de la portée de leur effort, du sens de leur travail.

L'éducation démocratique s'impose donc impérieusement. Mais elle exige des loisirs, elle réclame pour Fouvrier un minimum de bien-être matériel, et voilà justement pourquoi il est impossible de suivre Tordre logique, c'est-à-dire de réaliser d'abord l'éducation démocratique en se contentant d'aflBrmer que de celle-ci sortiront une législation du travail, des œuvres économiques, voire même tout un ordre social nouveau.

Sans doute, il est exact de dire que la réforme des mœurs doit précéder la réforme des lois ; mais la législation ne doit-elle pas aussi servir, dans une certaine mesure, à permettre aux mœurs de se modifier?

Aussi bien, réclamons-nous et le repos hebdomadaire et la protection légale des travailleurs et les retraites ouvrières et, d'une façon générale, toutes les réformes législatives démocratiques. Pour nous seulement, ce n'est pas un but, c'est un moyen qui, assurant ^lus de sécurité à la vie matérielle de l'ouvrier, lui permettra d'élaborer lui-même les profondes trans-

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