‹ La lutte pour la démocratieChapitre 15 sur 36 · LE TRAVAIL SOCIAL · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL SOCIAL

formations sociales que, sans doute, Tavenir nous réserve.

De même, les syndicats, les coopératives nous apparaissent comme utiles et bienfaisants, mais nous savons bien qu'ils ne seront de véritables instruments de transformation sociale que dans la mesure même où ils seront animés d'un esprit démocratique. Or, ne voyons-nous pas trop souvent, hélas ! les syndicats servir d'armes de politique anticléricale ou, au contraire, de désunion prolétarienne, suivant que certains révolutionnaires ou certains patrons s'en sont faits les initiateurs? Quant aux coopératives, ne risquent-elles pas de perdre toute leur puissance rénovatrice, si le boni collectif est intégralement partagé entre les sociétaires qui seront bientôt tentés de confondre cette œuvre d'émancipation avec une vulgaire entreprise commerciale?

Qu'on ne Toublie donc pas ! L'action sociale peut tendre seulement à remédier aux maux les plus criants de la société actuelle ; elle est alors intelligemment conservatrice. Ou bien, elle s'efforce de tracer hardiment le chemin à des conceptions sociales nouvelles ; alors elle est vraiment transformatrice, d'aucuns diraient, —

tant les mots ont perdu maintenant de leur ancienne brutalité, — révolutionnaire.

Quant à nous, nous voulons voir dans les œuvres économiques qui sortent de Tinitiative de nos camarades, d'abord évidemment des remèdes mais surtout peut-être des pierres d'attente d'un édifice futur.

Nous, du moins, nous ne mériterons pas d'être accusés d'utopie, car nous savons que si Texpérience, le travail positif et la science, ou plutôt Tart social, doivent nous permettre de créer les cadres matériels de la Démocratie futui*e, c'est l'amour du Christ qui développera dans nos cœurs l'indispensable énergie démocratique sans laquelle toutes nos espérances d'avenir risqueraient jamais de demeurer de brillantes mais vaines chimères.

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