ACTE DEUXIÈME
MARIA-ANTONIA
Inutile, je suis renseignée.
PAUL ASTIER
D'abord, ces dames ont quitté Paris.
MARIA-ANTONIA
En effet, je viens de la voir, votre poupée. Elle est Cnème très jolie. Malheureusement vous ne l'épouserez pas ! Car ce qu'il faut bien vous mettre dans l'esprit, y enfoncer comme un clou avec un marteau, c'est que nous ne divorcerons jamais, entendez-vous, jamais ! Il y a eu le scandale de mon mariage, je n'en donnerai pas d'autre. Oui, je sais, monsieur Chemineau m'a dit... Rien ne serait plus facile... Un tribunal un peu complaisant, une simple lettre à écrire... sévices et injures graves... mais je trouverais cette comédie indigne de moi... Mon cher, vos législateurs auront beau faire, le divorce n'est pas une loi, c*est une tare. Comme Française, comme chrétienne, je refuse de la subir. VÉglÏA^ nous a unis, que l'Église nous sépare, brise notre mariage; mais tant qu'elle ne m'aura pas déliée de mon serment, j'en suis fâchée pour vous, je reste, jusqu'au tombeau, votre épouse très dévouée et très fidèle-
PAUL ASTIER, souriant, fort calme.
Je n'en demande pas davantage... Mon Dieu î ouu ce que je veux de vous, ce que je suis venu chercher, c'est vous-même, ma femme, que j'ai perdue et quo je viens reprendre.
MARIA-ANTONIA, vlrament.
Me reprendre ! Pourquoi ?
PAUL ASTIER
Parce que mon compagnon me manque, parce que j'ai besoin ûù lui et que jamais l'appui de son dévouement Intelligent et fidèle ne m'a été nécessaire comme en ce moment. C'est à votre bonté, Maria-Ântonia, c'est à votre gijnérositc de femme que je m'adresse. Revenez a Pana près de moi. Vous ne pouvez plus rester ici puisi^u'on va vendre. Installons une vie nouvelle,.. Je suis sous-secrétaire d'État, vous Tai-je dit?... Obligé d recevoir, a une tenue d'existence que complique la modicité de nos ressources actuelles... nous ne pouvons nous en tirer qu'à force de raison et de bonne entente. Aidez-moi; je suis en détresse et j ^appelle !
Il AEIA-ANTONIA, très hautaine. ^
Retourner près de vous, merci bien ! pour y rencontrer vos mailreSSCS. (Arec un élan de fureur jalouse.) No menS
pas! cette Lydie y était encore l'autre matin... chez moi ! dans mon hôtel !
Ceux qui tiennent pour vous et vous adressent régu- Liërement le journal intime de ma vie, auraient dû vous dire (lue cette visite a été suivie d'une signification de Congé absolue et irrévocable.
MARIA-ANTONIA
On me Fa dit*., mais quoi ! Après celle-là, une autre l
PAUL ASTIER
Je vous jure...
MARIA-ANTONIA
Ohl ne jure pas... je le connalsl