ACTE TROISIÈME
si bien, si correct... et ce qui me le rend plus cher encore, c'est que je vous ai connue par lui .
LYDIE, épouvantée.
Comment... c'est donc?
ESTHER
Paul Astier, le sous-secrétaire d*État. Vous vous rappelez bien qu'un soir, à Tambassade, quand la maréchale s'enquérait de quelqu*un pour traduire les mémoires...
LYDIE
Oui, oui, je me rappelle... Et il vous aime, lui aussi? il vous Ta dit souvent?
ESTHER, riant.
Très souvent.
LYDIE
Mais où donc?... puisqu'il n'allait pas chez vous ni vous chez lui, je suppose.
ESTHER
Ah! non, vous pensez; il vivait séparé, mais toujours en surveillance... sa femme est si méchante, d'un si odieux caractère .. à ne pas vouloir divorcer, rien que pour empêcher notre mariage... Alors, on se cachait, ce qui doublait le plaisir; on se rencontrait au théâtre quelquefois, au Bois tous les matins... délicieux le flirt à cheval, aimez- vous ça, petite?
LYDIE
Je ne sais pas.
ESTHER
Mais oui, je suis béte î
LYDIE
Ainsi la duchesse... (se reprenant.) madame Astier ne SI? doute de rien ?
Du moins quand je suis partie... Figurez- vous que, pour mieux dépister l'espionnage, il avait simulé une intrigue, un roman d'amour très affiché, avec une demoiselle... de celles qu'on n'épouse pas, vous m'entendez...
LYDIE
De eellps qu'on n'épouse pas, j'entends bien, (lui prenant ùetY^m^ment les mains.) Et VOUS, Esthcr, VOUS êtCS SÛrO
qu'il vous épouserait s'il obtenait le divorce?
ESTHER, avec candeur.
Il faudrait bien qu'il m'épouse, pour m'a voir.
LYDIE
C*cst vrtti.
ESTHER
Maintenant, peut-être sa femme se méfie-t-elle? Peutt'tre a-t-elln appris ce que cachait cette intrigue de paravent. . Toujours elle a remis la main dessus. Oh ! mais je no me rends pas... je suis une batailleuse, moi, D'abordj j'ai bien plus d'atouts qu'elle dans mon jeu. Je finis jeune, je suis riche, et tout cela, sa Temme ne Test plus.
L V l)\Ef s'appuyant ' à un meuble pour ne pas tomber.
Bien sûr, on ne lutte pas avec une rivale telle que voua.