‹ La lutte scolaire en BelgiqueChapitre 10 sur 34 · V. — Les ressources financières · texte numérisé non relu

V. — Les ressources financières

La localisation des dépenses. — Les initiatives héroïques. — Les riches. — Les pauvres. — Le clergés — Le c Denier des écoles catholiques. > — Evaluation approximative des dépenses^

Cétait surtout au point de vue des ressources pécuniaires que les catholiques pouvaient se croire inférieurs à leurs rivaux. Ceux-ci n'avaient pas de sacrifices à faire : un tour de scrutin leur suffisait pour disposer du budget de TEtat et des fonds des communes. Les catholiques, au contraire, devaient créer sur le champ un vaste budget : ils allaient être obligés de construire, de meubler et d'entretenir des centaines d'écoles, de payer un nombreux personnel, d'admettre gratuitement les enfants pauvres; et, pour faire face à ces charges multiples, ils ne devaient compter que sur la charité publique. Ils ne désespérèrent pas cependant et se mirent résolument à quêter.

La règle fondamentale admise par le clergé et par les comités scolaires, pour la collecte et pour l'emploi des fonds» fut la localisation des recettes et des dépenses. Quelques catholiques avaient préconisé Tidée d'une comité central établi à Bruxelles et devenant, en quelque sorte, c le département non officiel de l'enseignement libre; > cet organisme aurait centralisé les ressources créées par la charité catholique et les aurait réparties suivant les besoins, entre les diverses communes du pays. Cette idée ne prévalut point; autant l'unité du commandement était de nature à maintenir

la cohésion dans les troupes, autant la centralisation des ressources eût été désastreuse au point de vue d*un exercice abondant de la charité; la générosité des donateurs volontaires y eût perdu son principal stimulant, et, à force de compter sur le comité central, beaucoup de paroisses auraient fini par ne plus compter assez sur elles-mêmes. La paroisse, unité première du système catholique, fut donc choisie comme le noyau autour duquel se grouperaient naturellement les forces vives et les dévouements des partisans de renseignement religieux. Chaque localité dut faire seule ou presque seule les frais de ses écoles libres; chaque comité scolaire avisa aux moyens de remplir sa caisse par les dons volontaires des habitants; puis il régla lui-même les dépenses sur les besoins de la paroisse et sur Timportance des sommes recueillies. Uexpérience prouva que ce système était le meilleur, qu*il constituait le seul moyen d*obtenir des dons importants, multipliés, et d'introduire de l'économie dans remploi des sommes perçues; ce fut à l'adoption générale de ce plan que les organisateurs de l'enseignement catholique durent le succès de leur œuvre.

Néanmoins, si les paroisses étaient appelées à créer elles-mêmes leurs écoles primaires, d'autres dépenses, qui présentaient un caractère d'utilité générale, étaient couvertes au moyen d'offrandes perçues dans un rayon plus étendu et concentrées entre les mains des évêques et des comités provinciaux : telles étaient les dépenses de renseignement normal, les traitements des inspecteurs, etc. Quelques paroisses notoirement indig'entes recevaient aussi sur ce fonds

de réserve, d*après Tavis des comités décanaiix et des inspecteurs, des allocations plus ou moins fortes, destinées à les aider dans rétablissement de leurs écoles primaires.

A côté des comités scol^res, qui fonctionnaient régulièrement et activement, les initiatives privées opérèrent des merveilles.

Ce qu'il s*est accompli d'efforts au cours de ces années héroïques, on ne le saura jamais. Il eût fallu écrire, au moment de sa fondation, l'histoire de chaque nouvelle école, consigner en détail une infinité de petits faits qui, pris isolément, paraîtraient peut-être insignifiants, et cependant, ils représentent autant de durs sacrifices et constituent, dans leur ensemble, le plus bel acte de foi d*un peuple.

Les riches versent des flots d'or dans les caisses scolaires et subviennent aux frais de renseignement libre dans leur région par des largesses de toute sorte, sommes d'argent, construction et aménagement d'écoles, dotations d'institu* teurs. Une femme admirable donne, sous le voile de l'anonymat, un demi-million aux écoles catholiques de Gand; pour parfaire immédiatement cette somme, elle vend ses plus belles terres. Partout, les membres de l'aristocratie, les grands propriétaires, les familles de la haute bourgeoisie se chargent de construire et d'entretenir une ou plusieurs écoles. La famille d'Arenberg à elle seule en bâtit plus de cent; les Mérode, les Robiano, les Caraman-Chimay figurent aussi en première ligne sur ce Uvre d'or de la charité. Ces exemples sont imités dans une foule d'endroits; dans les villages, les châtelains tiennent à honneur de prendre à leur charge les frais d'établissement des écoles libres.

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Aux fortunes moyennes ou modestes on demande des

souscriptions immédiates, des cotisations annuelles; les

membres des comités paroissiaux organisent parmi leurs

concitoyens des tournées fj^énéraies destinées à recueillir les

offrandes de chaque famille. Un curé de Bruxelles, quêteur

infatigable, recueille à lui seul près de 6ooxxx> francs. Dans

les éf^lises, des collectes fréquentes complètent Tefifet des

visites à domicile. Les aumônes arrivent de tous côtés.

D*humbles servantes abandonnent la moitié de leurs ^ages;

d*autres apportent quelques milliers, quelques centaines de

francs, toutes les économies de leur vie et Tunique réserve

de leur vieillesse; les plus misérables donnent leurs sous,

leurs € cens. > Une pauvre villageoise de la province de

Namur offre à son curé, pour y bâtir une école, un terrain

que ses parents lui ont laissé en mourant; elle y ajoute

I20 francs, qu'elle a épargnés, c Le bon Dieu, dit-elle, fera

le reste. » A Malonne, les élèves abandonnent leurs prix et

versent la somme qui devait y être affectée dans les caisses

de renseignement catholique; cet exemple est suivi dans

plus de trente collèges libres. Dans les contrées arides de

la Campine, de pauvres paysans prélèvent sur leurs modestes

revenus la dîme pour Técole paroissiale; ailleurs tous les

villageois se concertent pour mettre en location le droit

de chasse sur leurs terres, et le produit en est remis ^ leur

curé.

Les prêtres, donnant l'exemple à leurs paroissiens, avaient payé les premiers de leur bourse et de leur personne; il y eut parmi eux des prodiges de générosité. En

cent endroits, on vit les curés et les vicaires consacrer à Tœuvre scolaire leur traitement, le prix de leur al^nnenoient au journal, Targent destiné au tabac. Plusieurs vendirent leur bibliothèque, leur mobilier; quelques-uns se défirent même des vases sacrés; beaucoup s'endettèrent. A Estinnes-au* Mont, en Hainaut, le curé, vieillard instruit, qui possédait de belles collections de numismatique, les. vendit pour en verser le prix dans la caisse scolaire. Un autre vieux curé avait déposé en mains sûres toute sa fortune, vingt mille francs : il la destinait à des bonnes œuvres et à des prières pour le repos de son âme. Mais voici qu*il faut bâtir une école. Vite, il retire cinq mille francs... puis encore cinq mille... puis tout ce qui reste. Hélas! il faut encore de TargenÇ Cependant, pour économiser, il s*était fait architecte! Mais il a son traitement; il le sacrifie, et l'école s'achève et se remplit d*enfants. A Volkegem, le curé, musicien consommé et homme d*csprit, parcourait les familles aisées de ses environs, donnant partout des concerts; après avoir égayé ses hôtes par son talent de pianiste et de conteur, il tendait la main pour son école et le concert se clôturait par une collecte fructueuse.

Ce fut surtout parmi les curés du Luxembourg que le zèle fut poussé jusqu'au sacrifice. Pauvre au milieu de populations pauvres, le prêtre luxembourgeois ne se contentait pas de prendre sur son superflu; il retranchait sur soa nécessaire. D'abord toutes les petites économies y passadent, y compris la réserve pour les jours de vieillesse. Cette ressource épuisée, beaucoup de curés faisaient argent de leur

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cave, et le vin, la bière, la viande même ne paraissaient plus sur leur table. On cite un prêtre âgé qui poussa ce régime de privations si loin qu*il ruina sa santé; il finit par mourir a la peine, et sa sœur, qui avait voulu prendre part à soq sacrifice, le suivit au tombeau. Mais Técole survécut, et le pasteur, en mourant, put se dire qu'il ne laissait pas en péril ces âmes, pour lesquelles, à Texemple de son Maître, il avait donné sa vie. A bout de ressources, les curés du Luxembourg et leurs collègues de Campine, souvent non moins dénués, partaient pour les régions plus riches de la Flandre. Ib allaient tendre la main dans les grandes villes, dans les châteaux, et ils en rapportaient, avec l'or flamand, de nouveaux trésors de vaillance.

De beaux traits de générosité se produisirent aussi dans les séminaires. Ici les professeurs s'imposaient une taxe pour Tœuvre scolaire; ailleurs maîtres et élèves acceptaient avec empressement que l'ordinaire des repas fût diminué d'un plat. A Malines, les séminaristes se livraient entre eux à toutes sortes de petits métiers au profit des écoles catholiques : les uns se faisaient cireurs de bottes, d'autres coiffeurs ; quelques-uns reliaient les livres de leurs camarades; plusieurs vendaient des objets de piété. Des sommes considérables furent réunies de cette manière. Un séminariste de Gheel, coififeur d'occasion, récolta en une année 600 francs pour les écoles de cette localité.

Les plus zélés des catholiques ne se oontenudent pas de donner; ils se faisaient quêteurs; ils créùentou développaient, à côté des comités scolaires, de grandes associations destinées à multiplier les ressources.

La plus importante de ces sociétés» tant par Tinlassable activité de sa propagande que par le chiffre élevé de ses recettes, fut l'œuvre du Denier des écoles catholiques. Fondée à Gand, en octobre 1876, par M. Alphonse Siffer, aidé de quelques jeunes gens, puis établie simultanément dans les principaux centres du pays, Tœuvre se multiplia rafndement pendant la période de l'agitation catholique; ses sections devinrent légion après le vote de la loi scolaire; elles se réunirent en fédération, et leur première assemblée générale» tenue à Termonde, en septembre 1879, réunit 10,000 mem* bres, représentant 300 sociétés

L'organisation du Denier des écoles était des plus simple. L'œuvre était généralement dirigée par les notabilités catho« liques de l'endroit Ses membres actifs étaient surtout recrutés parmi la jeunesse bourgeoise et ouvrière; dans les locilités importantes, ils étaient divisés en sections. Chaque semaine ou chaque mois, on se réunissait dans un café et un certain nombre de membres étaient désignés pour faire, dans un quartier déterminé, la collecte scolaire ; leur tournée achevée» ils faisaient ensemble le relevé des recettes, en remettaient le montant au trésorier, et celui-ci versait l'argent recueiltt dans la caisse du comité scolaire de la paroisse. Les collectes avaient lieu, en règle générale, une fois par jour» dans tous les établissements publics qui consentaient i accep*

ter un c tronc pour le denier des écoles catholiques. » Les ressources de Tœuvre se composaient, avant toute chose, de ces collectes et de Targent déposé dans les troncs^ On installait ceux-ci dans les locaux des sociétés cathoUques, dans les églises, dans les cafés, dans les magasins; ils occupaient une place d'honneur dans beaucoup de maisons particulières» où ils s'alimentaient de Tobole des visiteurs. Dans les familles chrétiennes, le Denier des écoles était de toutes les fêtes, de toutes les réunions; dans les soirées, aux dîners de cérémonie, les troncs circulaient parmi les invités; souvent c'étaient des mains enfantines qui recueillaient l'argent destiné à sauver l'âme des enfants du pauvre, et l'auteur de ce livre se souvient avoir bien des fois tendu le tronc du Denier aux hôtes du toit paternel. Pour alimenter cette caisse d'épargne d'un nouveau genre, les catholiques s'imposaient toutes sortes de sacrifices : un tel renonçait au tabac; tel autre, grand propriéuire de la Flandre, ne voyageait plus qu'en seconde classe; rentré chez lui, il faisait calculer par ses jeunes enfants l'économie réalisée sur le prix de la première, et ceux-ci allaient, tout joyeux, verser dans le tronc du Denier la somme épargnée par leur père. Outre ces ressources ordinaires, l'œuvre recevait encore des dons particuliers; elle envoyait ses quêteurs dans les concerts de charité, dans les c kermesses » de village, dans les rues, sur les places et à la porte des églises; elle-même organisait des fêtes, des conférences, des représentations dramatiques, des concerts. £t ainsi, sou par sou, dans les villes et dans les campagnes, avec une ténacité et un courage qui ne se

démentaient jamais, les catholiques constituaient le budget de leur enseignement (i).

Tout cela n'était pas pour plaire aux libéraux. Ausâ le Denier des écoles tenait-il un rang distingué dans leurs antipathies. Au début, ils essayèrent» à diverses reprises, de couper court à ses manifestations extérieures par des mesures de police; mais chaque fois les sociétaires s'adressèrent aux tribunaux et obtinrent justice contre les commissaires de police ou les bourgmestres trop zélés qui cherchaient à empêcher les collectes. L'épisode de Gand est resté célèbre. Le comité central du Kaiholiekc Schoolpenmng avait orga* nisé, pour la fête du 15 août 1879, une quête générale dans tous les quartiers de la ville; la quête était annoncée par voie d'affiches et par les journaux. Aussitôt la chose connue, les libéraux s'émeuvent ; le comte de Kerchove, bourgmestre et grand dignitaire de la franc-maçonnerie, fait prévenir les collecteurs qu'ils ont à renoncer à leur projet Geux-d passent outre; mais, à peine ont-ils commencé la collecte, la police communale saisit leurs boîtes, tout en refusant de dresser procès-verbal aux organisateurs de la manifestation, les avocats Begerem et de Baets. L'illégalité était flagrante; une protestation est adressée au parqueL Deux

(I) Dani la leule ville de Gand, le Denier 'des écoks caihû/tçtui réunit, de 1876 à i8Sb, la somme de 170,913 frana; il avait aloia pour accrècaue un homme d*un dévouement infatigable, M. Louis de Marteau. L'œuvre m continué, même après la lutte scolaire, k prospérer dans plubieuis régions. A Gand» notamment, sous la direction de son sélé président, M. Siiler, le Denitr^ après une courte période de stagnation, a reptis son ancienne vitalité.

jours après on lisait l'affiche suivante sur tous les murs de la ville :

Denier des écoles catholiques de Gand.

Concitoyens, vendredi dernier, plusieurs de nos boîtes ont été saisies par la police. Hier, à la suite d^une lettre adressée à I^L le Procureur du Roi par le comité central, ces boîtes nous ont été restituées.

La saisie ayant été publique, il est juste que la restitution reçoive la même publicité.

Nous profitons en outre de cette occasion pour remercier la population catholique de' Gand des nombreuses et généreuses marques de sympathie qu'elle a données en cette circonstance à renseignement libre, national et catholique.

Le Comité central (Suivaient les signatures.)

Le même jour, les membres du KathoUeke Schoolpen* ning se réunissent en un cortège triompha], drapeau et musique en tête, pour escorter jusqu'au local habituel de leurs séances les troncs rendus par Tadministration communale. Ceux-ci, portés sur un cartel orné de verdure et de fleurs, occupent la place d'honneur au centre du cortège. A leur vue, la foule se répand en acclamations bruyantes; des enfants des écoles catholiques offrent des bouquets aux membres du comité central; la population ouvrière, accourue en foule sur le passage du cortège, répète en chœur, sur l*air du Uon de Flandre, la chanson populaire : lU ne V auront pas, la belle âme de V enfant

Arrivés dans la salle où se pressent les membres du Denier, M. Verspeyen, président d'honneur du comité, prend la parole pour flétrir la conduite des libéraux. < Défendons notre droit, dit-il, avec calme, mais avec fermeté. On avait

espéré sans doute que nous allions nous agenouiller devant l'omnipotence municipale, et vénérer comme parole d*£vaa* gile je ne sab quelles € instructions » mystérieuses et, dans tous les cas, dictées par l'arbitraire ! Non, messieurs^ en Flandre, on ne s'agenouille que devant Dieu; en Flandre, le droit se tient droit et finit toujours par l'emporter; car les^Flamands ont la tête dure et le cœur chaud. » On applaudit à tout rompre et, après quelques énergiques paroles du président, M. Sifler, et de M. Hermann de Baets» la séance finit par une collecté des plus fructueuse dans les boîtes saisies et restituées.

Des événements de ce genre se produisirent à Hal, à Anvers, en d'autres lieux encore. L'administration communale de Bruxelles alla jusqu'à interdire, par règlement de police, les collecta faites sans autorisation préalable. Partout les catholiques se défendirent, et les potentats libéraux durent laisser les compagnons du Denier promener par les rues leurs troncs et leurs insignes, comme la loi les y autorisait.

En août 1880, les libéraux gantois crurent avoir trouvé l'occasion d'une revanche. La Fédération du Denier des écoles avait décidé d'organiser i Gand un grand cortège^ qui fût comme l'affirmation publique et grandiose de la liberté constitutionnelle d'enseignement Cette manifestation fut interdite par l'édilité sectaire, mais les promoteurs du cortège se dirent que partie remise n'est point partie perdue. Le 29 août, ils organisèrent dans la catholique ville de Bruges la démonstration interdite à Gand. Des délégués du pays

entier se joignirent à eux; plus de cinq mille catholiques^ bannières déployées, traversèrent les rues de Bruges, parées comme aux jours de fête. Une assemblée générale eut lieu dans la vaste salle des Halles, et M. Verspeyen répondit à l'accueil hospitalier qui était fait aux Gantois par une allocution vibrante : « Nous sommes venus ici, s*écria-t-il^ pour revendiquer solennellement une de nos plus chères libertés : la liberté de renseignement catholique. Cette liberté^ nous la tenons avant tout de Dieu. Il impose aux parents le devoir d'élever chrétiennement leurs enfants. Or, si c'est un devoir, c'est par là même un droit Ce droit, nos pères Tont repris en 1830 sur l'intolérance calviniste; nous entendons le maintenir en 1880 sur l'intolérance libérale!... Dans nos plaines, vous avez vu souvent une vaste étendue d'épis jaunissants, doucement caressés par la brise et par le soleiL Et vous vous êtes figuré la joie du vaillant laboureur récompensé de ses peines. Il est une moisson plus belle que celle oe nos champs : c'est la moisson des âmes, s'épa* nouissant sous Tœil de la Providence. Elle est là devant vous; la Patrie, TEglise vous demandent de la garder et, le jour venu, de la cueillir. En avant donc, courageux moissonneurs du Denier des écoles! Songez à vos pères; songez aussi à ceux qui viendront après vous ; songez enfin que Dieu vit toujours, de qui viennent toute bénédiction et toute grâce! God leeft die hct al geeflt

De pareilles manifestations, on le comprend, enflammaient les ardeurs; les catholiques ne se lassaient pas plus de donner que les quêteurs de solliciter leurs aumônes.

Le résultat fut digne de re£Fort

Il est difficile d'arriver à une évaluation exacte des sommes perçues et employées par les comités scolaires de . paroisse et de province. Des contemporains les ont estimées, pour la Belgique entière, à 20 millions, auxquels il faudrait ajouter une dizaine de millions du chef de dons en nature, terrains, maisons, matériaux et meubles, transports et journées de travail; mais ce chiffre est, croyonsnous, inférieur à la réalité. Dans la seule province de Namur, une de celles où le succès des écoles catholiques fut le plus lent à s'affirmer, l'inspecteur démissionnaire Godfrin calcula que les frais de premier établissement de l'enseignement libre coûtèrent, rien qu'en 1879, plus de trois millions; en Flandre Occidentale, d'après une enquête per- sonnelle faite dans chacune des paroisses par M. l'abbé Lanssen, les comités locaux reçurent près de neuf millions, sans compter les dons en nature. Je crois demeurer en dessous de la réalité en estimant à 40 millions le total des dépenses faites pour l'enseignement libre pendant l'année 1879. Quant à la rente nécessaire pour couvrir les frais ordinaires, on l'estime à 9 ou 10 millions, que la charité publique fut appelée à fournir chaque année, mais dont une notable partie était souscrite dès la fin de 1S79.

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