V. plus haut, p. 55, en note
UISTOinE d'une vacuole DIGESTIVE 59
les propriétés d'assimilation physique des substances vivantes.
Tant qu'il ne s'agit que des phénomènes de digestion de l'ordre de ceux qui se passent dans un estomac de veau ou de porc, le résultat de l'action des diaslases est assez difficile 4 analyser avec précision pour que l'on n'ait pas songé qu'il puisse être dilférent pour des animaux diflérents; on dit, par exemple, couramment, la pepsine, la trypsine, au lieu de dire : « de la pepsine de veau, de la trypsine de porc », comme si Ton était sûr que les résultats de leur action sur une même viande sont identiques. Au contraire, pour d'autres digestions ou mieux pour d'autres assimilations physiques, qui se traduisent par des maladies, et pour lesquelles on a des réactifs très précis, on définit lesdiastases actives ou toxines, non plus par leurs effets, mais par leur origine ; on dit de la toxine tétanique et non de la toxine convulsivante, exprimant que cette toxine représente une partie transporlable de l'activité du microbe du tétanos, sans indiquer comment se manifeste cette activité. Pour être complet il faut définir une diastase à la fois par son origine et par ses effets, car, d'une part des diastases d'origines diverses peuvent avoir des effets assez analogues pour que l'observation grossière de
^ rhomme ne les distingue pas les unes des autres,
d'autre part, une même substance vivante peut donner naissance, dans des conditions différentes, à des diastases ayant des activités différentes.
I Le plus souvent on néglige l'une des parties de la
définition; on se contente de caractériser les diastases
j ' digestives par leur résultat (amylases, pepsine, tryp-
I sine, maltase, sucrase, etc.) et les diastases toxiques
par leur origine (toxine tétanique, toxine diphté* rique, etc.). La sucrase, par exemple a pour propriété caractéristique d'intervertir le sucre de canne ou saccharose. Cette interversion est un phénomène chimique précis facile à suivre et niiéme à doser au moyen de la liqueur de Fehling.
Fernbach a étudié la sucrase provenant de Taspergille niger, et celle que fournissent diverses levures de bière, en les caractérisant par la quantité de sucre qu'elles intervertissaient en un temps donné dans des conditions données. On pourrait se dire, étant donnée ridentité des résultats, Tinterversion du sucre, que toutes les espèces vivantes étudiées par ce savant produisent une même diastase^ en proportions variables suivant les espèces et suivant les coudltions où on les cultive.
Mais, d'abord, on connaît des agents autres que la sucrase, des acides, par exemple, qui peuvent intervertir le saccharose dans certaines conditions ; on peut donc penser, et d'autres faits le confirmeront, que la sucrase n'est pas un composé chimique défini agissant dans le cas considéré, en vertu de ses propriétés chimiques, mais représente plutôt un certain état, un certain ensemble de conditions dans lesquelles le saccharose ne peut subsister sans s'intervertir; en d'autres termes, les espèces vivantes qui produisent de la sucrase seraient simplement des espèces avec lesquelles le saccharose ne peut rester en équilibre à l'état de saccharose, mais seulement à l'état de sucre interverti.
Et alors, le fait de l'interversion du sucre n'indiquerait pas une identité entre les états des liquides où vivent les espèces productrices de sucrase, mais