‹ La lutte universelleChapitre 14 sur 85 · HISTOIRE D'DKE VACUOLE DIGESTIVE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'DKE VACUOLE DIGESTIVE

i 11. — LE TRIOMPHE N'E$T JAMAIS CERTAIN; IL DÉPEND DES CIRCONSTANCES

Mais, de même que les êtres vivants, s'ils sont susceptibles de vivre, c'est-à-dire de triompher, dans certaines conditions, sont aussi capables de mourir, c'est-à-dire d'être vaincus dans d'autre circonstances, il y a également des cas où les diastases sont détruites ; il faut étudier la lutte des diastases contre les autres corps de la nature, pour savoir ensuite annoncer avec certitude que, dans telle conjoncture, telle diastase, ayant telle provenance, l'emportera sur tel ennemi, ou sera vaincue.

Cette lutte dans laquelle Tun des combattants est une diastase transportant partiellement l'activité d'un être vivant, sera d'autant plus intéressante que l'ennemi contre lequel elle luttera sera lui-même un être vivant.

Si la diaçtase est victorieuse, l'être vivant sera tué; on dira alors que la diastase a joué, vis-à-vis de cet être, un rôle toxique; si la diastase est vaincue, elle sera digérée, assimilée par l'être vivant, souvent au moyen d'une activité transportable, spécifique par rapport à la première, et que l'on appellera antitoxine. Une grande partie de la pathologie réside dans l'histoire de ces luttes.

Un cas encore plus intéressant peut-être sera celui où deux êtres vivants luttent l'un contre l'autre, soit corps à corps, soit par l'intermédiaire de diastases spécifiques transportables; notre notion de l'assimilation physique nous aidera puissamment à comprendre, dans ces cas, la spécificité des actions réciproques.

Enfin, armés par ces deux éludes, nous arriverons à donner un caractère plus symétrique à la notion de lutte entre corps dépourvus de vie, et à considérer, le plus souvent, une digestion comme une lutte de diastases, et non comme Taction d'un facteur actif sur un facteur passif.

Avant d'entreprendre Texposé général de la lutte, terminons Thistoire de notre vacuole en rappelant succinctement les divers cas que peut présenter son histoire.

Nous avons supposé, en commençant, que le corps ingéré dans la vacuole était susceptible d'une assimilation totale; nous avpns fait allusion, en Ojutre, au cas où ce corps ingéré contient des parties inertes, irialtaquables par l'être vivant et qui sont ensuite expulsées sans avoir été modifiées.

Mais il peut se présenter aussi telle circonstance où le corps ingéré, au lieu d'être détruit est assimilé par le protoplasma ambiant est, au contraire, nuisible à ce protoplasma ; si ce cas ne s'est pas présenté à nous au cours de nos précédentes déductions, c'est que nous avons supposé, en commençant, que le corps vivant, ayant ingéré le corps étranger, continuait de vivre; cette hypothèse enlevait à l'histoire de ce qui se passe dans la vacuole son caractère symétrique de lutte, puisque le triomphe du protoplasma ambiant était assuré.

La question devient toute autre si le corps ingéré dans la vacuole est lui-même un corps vivant ou une diaslase; le fait d'être inclus n'implique pas une infériorité certaine dans la lutte; le parasite de la malaria, entrant dans un globule rouge du sang l'assimile au lieu d'être assimilé par lui; nous devons donc

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raconter Thistoire (Je la vacuole comme celle d'une véritable lutte entre le corps ingéré et le corps ingérant.

Si le corps ingérant remporte, comme nous l'avons supposé dans les pages précédentes, il y a digestion ; intracellulaire et assimilation; si le corps ingéré se défend, il y a maladie du corps ingérant; enfin si le corps ingéré remporte, il y a mort du corps ingé-r rant, lequel est assimilé par le corps ingéré (assimilation physique seulement si le corps ingéré était une diastase ou toxine, assimilation totale ou proprement dite si le corps ingéré était un être vivant qui se nourrit de son hôte.)

Enfin, il peut se produire encore un autre cas, plus rare à la vérité, c'est celui où les çleux ennemis, tous deux vivants, peuvent s*accorder Tun avec Tautre sans se digérer sans s'assimiler l'un Tautre ; il faut pour ,cela que les deux adversaires soient en équilibre Tun avec l'autre, que les diaslases de l'un ne modifient l'autre en aucune façon; je signalerai un exemple de cette symbiose au chapitre des affections chroniques, et j'étudierai avec quelque détail les conditions dans lesquelles elle se produit. .

On peut voir que Thistoire de la vacuole d'ingestion présente justement tous les cas que nous nous sommes tout à l'heure proposé d'étudier dans ce livre; mais comme les études expérimentales ont été failes plutôt sur les espèces animales supérieures pluriccllulaires, nous nous adresserons principalement à ces animaux pour nos études de lutte biologique, quoiqu'ils présentent une complexité plus grande à cause de leurs nombreux tissus.

Ënûn, je fais remarquer en terminant ces consi-

dérations, que le cas où le corps ingéré par le protoplasma vivant est situé dans une vacuole pleine d*eau n'est pas général ; j*ai choisi ce cas parcequ'il nous a . fait toucher du doigt le fait de la transportabilité de certaines activités vitales dans des liquides morts, mais, chez certains protozoaires inférieurs, les corps ingérés baignent directement dans le protosplasma lui-même, sans goutte d'eau interposée; il y a donc véritable corps à corps et non lutte par desdiastases diffusées; mais cela revient au même si Ton se dit que Faction d'un hôte sur son parasite ou d'un parasile sur son hôte n'est pas une simple action de contact, mais une lutte généralisée dans Tépaisseur de lu substance de chacun d'eux, par la pénétration dans cette substijince de Tinfluence de son antagoniste.

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